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Liban

Journée de nettoyage des plages : rencontre avec une jeunesse mobilisée et... désabusée

Environnement

Hier, dimanche, des milliers de bénévoles ont parcouru toute la côte pour ramasser les déchets. Parmi eux, de nombreux jeunes se sont réunis. Ils expriment leur ras-le-bol face à l’inaction politique et la persistance des mauvaises habitudes.

Clara HAGE | OLJ
10/06/2019

Révoltés et désabusés, obstinés mais cyniques. Voilà à quoi ressemble le groupe de jeunes mobilisés ce dimanche sur la plage de Raouché. Venus principalement du Collège Notre-Dame de Jamhour, ils sont une quinzaine d’amis à arpenter les côtes rocheuses et abruptes qui descendent vers la mer, non loin de la Grotte aux pigeons.

« La moyenne d’âge est de 17 ans ici », prévient l’un d’eux. Jean-Marc Khayat, flanqué d’un gilet jaune, est le manager de l’équipe sur la zone de Raouché. Il a aussi 17 ans et s’active de droite à gauche en donnant ses directives, le front inquiet. Le soleil est déjà à son zénith, des moucherons perturbent les mouvements, sans compter l’odeur d’eau stagnante qui s’échappe d’une petite mare ouverte sur la mer, où s’amoncellent des détritus en tout genre. Pourtant des familles s’y prélassent et se baignent en toute insouciance, slalomant entre les bouteilles en plastique et les résidus d’emballages. « Je ne comprends pas comment ils peuvent se baigner dans cette merde », lâche Jean-Marc, dégoûté.

L’énergie dans les bras, tous regardent cependant la plage avec la fierté propre à la jeunesse qui change les choses. En contrebas, Jean-Marc pointe un large ravin caillouteux : « On a passé toute la matinée à le nettoyer, c’était une véritable poubelle. On a récolté 200 kg de déchets. » Les volontaires progressent sur la plage depuis le petit jour, comme tous les autres bénévoles répartis sur les 120 points à nettoyer pour cette action nommée « Save Our Face ». Au début ils étaient une cinquantaine, puis le groupe s’est dispersé jusqu’à ce qu’il ne reste que les camarades de Jamhour.



(Lire aussi : À Berbara, la plage a meilleure mine après l’opération #SaveOurFace)



« On ne voit pas le résultat de notre effort »
Conscient des enjeux écologiques qui touchent le Liban, Jean-Marc récite un discours alarmant : 2 tonnes de déchets jetés par jour, des pays voisins qui se plaignent de retrouver sur leurs côtes des résidus en provenance du Liban, des décharges en mauvais état qui reversent les détritus à la mer...

« Dès l’aéroport on est pris par l’odeur des poubelles, ce n’est pas normal », lance une volontaire en évoquant les conséquences sur le tourisme et l’économie du pays. Très vite, la conversation s'emballe au rythme des protestations de chacun : « Je ne vais plus me baigner dans la mer, ça me dégoûte ! », « La dernière fois, j’ai eu des boutons sur toute la jambe ! ». Puis la colère prend le dessus : « Ce n’est pas à nous de ramasser les déchets ! Une bonne gestion des déchets ça s’enseigne à l’école et ça finit par une action de l’État », déclare Jean-Marc. « Si on revient demain, ça sera comme si on n’avait rien nettoyé », déplore une lycéenne.

Effectivement, entre les allées et venues des jeunes mobilisés, la vie continue comme si de rien n’était pour les baigneurs. D’un œil apathique, l’un deux jette même sa canette devant une bénévole, sac poubelle à la main, médusée. Si la majorité des volontaires présents saluent l’initiative du ministre de l’Environnement, tous constatent ses limites. On leur demande de trier les déchets en 8 catégories, mais la société de ramassage les emmène à la décharge de manière indifférenciée et aucune solution pérenne de recyclage n’est proposée.

Finalement, le sentiment d’impuissance l’emporte un peu dans le groupe et les confessions de Noura, qui surveille ses deux enfants en train de se baigner, n’arrangent rien. Son fils a eu un problème de peau à ses trois ans. Elle pointe du doigt l’eau sale dans laquelle les enfants se baignent, mais elle ne peut se payer le luxe d’aller dans les plages privées. Quand ils repartent, Noura dépose les restes de son repas dans les sacs poubelles mis en tas par les bénévoles et alors, des sourires de victoire s’esquissent enfin.



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Alexia Massoni

Encore faudrait-il éduquer les gens à ne pas jeter tout de leurs voitures. Cest assez basique de laisser les déchets dans un sac et de jeter ce sac une fois arrivé à la maison ou au travail. C'est élémentaire.

Antoine Sabbagha

Triste de voir nos jeunes ainsi mobilisés quitter les lieux découragés par cette folie de déchets.

Sybille S. Hneine

Quand je lis "faut éduquer les gens"...

Cela est la tâche, le rôle des parents, des grands parents...
Pas seulement de l'école. De l'église.

Encore moins de celles qui sont en charge de la bonne tenue des maisons.

Zabal Jean Louis

Concernant l'aeroport ce ne sont pas les poubelles mais la ferme de bovins qui pue comme la quarantaine

Irene Said

Une question:
où iront les sacs de déchets ramassés...
rejoindre les décharges à l'air libre qui décorent notre pays ?
Irène Saïd

Eddy

J'ai vu des panneaux sur les autoroutes libanaises concernant cela, et ca a un prix, qui a payé pour les publicités? cette meme personne devrait au lieu de payer les panneaux sur les routes, payer les volontaires. n'est pas plus utile d'autant plus que les affiches de ses panneaux seront elles memes un dechet en fin de periode de publicité. ca serait mieux de ne pas faire cette publicité.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

FAUT EDUQUER LES GENS A NE PAS JETER LES DECHETS DANS LES PLAGES ET LES RUES. DEPOSEZ DES BARILS A DECHETS SUR TOUTES LES PLAGES ET LES LIEUX PUBLICS ET MEME TOUT AU LONG DES RUES ET DANS LA MONTAGNE ET INSTRUISEZ LES GENS VIA LES MEDIAS D,Y JETER LEURS DECHETS.
SAUVEZ LE LIBAN DES POURRITURES !

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