X

Liban

La Fondation Fouad Chehab lance un cycle de débats pour réactualiser l’expérience chéhabiste

Société
OLJ
10/06/2019

La Fondation Fouad Chehab, présidée par l’ancien ministre Charles Rizk, organise demain mardi à l’hôtel Phoenicia un débat autour d’un thème d’une brûlante actualité « La Russie et nous ».

Avec ce type d’initiative d’un genre nouveau, depuis sa fondation il y a 20 ans, la Fondation Fouad Chehab ouvre une nouvelle page dans ses activités : celle de la réactualisation des principes sur lesquels est fondée l’expérience chéhabiste. Un retour sur l’action de la fondation et ses projets d’avenir paraît par conséquent utile dans ce contexte.

Le président de la fondation souligne à cet égard que « ces principes, inspirés du bon sens libanais, sont plus valables aujourd’hui qu’ils ne le furent par le passé ». « Nous souhaitons, de ce fait, les faire revivre par des débats auxquels prendront part des représentants de la société politique, économique et culturelle libanaise autour de personnalités choisies en raison de leur compétence et de leur engagement », a indiqué M. Rizk.

L’ancien ministre relève dans ce cadre que d’aucuns affirment souvent que « l’établissement d’un État est impossible dans un pays comme le nôtre, déchiré par les divisions confessionnelles ». « Fouad Chehab a démenti cette affirmation en conciliant le respect du pluralisme confessionnel et l’attachement au dualisme politique majorité/minorité qui est la condition du fonctionnement du régime parlementaire, précise M. Rizk. Au cours de sa présidence, une coalition politique a été mise sur pied (le Nahj), regroupant Pierre Gemayel, le sunnite Rachid Karamé, le druze Kamal Joumblat, le chiite Sabri Hamadé…, faisant face à une autre coalition autour des maronites Camille Chamoun et Raymond Eddé, du sunnite Saëb Salam, du chiite Kamel el-Assaad… Nous avons donc eu une majorité gouvernementale qui créa la Banque centrale, la Sécurité sociale, etc., et une minorité d’opposition qui, au Parlement, contrôla efficacement l’action gouvernementale et limita la corruption. »

Et M. Rizk de poursuivre : « Tout cela a été possible parce que, préalablement à son action politique interne, Fouad Chehab avait adopté une ligne de conduite diplomatique intelligente dictée par la composition même de notre population et sa position régionale. Dès les premières semaines de son mandat, Chehab a proclamé le rejet du pacte pro-occidental dit de Bagdad, populaire au sein de la population chrétienne, mais honni par les communautés musulmanes, qui avait provoqué notre première guerre civile en 1958. Cela a abouti à la rencontre de Chehab avec Nasser à la frontière entre le Liban et ce qui, à l’époque, était la province syrienne de la République arabe unie. L’importance de cette rencontre se résume en deux points : Nasser y a reconnu le caractère sacré de la frontière libanaise, et Chehab affirma l’ouverture arabe du Liban dans le cadre de la logique arabe et dans le respect de notre indépendance. Pour appréhender le symbolisme de la rencontre et l’immense contribution que Chehab a apportée ainsi à la cause libanaise, il faut se souvenir de l’envahissante popularité de Nasser en 1959 sur le plan régional. Il faut imaginer, toutes choses étant égales par ailleurs, le président libanais actuel Michel Aoun contraignant le guide de la révolution islamique Khamenei à une rencontre à la frontière syrienne de manière à reconnaître l’intangibilité de la frontière libanaise ! »

Et M. Rizk de conclure : « De la même façon que Fouad Chehab a inauguré sa présidence par l’action diplomatique, notre fondation lance son programme en vue d’une réactualisation du chehabisme par une réflexion sur le positionnement, aujourd’hui, du Liban sur les scènes régionale et internationale. »

Le premier débat dans ce cadre aura lieu demain, mardi, à midi à l’hôtel Phoenicia sur le thème « La Russie et nous ». Il sera animé par l’ambassadeur de Russie M. Alexander Zasypkin et l’éditorialiste libanais Samir Atallah. Il sera suivi d’un second débat en juillet prochain sur le thème « L’Union européenne et nous », animé par l’ambassadrice de l’Union européenne, Mme Christina Lassen, l’ambassadeur de France Bruno Foucher, l’ambassadeur d’Allemagne Georg Bigrelen et l’ancien ministre Tarek Mitri. D’autres débats suivront qui seront annoncés ultérieurement.



Pour mémoire

Lorsque Nasser se déplace pour rencontrer Fouad Chéhab

Fouad Chéhab, les grandes lignes d’un mandat « exemplaire », 50 ans plus tard


À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Georges Breidy

A DIEU NE PLAISE...MR. CHARLES RIZK VEUT-IL RESSUCITER LA MAIN-MISE DU 2EME BUREAU SUR UN LIBAN QUI SOUFFRE D'UNE BOULIMIE DES MILITAIRES QUI COUTENT UNE FORTUNE AU CONTRIBUALBLE?

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants