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La Dernière

Les nuits de Lisbonne qui ont inspiré Madonna

Musique
OLJ
12/06/2019

Une dizaine de petites tables, des tabourets en bois, un piano mal accordé et des guitares accrochées au mur : « L’inspiration pour mon nouvel album est née ici, à Lisbonne, au Tejo Bar », a assuré Madonna sur son compte Instagram. Dans ce troquet intimiste donnant sur une place pavée du quartier populaire de l’Alfama, l’ambiance change chaque soir au gré des improvisations des musiciens de passage, devant un public de locaux, de touristes, d’étudiants, d’écrivains, de peintres... Séduite par le métissage du fado local avec les mornas du Cap-Vert ou la bossa nova brésilienne, la diva de la pop a conçu un opus largement inspiré des nuits de Lisbonne et des artistes qu’elle a rencontrés dans la capitale portugaise, où elle s’est installée en 2017. Intitulé Madame X, il sortira ce vendredi.

Au départ, Madonna avait emménagé à Lisbonne pour permettre à David Banda, l’un de ses quatre enfants adoptés au Malawi, de rejoindre l’académie de football du Benfica. Sa routine de mère de famille courant entre l’école et les entraînements de foot dans une ville où elle n’avait pas d’amis avait fini par la « déprimer un peu », a avoué la chanteuse de 60 ans à la chaîne musicale MTV. Puis, en fréquentant notamment la clientèle du Tejo Bar, elle a découvert à Lisbonne « un melting pot de cultures musicales », dans ce qui était autrefois la capitale d’un empire colonial incluant entre autres le Brésil, l’Angola et le Mozambique.

« Proposer un espace qui inspire des artistes comme Madonna me remplit de joie », dit avec fierté Mira Fragoso, une ex-actrice brésilienne copropriétaire de ce petit bar devenu un lieu de rencontres improbables, comme celle qui s’est produite entre la star américaine et un pianiste brésilien de 33 ans, Joao Ventura. « Elle était assise dans un coin ce soir-là », se rappelle celui-ci. À la demande d’un ami, il s’est mis au piano pour jouer un morceau de bossa nova sur lequel il a superposé la Sonate au clair de Lune de Beethoven. « Le lendemain, elle m’a appelé pour me dire qu’elle avait aimé et m’a proposé de l’accompagner sur scène à New York », raconte le musicien, qui n’en est pas revenu. Après trois répétitions avec Madonna dans la maison de la star à Lisbonne, il l’a accompagnée au piano pour trois chansons interprétées en 2018 lors du très couru gala du Metropolitan Museum of Art de New York.

Lot de polémiques

Dino D’Santiago, chanteur d’origine capverdienne qui représente bien cette Lisbonne métissée qu’il chante en portugais et en créole, a guidé Madonna dans les ruelles sinueuses de l’Alfama. « Ici la diversité culturelle n’est pas confinée aux ghettos, elle est partout », dit ce chanteur de 36 ans, selon qui la capitale lusitanienne connaît une effervescence artistique exceptionnelle. Il a fait découvrir à Madonna l’orchestre de Batucadeiras, un groupe de chanteuses et percussionnistes capverdiennes qu’il a formé il y a un an. Certaines d’entre elles accompagneront la diva de la pop dans sa tournée qui doit passer à Lisbonne en janvier 2020. Dino D’Santiago lui a aussi présenté Kimi Djabaté, un musicien de Guinée-Bissau descendant de griots mandingues. « Parfois, elle me dit juste : prends ta guitare et on se retrouve quelque part avec d’autres artistes », confie l’artiste de 44 ans au grand sourire espiègle, qui a enregistré Ciao Bella, une chanson bonus de Madame X.

Lors d’une soirée dans la discothèque africaine B.Leza, Madonna a croisé Blaya, chanteuse et danseuse au corps recouvert de tatouages dont elle reprend la chanson Faz gostoso dans son nouvel album. « Ce sont ses enfants qui la lui ont fait découvrir ! » s’exclame, incrédule, la Luso-Brésilienne de 32 ans. La chanteuse de fado Vania Duarte reconnaît avoir elle aussi bénéficié du « coup de projecteur » donné par Madonna à de nombreux artistes lisboètes. La jeune femme de 34 ans aux longs cheveux bouclés a chanté plusieurs fois pour l’Américaine dans sa maison de fado, la Casa de Linhares.

Mais si Madonna a été accueillie à bras ouverts par la scène musicale lisboète, elle a aussi amené son lot de polémiques : à Sintra, dans la banlieue ouest de Lisbonne, l’équipe de tournage d’un de ses clips s’est vu refuser l’entrée d’un cheval dans un manoir datant du XIXe siècle. « Il y a des choses que l’argent n’achète pas », a lâché le maire Basilio Horta.

Source : AFP

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