X

La Dernière

Boudy, meilleur barman du Liban et fin psychologue

Papilles
28/06/2019

Abdelnour Bahnam est barman par passion. Il a remporté le concours du meilleur barman du Liban organisé dans le cadre de l’exposition Horeca en avril dernier et a donné sa première master class au Garden Show début juin. Sous le thème des cocktails de l’été, il a concocté une boisson « pétillante » à base de champagne, Prosecco ou eau gazeuse, « avec des couleurs et des fruits, surtout exotiques », explique-t-il. Abdelnour Bahnnam, Boudy pour ses proches et ses clients, 20 ans à peine, est barman depuis un an et demi au Bodo à Badaro.

« J’ai commencé en tant que serveur, il y a deux ans. Je voulais financer mes études de gestion à l’Université La Sagesse. Et puis au bout de six mois j’ai eu la chance de travailler derrière un bar », dit-il.

Durant les soirées où il officiait comme serveur, Boudy observait les barmen. Il effectuait aussi ses propres recherches pour apprendre à créer de bons cocktails. Au bout de six mois, il se lance à fond, inspiré par un collègue, César Asfour, barman également, dans le même lieu de travail que lui. Visiblement talentueux, il remporte au printemps dernier le concours du meilleur barman du Liban organisé dans le cadre de l’exposition Horeca. « L’une des compétitions consistait à préparer un cocktail libanais. Je n’ai pas opté pour une boisson à base d’arak, qui m’a semblé très ordinaire, mais j’ai créé un drink avec un sirop qui rappelle le goût du moghli, avec de la cannelle notamment, et j’ai choisi le gin comme base alcoolisée », explique-t-il.

Lentement et sûrement, il fait des essais, observe, occupé derrière le bar à parfaire ses connaissances et son expérience. « J’ai pris part à de nombreuses master classes sur divers alcools, dispensées par les fournisseurs, notamment sur la tequila, le gin, la vodka et le whisky. Le plus important est de savoir à partir de quels produits est fabriqué un alcool, pour y ajouter d’autres ingrédients et composer les meilleurs cocktails, dit-il. Il faut aussi suivre les saisons. Le whisky est pour l’hiver et le gin pour l’été, par exemple. »

Mais, pour ce jeune barman, il faut aussi user de psychologie, être poli, avoir de l’humilité et un certain savoir-faire pour traiter avec les clients.

« Un barman n’est pas uniquement quelqu’un qui sait bien mixer les alcools, mais aussi et surtout un fin psychologue. Quelqu’un qui sait parler aux clients et les écouter. Il doit aussi être modeste, attentif, prendre en considération les remarques concernant un cocktail, et le modifier, s’il le faut, selon les désirs de son interlocuteur », poursuit-il.

« À Badaro, les gens viennent surtout pour décompresser après le travail. L’“heure de pointe” est à 17 heures, en fin de journée. J’entend ceux et celles qui viennent prendre un verre avant de rentrer à la maison se plaindre de toutes leurs contraintes et je réalise à quel point j’ai de la chance de ne pas travailler dans un bureau, de ne pas être obligé de rester confiné toute la journée entre quatre murs et respecter des horaires fixes », avoue-t-il.

Pris par le travail et par sa passion, Abdelnour Bahnam a abandonné – provisoirement – ses études. Il reprendra le chemin de l’université en septembre prochain. « En devenant barman, j’ai découvert un autre monde. J’ai tellement aimé ce métier que j’ai décidé de changer de spécialisation. Dans quelques mois, j’entamerai des études d’hôtellerie », ajoute-t-il.

Quand on lui pose une question sur ses hobbies, il répond : « À part mon travail ? J’aime le sport. »

Le meilleur barman du Liban ne boit pas d’alcool durant ses heures de travail et confie le faire toujours avec modération : « Je bois seulement deux fois par semaine, les vendredis et les samedis. Parfois, les dimanches à midi je prends de l’arak. Pour travailler, il faut rester sobre. »



Dans la même rubrique

La « Lebanese Sajeria », ou comment vendre des manakich aux Néerlandais

Karim Barza et la cuisine, un message d’amour

Charles Azar, l’amour du sucre

Maria Sikias : les gâteaux, ça la rend heureuse !

Bethany Kehdy, toutes les recettes du Levant

Massimiliano Bugliosi, l’amour qui donne des ailes


À la une

Retour à la page "La Dernière"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants