L'image de l'ancien patgriarche Élias Hoayek projetée dans la nuite du 25 au 26 juillet sur un mur de l'église Saint Georges à Derdghaiya. Photo relayée par notre correspondant Mountasser Abdallah
Le patriarche maronite Béchara Raï a appelé, dans son homélie dimanche, à construire un Liban uni, à l'image de celui que souhaitait le patriarche Élias Pierre Hoyek, béatifié samedi et considéré comme le « fondateur du Grand Liban ».
« Le Liban ne se construit pas par les divisions, mais par l'unité de ses enfants et l'édification d'un État de droit (à l'image du patriarche Hoyek), qui a su allier sainteté et construction de la nation, faisant de la liberté et du vivre-ensemble un message durable pour le Liban », a déclaré le patriarche lors de la messe organisée au siège patriarcal d'été à Dimane, au Liban-Nord, à l'occasion de la béatification.
Mgr Raï a ajouté que le patriarche Hoyek, « qui n'était pas un homme de division, mais de rencontre et d'unité, rassemblant les Libanais autour de l'homme et de la patrie, et faisant de la vérité et de la justice le fondement de tout projet national ».
Dimanche matin, les reliques du bienheureux Hoyek avaient quitté l'église du siège patriarcal dans un cortège automobile, accompagné de chants liturgiques et de jets de pétales de fleurs, en direction du couvent des Sœurs maronites à Abrine, dans le caza de Batroun. La béatification avait été célébrée samedi au cours d'une autre messe à Dimane.
« Patriarche des pauvres »
Le cardinal Raï a affirmé que la béatification du patriarche Hoyek « ne constitue pas seulement un hommage à une personnalité historique, mais proclame que la sainteté est capable de faire l'histoire et que la foi, lorsqu'elle s'allie à la responsabilité nationale, devient une force qui bâtit les nations et préserve la dignité humaine ». Il a également salué le cardinal Marcello Semeraro, envoyé du pape, qui a présidé la cérémonie de béatification, estimant que sa présence « illustre la profondeur de la communion entre l'Église maronite et le Saint-Siège et confirme la place qu'occupe le Liban dans le cœur de l'Église universelle ».
Le chef de l'Église maronite est ensuite revenu sur les principales étapes de la vie du « patriarche des pauvres », qui avait ouvert les portes de l'Église durant la Grande Famine entre 1915 et 1918, depuis sa formation religieuse et intellectuelle jusqu'à son élection comme patriarche, en passant par son service à Bkerké et son implication dans le processus qui a abouti à la proclamation de l'État du Grand Liban. « Le Liban a aujourd'hui plus que jamais besoin de s'inspirer de cette vision nationale fondée sur le partenariat, le respect du pluralisme et le renforcement de l'État des institutions et du droit, loin des divisions et des conflits qui affaiblissent le pays », a conclu le patriarche Raï.
La béatification d'Élias Hoyek a également été célébrée au Liban-Sud, notamment à Deirdghaya, village du caza de Tyr, où, dans la nuit de samedi à dimanche, une image de l'ancien patriarche a été projetée sur le mur de l'église Saint-Georges, endommagée par des frappes israéliennes, tandis que des bougies étaient allumées et que des chants religieux étaient diffusés, transformant les lieux en un espace mêlant simplicité et ferveur spirituelle, selon notre correspondant régional Mountasser Abdallah. Les habitants du village ont aussi annoncé de nouvelles célébrations, plus importantes, dans un avenir proche. Notre correspondant rappelle que l'église avait été touchée par une frappe israélienne le 9 octobre 2024, lors de la première des deux dernières guerres ayant opposé Tel-Aviv au Hezbollah, un conflit qui a fait de nombreux morts et causé des destructions massives et indiscriminées au Liban.
Par ailleurs, le patriarche de l'Église chaldéenne en Irak et dans le monde, Mar Paulos III Nona, qui était venu au Liban - pour la première fois depuis son election - notamment à l'occasion de la béatificiation d'Elias Hoyek, a présidé une messe solennelle à la cathédrale Saint-Raphaël de Baabda-Brasilia.


