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Culture

Elizabeth Sombart, entre humanité perdue et humanité qui espère

musique

La pianiste française interprète ce soir*, avec l’OPL dirigé par Walid Moussallem, le quatrième concerto de Beethoven.


17/05/2019

Ce soir, sous la coupole de l’église Saint-Joseph à Monnot, une pianiste accomplie au toucher singulier et dont « la musique, au cœur de l’émerveillement », pour reprendre le titre de son ouvrage publié en 1997 et salué par rien moins que Yehudi Menuhin en personne, cherche continuellement à traduire les couleurs, aussi bien sombres que claires, de l’âme, interprétera, avec l’Orchestre philharmonique du Liban sous la direction de Walid Moussallem, le quatrième concerto de Beethoven. Ce concert marquera le commencement d’une rocambolesque épopée pour Elizabeth Sombart, élevée en 2006 au rang de chevalier de l’ordre national du Mérite en France, qui s’apprête à interpréter dans un mois, à Londres, l’intégralité des cinq concertos pour piano de Beethoven. Le quatrième concerto pour piano de Beethoven a été composé entre 1805 et 1806, des années témoins de la naissance d’autres chefs-d’œuvre tels que les quatrième et cinquième symphonies, les trois quatuors Razoumovski, l’Appassionata et l’opéra Fidelio. Le second mouvement de ce concerto évoque une légende de la mythologie grecque selon laquelle le piano représente Orphée affrontant les ombres de l’enfer qui refusent tout d’abord de se plier avant de céder à la pitié. « Ce concerto est très différent des autres. Il est peut-être le plus mystique des cinq. Il a également une forme très particulière par le fait que le mouvement lent est très court, mais, comme on le dit toujours, les vraies grandes douleurs, même les vraies grandes joies d’ailleurs, sont muettes », explique à L’OLJ la pianiste, qui considère ce chef-d’œuvre comme une sorte de dialogue entre l’humanité perdue et l’humanité qui espère. La fondatrice de Résonnance, fondation dédiée à l’apprentissage du piano de haute qualité sans considération d’âge ou de nationalité, poursuit en mettant l’accent sur l’unicité de ce « cri de désespoir » dans toute la littérature pianistique : « C’est le seul désespoir que j’ai joué qui révèle en même temps la plus haute espérance. » Une dualité alors ? « Toute la musique classique est basée sur le majeur et le mineur, sur la dualité qui est aussi la nôtre. La musique classique est là pour nous apporter à travers l’octave la possibilité de retrouver en nous ce paradis perdu, cette unité, et de quitter ainsi le monde de la dualité. »

Très spirituelle, Elizabeth Sombart est donc à la recherche d’une certaine réconciliation intérieure possible, qu’elle considère « très nécessaire aujourd’hui afin de comprendre qu’il y a dans tout désespoir une lumière, et dans toute lutte une victoire possible ». Avouant avec émotion que le Liban occupe une place très spéciale dans son cœur, elle ne manque pas de préciser que ce pays fait également partie de cette dualité : « Il y a quelque chose au Liban qui me touche particulièrement, car je sens ici à la fois la plus grande corruption et la plus grande sainteté, et qui cohabitent d’une manière unique. » Au peuple libanais : « Continuez à être ce que vous êtes, c’est-à-dire des gens libres intérieurement, des gens qui sont capables de faire des concessions sans pour autant toucher à leurs valeurs profondes. » « J’ai reçu un plaisir comme je ne l’ai jamais aimé et je me suis assis à ma place sans bouger un muscle ni même respirer – craignant de faire le moindre bruit », dit Schumann suite à l’interprétation de Mendelssohn du quatrième concerto. Les mélomanes libanais feront-ils de même ?



Église Saint-Joseph

Rue Monnot, à 20h30. Entrée libre.

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M.E

Dans un pays s'essayant un peu à la normalité pareil article mentionnerait le prix des places ou tout du moins que l'entrée est libre. Mais on habitue les gens à l'anormalité de sorte que ce genre d'événement perd sa valeur car ni il n'est exceptionnellement gratuit ni il ne coûte le prix d'un hummous post spectacle. Il n'y a qu'à voir comment ils se comportent pendant le concert. L'orchestre subventionne donc les vendeurs de hummous. Et nos impôts, y compris les impôts de ceux qui n'aiment pas cette musique, financent une activité que la billetterie et les aides devraient financer en priorité. Et les articles de journaux ronronnent.

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