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Entretien express

Les supplétifs pro-iraniens seront en accord avec Téhéran tant que leurs propres intérêts sont respectés

Adnan Tabatabaï, directeur du centre de réflexion allemand CARPO, répond aux questions de « L’Orient-Le Jour » sur les derniers développements régionaux et leur impact sur la République islamique.

Le porte-avions USS Abraham Lincoln dans la zone d’opérations de la 5e flotte américaine dans la mer d’Arabie, le 17 mai. Mass Communication Specialist 1st Class Brian M. Wilbur/U.S. Navy/Handout via Reuters

La guerre des mots fait rage entre les États-Unis et l’Iran ces dernières semaines. Elle s’est intensifiée avec le déploiement d’un porte-avions et de bombardiers américains dans le Golfe pour contrer une « menace » en provenance de Téhéran et les incidents, dont de mystérieux «actes de sabotage» contre des intérêts pétroliers dans le Golfe, qui se sont produits par la suite dans la région. Alors que le président américain Donald Trump souffle le chaud et le froid par ses propos, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a déclaré hier sur CNN qu’« il faut faire preuve d’une extrême prudence », ajoutant que « les États-Unis jouent un jeu très très dangereux ». Face à la montée des tensions, Adnan Tabatabaï, directeur du centre de réflexion allemand CARPO, décrypte la situation pour L’Orient-Le Jour.


Quel est l’objectif de l’Iran à travers ses dernières actions dans la région et son escalade verbale avec les États-Unis ?

Il convient d’abord de noter que l’Iran ne fait pas monter l’escalade, mais réagit aux mesures de plus en plus hostiles prises par le gouvernement américain. Le régime de sanction a déjà été qualifié de « guerre économique » par beaucoup, et les dirigeants iraniens le voit comme tel. Aucune action concrète dans la région ne peut être attribuée à la décision de l’Iran de faire monter les tensions. En ce qui concerne les attaques contre les navires et les oléoducs émiratis et saoudiens, on ne sait toujours pas qui en étaient les auteurs. S’il était établi que l’Iran était derrière, cela serait clairement un signe que l’Iran veut montrer sa capacité à riposter s’il devait être attaqué militairement par les États-Unis. La stratégie iranienne a toujours été de garder ses ennemis à distance en mettant en avant leur vulnérabilité face aux capacités de guerre asymétriques de l’Iran et en les mettant en garde à plusieurs reprises à ce sujet. Tout message envoyé aux États-Unis par le biais des médias ou de discours publics doit être considéré comme ce type d’avertissement.


(Lire aussi : Le temps n'est pas aux négociations mais à la résistance, avertit Rohani)


Dans quelle mesure les différents groupes et milices (le Hezbollah au Liban et en Syrie, les Houthis au Yémen ou encore les milices irakiennes) s’alignent-ils sur l’agenda de Téhéran dans la région ?

Il existe des différences entre ces groupes. Certains d’entre eux sont composés de combattants de guérillas non étatiques. D’autres ne sont plus que de simples milices – le Hezbollah est autant un « acteur hybride » que le Hachd el-Chaabi en Irak. Ils sont hybrides car ils font partie de l’État : ils ont des représentants au Parlement, même des ministres. Il n’est donc plus juste de parler de ces groupes simplement comme étant des milices. Quel que soit leur rôle dans n’importe quel État, je suis fermement convaincu que ces groupes (non étatiques, hybrides, et autres) ne seront en accord avec les vues de Téhéran que tant que leurs propres intérêts sont respectés. Aucun groupe en dehors de l’Iran ne suit une vision claire en provenance de la République islamique. Il y a une convergence d’intérêts (selon les groupes) : évincer l’Arabie saoudite du Yémen, lutter contre contrer l’État islamique, sécuriser le gouvernement de Bachar el-Assad en Syrie. Ces intérêts communs ont cependant une limite : le contexte national dans lequel se situe chacun de ces acteurs.


Les attaques verbales de Washington visent-elles uniquement Téhéran ou incluent-elles ces groupes et milices?

Ce qui est insupportable pour les États-Unis, c’est que leurs propres politiques et leurs intérêts géopolitiques au Moyen-Orient sont mis au défi par les pouvoirs régionaux. Peu importe que l’opposition vienne d’un gouvernement et d’un groupe non-étatique. Tant que cela posera un challenge à la domination américaine, les États-Unis exerceront une pression sur eux. La République islamique d’Iran a, dès le premier jour, rejeté la présence américaine dans son voisinage et en tant que quel, l’Iran a constitué une menace pour les intérêts régionaux américains. On peut donc s’attendre à ce que cette inimitié persiste. Tout ce que nous pouvons espérer, c’est que la guerre des mots ne se traduise pas en guerre réelle.



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La guerre des mots fait rage entre les États-Unis et l’Iran ces dernières semaines. Elle s’est intensifiée avec le déploiement d’un porte-avions et de bombardiers américains dans le Golfe pour contrer une « menace » en provenance de Téhéran et les incidents, dont de mystérieux «actes de sabotage» contre des intérêts pétroliers dans le Golfe, qui se sont produits...

commentaires (1)

FAUX ET ARCHI FAUX ! LES SUPPLETIFS IRANIENS SUIVENT PAR FANATISME RELIGIEUX POUR... DANS LEUR CROYANCE... COMBATTRE LES MECREANTS ET SE GARANTIR UNE PLACE AU PARADIS AVEC 72 VIERGES POUR CHACUN. LE MATERIEL EST INEXISTANT CHEZ EUX. POUR LES COMBATTRE IL FAUT CREER UNE PENURIE DE VIERGES (LOL) AU PARADIS... BIEN QU,ILS SONT EN FAIT DESTINES POUR LA GEHENNE.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

11 h 02, le 22 mai 2019

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Commentaires (1)

  • FAUX ET ARCHI FAUX ! LES SUPPLETIFS IRANIENS SUIVENT PAR FANATISME RELIGIEUX POUR... DANS LEUR CROYANCE... COMBATTRE LES MECREANTS ET SE GARANTIR UNE PLACE AU PARADIS AVEC 72 VIERGES POUR CHACUN. LE MATERIEL EST INEXISTANT CHEZ EUX. POUR LES COMBATTRE IL FAUT CREER UNE PENURIE DE VIERGES (LOL) AU PARADIS... BIEN QU,ILS SONT EN FAIT DESTINES POUR LA GEHENNE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    11 h 02, le 22 mai 2019