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À La Une - environnement

A partir d'aujourd'hui, l'humanité vit à crédit

Les ressources de la planète pour l'année déjà épuisées, selon les calculs de Global Footprint Network.

Une parcelle de terrain de l'Amazone entièrement déforestée. Photo d'archives AFP / RAPHAEL ALVES

L'humanité vit à crédit à partir d'aujourd'hui lundi, car elle a déjà consommé toutes les ressources naturelles qu'offre la planète, soit deux mois plus tôt qu'il y a 20 ans, selon les calculs de Global Footprint Network. "L'humanité utilise actuellement les ressources écologiques 1,75 fois plus vite" que les capacités de régénération des écosystèmes, souligne l'ONG dans un communiqué. "Nous grignotons le capital naturel de notre planète, amenuisant d'autant sa capacité régénérative future", avertit encore l'ONG.

Les modes de consommation selon les pays présentent d'énormes écarts : "le Qatar atteint son jour du dépassement après seulement 42 jours, tandis que l'Indonésie a consommé toutes les ressources pour l'année entière après 342 jours", relève WWF, associé à Global Footprint Network. "Si tout le monde vivait comme les Français, il faudrait 2,7 planètes" et cinq si tout le monde adoptait le monde de consommation des Américains.

Pour ramener le jour du dépassement au 31 décembre, "le principal levier d'action concerne nos émissions de gaz à effet de serre qui représentent à elles seules 60% de notre empreinte écologique mondiale", fait valoir WWF. "En diminuant les émissions de CO2 de 50%, nous pourrions gagner 93 jours dans l'année, soit faire reculer le jour du dépassement à octobre", estime l'ONG. "En divisant par deux la consommation de protéines animales, nous pourrions repousser la date du jour du dépassement de 15 jours par an" et en divisant le gaspillage alimentaire par deux, on pourrait gagner dix jours, poursuit WWF.




Qu'est-ce que le "jour du dépassement" ?
Le "jour du dépassement" ("Overshoot Day") symbolise la date où l'humanité a consommé l'ensemble des ressources naturelles que la Terre peut renouveler sur une année (forêts, poissons, terres cultivables...). Il est calculé depuis 2003 par l'ONG américaine Global Footprint Network pour illustrer la consommation toujours plus rapide d'une population humaine en expansion sur une planète limitée. La date est calculée en croisant l'empreinte écologique des activités humaines (surfaces terrestre et maritime nécessaires pour produire les ressources consommées et pour absorber les déchets de la population) et la "biocapacité" de la Terre (capacité des écosystèmes à se régénérer et à absorber les déchets produits par l'Homme, notamment la séquestration du CO2).

Selon l'ONG, ce déficit écologique a commencé à se creuser au début des années 1970: 29 décembre en 1970, 4 novembre en 1980, 11 octobre en 1990, 23 septembre en 2000, 7 août en 2010. Cette année, il tombe le 29 juillet, même date que l'an dernier (en 2018, la date avait été annoncée pour le 1er août, mais l'ONG qui recalcule en permanence toutes les dates avec les dernières données disponibles l'a réévaluée). L'humanité a donc consommé l'ensemble des ressources renouvelables disponibles sur une année en seulement sept mois. Pour le dire d'une autre façon, il faudrait 1,75 Terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale de façon durable.



(Lire aussi : Un million d’espèces menacées de disparition)



Des solutions ?
Fait pour marquer les esprits, le "jour du dépassement" est symbolique, mais les comportements qu'il met en cause et leurs conséquences sont largement documentés par les scientifiques, du dérèglement climatique à la disparition catastrophique des espèces et des écosystèmes. Les derniers rapports des experts de l'ONU sur le réchauffement climatique et sur la biodiversité identifient clairement les directions à suivre : réduction des émissions de gaz à effet de serre, sortie des énergies fossiles, changement drastique du modèle de production agro-alimentaire...

"Nous devons radicalement transformer la façon dont nous produisons et dont nous consommons", résume lundi sur Twitter le Programme de l'ONU pour l'environnement.

Global Footprint Network, qui a lancé la campagne #movethedate (faire reculer la date), assure par exemple que réduire de 50% les émissions de CO2 issues de la combustion d'énergies fossiles permettrait de repousser le jour du dépassement de 93 jours.

"En divisant par deux la consommation de protéines animales, nous pourrions repousser la date du jour du dépassement de 15 jours", selon WWF, partenaire de l'événement depuis 2007.



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commentaires (1)

Je ne m’en fait pas pas pour la planète. Elle en a vu d’autre, la vieille, depuis plus de 4 milliards d’ années... et ce ne sont pas des connards come l’espèce humaine qui en viendra à bout. La nature reprendra toujours le dessus. Épidémies, tremblements de terre, catastrophes naturelles, la planète saura très bien se défendre. Le comble de l’ironie c’est que ce sont les plus grands coupables d’entre nous qui sauveront probablement la planète. J’ai nommé les Etats Unis d’Amérique (yess, yippee, woohoo). Et ceci grâce à leur clown actuel. Si si, en déclenchant la prochaine guerre mondiale qui viendra enfin débarrasser la planète du cancer que nous sommes...

Gros Gnon

07 h 58, le 30 juillet 2019

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Commentaires (1)

  • Je ne m’en fait pas pas pour la planète. Elle en a vu d’autre, la vieille, depuis plus de 4 milliards d’ années... et ce ne sont pas des connards come l’espèce humaine qui en viendra à bout. La nature reprendra toujours le dessus. Épidémies, tremblements de terre, catastrophes naturelles, la planète saura très bien se défendre. Le comble de l’ironie c’est que ce sont les plus grands coupables d’entre nous qui sauveront probablement la planète. J’ai nommé les Etats Unis d’Amérique (yess, yippee, woohoo). Et ceci grâce à leur clown actuel. Si si, en déclenchant la prochaine guerre mondiale qui viendra enfin débarrasser la planète du cancer que nous sommes...

    Gros Gnon

    07 h 58, le 30 juillet 2019

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