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Banques

Sfeir succède à Torbey à la tête de l’ABL

Salim Sfeir propose de mettre en place une unité spécialisée pour suivre l’évolution des « systèmes » bancaires dans le monde.

Le PDG de la Bank of Beirut, Salim Sfeir, et celui du Crédit libanais, Joseph Torbey. Photo DR

L’Association des banques du Liban (ABL), qui représente une soixantaine d’établissements dans le pays, a renouvelé samedi par consensus son conseil d’administration

Investis pour deux ans, les douze membres de la nouvelle équipe dirigeante ont désigné le PDG de Bank of Beirut (BoB), Salim Sfeir, à la tête de l’instance. Il succède ainsi à Joseph Torbey, PDG du Crédit libanais, arrivé au terme de deux mandats consécutifs et qui avait déjà dirigé l’organisation de 2001 à 2005, puis de 2009 à 2013. Le règlement de l’ABL ne permet pas un candidat d’occuper plus de deux mandats consécutifs. M. Torbey a néanmoins été reconduit au sein du CA.

Le PDG de BLC Bank et directeur général au sein de Fransabank, Nadim Kassar, a été nommé vice-président à la place du PDG de BLOM Bank, Saad Azhari, lui aussi toujours membre du CA. Le PDG de la Banque Libano-Française (BLF), Walid Raphaël, reste quant à lui secrétaire. Celui de la Lebanese Swiss Bank, Tanal Sabbah, conserve son poste de trésorier.

Les PDG de Bank of Beirut and the Arab Countries (BBAC), Ghassan Assaf ; Bankmed, Mohammad Hariri ; Byblos Bank, Semaan Bassil ; Fenicia Bank, Abdel Razzak Achour ; la SGBL, Antoun Sehnaoui, ont été maintenus au sein du CA, tandis que Bank Audi sera désormais représentée par son PDG, Samir Hanna, en lieu et place d’un autre cadre du groupe bancaire élu en 2017, Freddie Baz. Makram Sader occupe, enfin, toujours le poste de secrétaire général de l’association.

Les banques alpha, les 16 établissements au Liban dont les dépôts dépassent 2 milliards de dollars, selon la classification du cabinet Bankdata Financial Services, sont largement représentées dans le CA avec 11 membres sur 12 – seule Fenicia Bank n’entrant pas dans cette catégorie.


(Lire aussi : Le Liban entre le marteau des sanctions et l’enclume de la corruption)



Pas de scrutin

La nomination de Salim Sfeir à la tête de l’ABL était pressentie depuis quelque temps au sein des milieux bancaires. En 2017, le dirigeant avait été le candidat malheureux de la première élection organisée au sein de l’association en 23 ans pendant lesquels son CA était renouvelé par consensus, un procédé qui a de nouveau les faveurs des banques. L’ABL n’a pas officiellement communiqué sur les raisons de ce revirement. En 2017, la campagne précédant le scrutin qui avait opposé les listes de Salim Sfeir et Joseph Torbey avait duré plusieurs semaines.

Dans son discours, Salim Sfeir a affirmé être « conscient de la responsabilité » qui lui incombe au regard de la conjoncture actuelle, marquée par un ralentissement de l’activité du secteur bancaire dans un contexte de croissance nulle au premier semestre – annoncée la semaine dernière par le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé. Les banques voient également d’un mauvais œil la décision du gouvernement et des députés de maintenir la proposition augmentant de trois points, à 10 %, l’imposition sur les revenus issus des intérêts bancaires dans le budget pour 2019 qui doit être finalisé en juillet. Cette mesure succède à un premier relèvement de deux points voté en 2017 dans le cadre des mesures destinées à financer la revalorisation approuvée, la même année, de la grille des salaires dans la fonction publique.

Principaux détenteurs de dette libanaise avec la BDL, les établissements bancaires suivent par ailleurs avec anxiété ces débats qui doivent permettre au pays de se doter d’une loi de finances conformes aux exigences de réformes que ses dirigeants se sont engagés à lancer auprès de leurs soutiens et de leurs créanciers afin de réduire le déficit public et rendre l’économie plus productive. Le lancement de ce chantier conditionne en outre le déblocage de plus de plus de 11 milliards de dollars en prêts et dons que les donateurs présents lors de la conférence de Paris en avril 2018 (CEDRE) prévoient d’investir dans la réhabilitation des infrastructures libanaises.


Campagnes diffamatoires

Les banques libanaises doivent, enfin, composer avec les aléas de la stabilité régionale que ce soit sur le plan politico-sécuritaire – Syrie, Irak, tensions entre le Golfe et l’Iran – ou économique – Turquie, Égypte. Une pression accentuée par la hausse des taux d’intérêt américains entre 2015 et 2018 qui s’est répercutée sur la livre libanaise, arrimée au billet vert depuis 1997. Le durcissement régulier de la réglementation bancaire notamment au niveau des ratios de levier ou encore en matière de lutte contre l’évasion fiscale, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme font également partie des enjeux majeurs.

Pour y faire face, Salim Sfeir propose de mettre en place une « unité spécialisée aux compétences globales » dont la mission consistera à « suivre l’évolution des systèmes bancaires internationaux et d’assurer une présence active dans les séminaire mondiaux ». Le dirigeant préconise également de renforcer la coopération avec la BDL, augmenter « l’influence » de l’ABL sur « la politique économique, final mère et fiscale » du pays, ou encore collaborer plus étroitement avec les médias afin de transmettre « la véritable image du secteur » et lutter contre les « campagnes diffamatoires » qui le visent.


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