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Plan de paix de Kushner

Sommet de Manama : Le Qatar aura aussi son mot à dire...

Des Palestiniens arborent un panneau avec le slogan « Nous sommes tous Qatar », lors d’un rassemblement de soutien à l’émirat, le 9 juin 2017. Saïd Khatib/AFP

Isolé depuis deux ans par ses « frères » du Golfe, Doha devrait toutefois être courtisé par ses voisins les 25 et 26 juin à Manama, lors de la conférence pendant laquelle sera présenté le volet économique du plan de paix israélo-palestinien élaboré par le conseiller et gendre du président américain, Jared Kushner. Entretenant des relations privilégiées avec l’Autorité palestinienne et le Hamas à Gaza, l’émirat devrait être un acteur-clé lors du sommet organisé à Bahreïn par les États-Unis, au cours duquel le volet économique du plan de paix israélo-palestinien doit être présenté.

L’importance de Doha sur la question israélo-palestinienne est confirmée par sa présence au sommet, probablement autorisée par Riyad, alors que le royaume wahhabite s’est montré inflexible envers l’émirat concernant le blocus. « Le Qatar n’épargnera aucun effort pour contribuer à relever tous les défis auxquels est confrontée la région arabe tout en maintenant ses positions de principe fermes et les intérêts supérieurs des peuples arabes, y compris le peuple palestinien frère », a souligné le ministère qatari des Affaires étrangères dans un communiqué à propos de la conférence de Manama. « Le Qatar a joué un rôle de premier plan en fournissant des fonds pour la reconstruction de Gaza, en coordination avec des responsables américains et israéliens, et s’est révélé être un intermédiaire utile pour les Américains et les Israéliens lorsqu’ils doivent communiquer directement avec le Hamas », rappelle Kristian Ulrichsen, chercheur sur le Moyen-Orient à l’Institut Baker pour les politiques publiques à l’Université Rice, interrogé par L’Orient-Le Jour. L’émirat s’est notamment engagé, en novembre dernier, à financer une partie des salaires des fonctionnaires du Hamas en versant 15 millions de dollars par mois pendant six mois. L’accord conclu entre Israël, le Qatar et l’Égypte visait à amorcer une détente dans la bande de Gaza, après plusieurs mois sous haute tension à la frontière avec l’État hébreu dans le cadre de la « marche du retour ».

Doha a également annoncé le mois dernier le déblocage de 480 millions de dollars pour « soutenir les budgets de la Santé et de l’Éducation de l’Autorité palestinienne » et pour les « secours d’urgence et d’aide humanitaire et pour soutenir les programmes de l’ONU en Palestine ». Des financements qui ont été salués par l’Autorité palestinienne et le Hamas, alors que la situation à Gaza est de plus en plus catastrophique et que Washington a supprimé plusieurs programmes d’aides aux Palestiniens s’élevant à plusieurs centaines de millions de dollars.Rallier Doha au plan de paix est donc nécessaire pour Washington, au moment où l’administration Trump est perçue comme trop favorable à Israël par une partie des dirigeants arabes. Le soutien de l’émirat à l’initiative de paix américaine pourrait permettre d’adoucir les positions du camp palestinien, qui a décidé de boycotter la conférence de Manama. La tâche devrait toutefois s’avérer difficile, le Qatar ayant décidé de tracer une ligne rouge face à « tout ce qui impose aux Palestiniens un leadership venant de l’extérieur ou toute tentative de séparer les aspects économiques de tout “accord” de la recherche d’un règlement politique », estime Kristian Ulrichsen.

Accusé d’être trop proche de l’Iran et de financer le « terrorisme » par ses voisins, le petit émirat soulève plusieurs interrogations quant à la marge de manœuvre qui devrait lui être laissée, ne pouvant pas rester trop en retrait ni trop prendre la lumière.



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commentaires (1)

Le Qatar semble dire encore une fois entre l’Iran et les arabes mon coeur balance .

Antoine Sabbagha

18 h 39, le 20 juin 2019

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Commentaires (1)

  • Le Qatar semble dire encore une fois entre l’Iran et les arabes mon coeur balance .

    Antoine Sabbagha

    18 h 39, le 20 juin 2019