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Liban

La promesse du retour des Libanais vivant en Israël, « une tempête dans un verre d’eau », estime un expert

Justice

Des familles entières sont toujours bloquées de l’autre côté de la frontière, n’ayant pas obtenu des garanties suffisantes sur les conditions de leur rapatriement.

22/07/2019

La question d’un éventuel retour des Libanais ayant fui en Israël, au lendemain du retrait de l’armée israélienne en 2000, est revenue sur le tapis à l’occasion de la récente visite du chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, au Liban-Sud et plus précisément dans les régions chrétiennes frontalières.

Dix-neuf ans après le départ de près de 7 500 personnes, dont certaines sont accusées de collaboration avec l’État hébreu pour avoir combattu dans les rangs de l’Armée du Liban-Sud (ALS) contre le Hezbollah, la question de leur retour, qui reste à ce jour controversée, semble n’avoir été remise sur le tapis que pour la forme. Et pour cause : les obstacles politiques et administratifs à un tel retour sont pour l’heure infranchissables.

C’est à l’occasion d’une déclaration faite par M. Bassil il y a une semaine que la question du rapatriement de ces Libanais a été ressuscitée. Le chef du CPL avait évoqué la détermination du ministre de la Justice, Albert Serhane, de mettre en place un mécanisme d’application d’une loi proposée par sa formation et adoptée en 2011 pour régulariser la situation de ces Libanais. Cette loi nécessitait des décrets d’application qui n’ont jamais vu le jour, du fait notamment de l’opposition que continue d’exprimer le Hezbollah au retour de ces oubliés de l’histoire.

Si les partis chrétiens sont majoritairement favorables à leur retour – c’est le cas des Forces libanaises, des Kataëb et du CPL, à l’origine de la proposition de loi de 2011 – le camp du 8 Mars, et principalement le Hezbollah, reste à ce jour réticent à leur retour, et ce en dépit de l’accord d’entente conclu entre le parti chiite et le CPL en 2006, qui prévoit la possibilité pour les deux parties de convenir d’une solution pour régler la situation de ces exilés.

Près de 60% d’entre eux sont chiites, les autres étant principalement chrétiens, à l’exception de quelques druzes. Craignant des représailles, certains sont partis simplement pour avoir travaillé dans des zones occupées par Israël. D’autres sont accusés de collaboration avec l’État hébreu. Plusieurs ont laissé derrière eux femmes et enfants, des familles entières ayant été disloquées du fait de cette situation.

En mai 2000, à la suite du retrait des forces israéliennes du Liban, les membres de l’ALS alliée à Israël et leurs familles ont été forcés à l’exil, alors que le Hezbollah prenait le contrôle de l’ensemble du territoire évacué par l’armée israélienne. Certains miliciens de l’ALS ont préféré se rendre aux autorités libanaises et ont purgé des peines de prison plus ou moins longues. La majorité ont pris le chemin de l’exil et sont, depuis, bloqués de l’autre côté de la frontière, n’étant toujours pas rassurés sur les conditions de leur retour.

La loi de 2011 prévoit un retour sécurisé pour tous ceux qui n’ont pas eu un rôle actif au sein de l’ALS, principalement les femmes et les enfants, et un procès équitable pour ceux qui sont considérés comme des collaborateurs. Il reste que les modalités de ce rapatriement doivent être définies dans un décret d’application qui doit être adopté en Conseil des ministres et qui tarde à venir.



(Pour mémoire : La loi d’amnistie toucherait les Libanais en Israël)



« Instrumentalisation politique »
« Comment le Liban peut-il, moralement parlant, accepter d’avoir une diaspora en Israël ? » se demande Antoine Saad, avocat et enseignant en droit international et constitutionnel. M. Saad, qui a longuement travaillé sur ce dossier et a largement contribué à la rédaction du texte de la loi de 2011, dénonce la « légèreté » avec laquelle cette question est abordée tout en reconnaissant sa complexité.

« Toutes les fois que les élections approchent, ou qu’il est question d’une visite dans les régions chrétiennes au Liban-Sud, on tente d’instrumentaliser en politique ce sujet qui est humanitaire par excellence », dit-il dans un entretien à L’Orient-Le Jour. Affirmant que les espoirs de voir ce dossier sérieusement évoqué sont minimes, M. Saad se dit convaincu que les promesses faites par Gebran Bassil au Liban-Sud ne sont rien d’autre qu’une « tempête dans un verre d’eau ». D’autant que le Hezbollah, pourtant allié du CPL, n’est pas prêt de lâcher de lest, assure le juriste.

L’avocat, qui a suivi la situation d’un certain nombre de familles, énumère les difficultés auxquelles seront confrontés un grand nombre d’exilés à leur retour, leur réintégration sociale et professionnelle après deux décennies d’exil étant extrêmement complexe.

« Que fera donc un ingénieur qui a fait ses études en Israël et qui voudrait retourner travailler au Liban ? » s’interroge l’avocat. « Que fera également celle qui, entre-temps, a épousé un Palestinien ? Qu’adviendra-t-il de leurs enfants ? » Idem, dit-il, pour tous ceux qui craignent retourner dans une plus « grande prison qui s’appelle le Liban », du fait de la situation économique désastreuse et du stigmate qu’ils devront porter sur leur front le restant de leur vie. « Plus le temps passe, plus ce retour devient difficile », conclut l’avocat.



Pour mémoire

Oum Pierre, de Aïn Ebel, est morte sans jamais avoir revu son fils, parti en Israël

« Aujourd’hui, un tiers des habitants de Qleyaa vivent toujours en Israël »

« Ils ont le droit de rentrer », un mouvement pour sensibiliser au retour les Libanais d’Israël

Et ces Libanais que nous avons oubliés en Israël ?


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Bery tus

je me demande comment encore des libanais … puisse encore defendre certains partis qui sont TOUT SAUF LIBANAIS

ET JE PARLE DES PSNS, BAAS SYRIEN ETC

CEUX LA ON DEVRAIT LES JETER A LA MER UNE FOIS POUR TOUTE

LA VERITE

BEAUCOUP ET AVEC RAISON CONDIDERENT QUE CETTE ARMEE DU SUD A LUTTE CONTRE L'OCCUPATION DU lIBAN PAR LES PALESTINIENS TOUT COMME LES KATAEB ET LES FORCES LIBANAISES L'ONT FAIT EN APPELANT A LA RESCOUSSE LES ISRAELIENS POUR ENFIN CHASSER ARAFAT DU LIBAN, LUI QUI VOULAIT ALLER A JERUSALEM A TRAVERS JOUNIEH

AUX YEUX DE BEUCOUP ENTRE LES DEUX AUCUNE DIFFERENCE
DONC AMNISTIE BIEN MERITEE MAIS QUE PRESQUE PERSONNE DE CETTE ARMEE DU SUD NE VOUDRA VU LA QUALITE DE LA VIE EN ISRAEL ET CELLE AU LIBAN EN CE MOMENT MAIS IL FAUT LA FAIRE

INUTILE M LE GENDRE DE FAIRE DES HISTOIRES POUR LE PRINCIPE D'EN FAIRE
CRITIQUEZ DONC LA SYRIE POUR NE PAS DONNE DES NOUVELLES DES PRISONNIERS LIBANAIS CAPTURES DURANT LA GUERRE ET SURTOUT DES SOLDATS QUI OBEISSAIENT AUX ORDRES DE VOTRE BEAU PERE LE GENERAL AOUN .
C'EST CELA D'ETRWE PATRIOTE LIBANAIS EN PRIORITE

Honneur et Patrie

Sans les généraux Saad Haddad et Antoine Lahd et leur vaillante Armée du Liban-Sud (ALS), les Palestiniens auraient commis à Rmeich, à Ebel, à Debel, à Yaroun, à Qaouzeh... ce qu'ils ont commis à Damour et à Saadiyat le 16 janvier 1976, viols, saccage, meurtres, crimes, outrages et occupation des terres agricoles de leurs habitants.
Toute autre considération est nulle et non avenue.

Jean abou Fayez

C'est une chose très grave, ce sont des traîtres ayant combattu leur pays à la solde d'un occupant brutal. Ils ont torturé et assassiné, ou ont été complices de ceux qui l'ont fait. Et vue la très grande clémence qu'ont accordée à ces collabos l'armée libanaise et les résistants du Hezb, du Psns ou du Pcl, ceux qui ont choisi le chemin de l'exil chez l'ennemi sont ceux qui savaient sans doute qu'ils auraient mérité le moins cette mansuétude. S'ils veulent revenir, qu'ils soient mis face à leur responsabilités.

IMB a SPO

Je ne crois pas un instant que ces Libanais vont retourner au Liban pour y vivre. Peut etre les personnes agees, par nostalgie, mais les jeunes, diplomes en Israel et ayant cree une famille et ayant des jobs ne vont certainement pas revenir sauf pour visiter et faire du tourisme.

gaby sioufi

ou alors une carotte entre les mains de nasrallah destinee a jobran , a son profit ,
offerte lorsque nasrallah y verra son profit a lui !

LA VERITE

Cette loi nécessitait des décrets d’application qui n’ont jamais vu le jour, du fait notamment de l’opposition que continue d’exprimer le Hezbollah au retour de ces oubliés de l’histoire.

D’autant que le Hezbollah, pourtant allié du CPL, n’est pas prêt de lâcher de lest, assure le juriste.

ON VOIT BIEN QUI GOUVERNE AU LIBAN

D'autre part beacoup de ceux ci sont maries en Israel et ont des enfants et plusieurs ont requi et obtenu la nationalite Israelienne
Que viendraient ils faire dans ce pays gouverne par des incapables qui ne pensent qu'a s'enrichir et qui s'en foute grandement aussi bien d'eux que des Libanais qenleves et qui croupissent encore ( peut etre ) dans les geoles Syriennes

Tarek Kaddoura

Tout ces libanais doivent retourner au liban sans distinction, et bienavant de nationalizer les palestiniens.
C/est honteux,

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

C,EST UN CRIME CONTRE LE LIBAN AVANT TOUT QUE DE LEUR RENIER LE RETOUR.

Honneur et Patrie

L'affaire des Libanais qui avaient fui le Liban en 2000, ne concerne pas le Derviche tourneur G&bran Bassil.
Lorsque les Perses reviendront à Issos en Cilicie et à Salamine en Grèce, l'Iran et sa Légion étrangère au Liban permettront le retour des 7.500 Libanais authentiques exilés en Israël de regagner leur Patrie.

BOSS QUI BOSSE

On ne pourra pas dire que le fait de s'opposer à leur retour ce serait une question confessionnelle , puisque la majorité est chiite .

Je ne comprends pas pourquoi on insiste , puisque on entend à longueur de journée que ceux qui vivent en pays usurpé sont logés à meilleure enseigne .

Alors qu'ils y restent , si pour certains libanais ils ont la chance d'y être que ces libanais les y rejoignent .

Suivez mon regard .

CHARLES OBEGI

Au vu de la situation de leur pays d'origine, ils n'éprouvent aucunement le besoin d'y revenir ..

libanais étranger au liban


Pauvre pays...


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