Nos Lecteurs ont la Parole

L’Irap a 60 ans, mais l’heure n’était pas à la fête...

Mona CHÉLALA
OLJ
24/06/2019

Voici une lettre reçue de l’IRAP qui nous résume tout, ou presque, et que j’aimerais partager avec vous...

« Très Chers Amis,

Nous nous adressons à vous aujourd’hui pour vous alerter sur la situation de l’IRAP, l’Institut de rééducation audiophonétique.

En effet, en 60 ans d’existence, l’IRAP n’a jamais connu et vécu une telle crise financière. Jusqu’à présent, les financements de fonctionnement de l’IRAP provenaient de l’État, à travers le ministère des Affaires sociales, mais aussi de dons privés et des produits de nos ateliers protégés. Actuellement, l’État, submergé par les problèmes financiers accumulés depuis des années après la guerre, ne fait plus face à ses engagements. Une politique d’austérité est instaurée, très difficilement supportée par la population. L’absence de vision d’un redressement économique à long terme et les dépenses incontrôlées sans financement mènent le pays vers une crise très importante.

Les institutions à caractère social pour la prise en charge des personnes en situation de handicap, dont nous faisons partie, pour nos enfants et adolescents sourds, adressent de façon forte et la plus médiatisée possible au ministère des Affaires sociales et à l’État trois requêtes essentielles pour pouvoir continuer à répondre aux besoins spécifiques de ce public.

- le paiement des deux versements dus pour l’année 2018 et toute l’année 2019 ;

- la signature du contrat pour l’année 2019 de la part du ministère des Affaires sociales pour être sûrs que les prestations et services seront couverts ;

- la réévaluation du coût de prise en charge qui n’a pas été faite depuis 2011.

Les dons privés se font de plus en plus rares. Le Liban est entouré de pays en zone rouge. Les donations vont à ceux pour lesquels la situation est encore plus dramatique et plus visible. Les dons provenant des Libanais sont quasi inexistants, tous étant touchés par cette énorme crise économique. Enfin, concernant nos ateliers protégés, leur mission première est la formation des jeunes au monde du travail. La vente de leurs produits ne peut en aucun cas remplacer l’aide de l’État, et, malgré un travail et un service de tous, les produits financiers impactés par l’économie locale désastreuse sont insuffisants à tout couvrir.

Voilà une présentation succincte de la situation dans laquelle nous, IRAP, nous nous trouvons.

L’IRAP, comme les autres instituts, essaie de résister pour continuer à être au service des élèves et jeunes sourds. Aujourd’hui, l’urgence est de pouvoir terminer l’année scolaire de ces élèves, et de pouvoir leur promettre ainsi qu’à leurs parents de continuer leur prise en charge et leur scolarité en septembre prochain. Nous lançons donc un appel urgent aux dons afin de poursuivre notre œuvre.

Très Chers Amis, nous croyons toujours très fort en la Providence qui se manifestera d’une manière ou d’une autre.

Que les rayons de soleil continuent à illuminer le toit rouge de la Maison IRAP !

Toute la famille de l’IRAP vous remercie d’avance pour la participation que vous pourrez apporter pour nous aider à continuer d’aller de l’avant pour assurer notre mission. »

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

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Merci.

 

Irene Said

En lisant cette lettre, on a qu'une envie:
crier notre rage et notre déception à tous nos responsables !

Ils voyagent pour assister à toutes sortes de conférences ici et là, recoivent des délégations internationales devant lesquelles ils font des déclarations, des promesses etc.

Mais aider cet institut admirable, ils n'en ont
pas ou plus les moyens, depuis 2018 ?

Quelle honte, alors qu'eux vivent dans l'opulence...aux frais justement de cet Etat, qui nous prouve qu'il n'en est plus un pour tous les citoyens, surtout pour les plus faibles d'entre eux !
Irène Saïd


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