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Économie - Budget 2019

Le Conseil des ministres s’offre une réunion nocturne

Des militaires à la retraite opposés à certaines mesures figurant dans l’avant-projet de loi de finances ont manifesté devant la Banque du Liban.

Le gouvernement a démarré hier sa réunion à 22h. Photo ANI

Le Conseil des ministres s’est réuni hier soir à 22h pour poursuivre l’examen de l’avant-projet de budget pour 2019, à l’issue d’une journée marquée par la disparition du cardinal Nasrallah Sfeir, 76e patriarche maronite, à près de 99 ans, et sur fond de manifestations à Beyrouth.

Une séance nocturne organisée à Beyrouth destinée à « mettre les dernières touches » sur les « questions en suspens », a rapporté le ministre de l’Industrie, Waël Bou Faour, avant de rejoindre les autres membres du gouvernement au Grand Sérail. Le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, a quant à lui déclaré à son arrivée ne pas savoir si la question des baisses de rémunérations dans la fonction publique serait au programme de la réunion, mais que les membres du gouvernement ne comptaient en principe pas adopter de mesures affectant « les ménages à revenus faibles et moyens. »

Il reste qu’au fur et à mesure que la réunion traînait, plusieurs informations relayées par certains médias laissaient entendre que les principaux points devant encore être tranchés seraient sans doute reportés au lendemain, lors d’une onzième réunion organisée en milieu de journée. L’Orient-Le Jour n’a pas été en mesure de confirmer ces informations au moment de passer sous presse, la réunion du Conseil des ministres s’étant prolongée jusqu’après 1h.

Taxe sur les importations

Ainsi, selon la chaîne de télévision al-Jadeed, la décision finale concernant la « mesure n° 3 », un état d’alerte préventif mis en place en 2006 (année de la guerre de 33 jours avec Israël) et prévoyant des compensations financières pour les membres de tous les services de sécurité aurait par exemple été reportée au lendemain, en raison de l’absence du ministre de la Défense Élias Bou Saab, en déplacement à l’étranger. Vendredi, des informations concordantes avaient indiqué que le Premier ministre avait demandé à M. Bou Saab et à la ministre de l’Intérieur et des Municipalités, Raya el-Hassan, de présenter une formule conjointe au Conseil des ministres pour que les modalités d’application de la mesure n° 3 aux membres de l’armée soient distinctes de celles régissant les Forces de sécurité – qui dépendent du ministère de l’Intérieur. Le ministre de la Défense sera en principe de retour au Liban aujourd’hui.

Autre sujet reporté, d’après les informations qui ont circulé : la mise en place d’une taxe supplémentaire sur les importations de certaines marchandises commercialisées au Liban, à l’exception des matériaux et produits utilisés destinés aux industriels locaux. Cette mesure visant à protéger l’industrie libanaise avait initialement été mise en avant par le ministre de l’Économie et du Commerce, Mansour Bteich, qui avait proposé une taxe de 3 % applicable pendant trois ans. Vendredi, MM. Bteich et Bou Faour ont finalement été chargés par le Premier ministre de formuler des propositions dans ce sens. À son arrivée au Grand Sérail, le ministre de l’Industrie a évoqué une taxe « de 2 % », sans plus de précisions.

Enfin, la baisse des rémunérations dans la fonction publique, y compris des salaires et avantages des hauts responsables et des députés, faisaient en principe partie des sujets reportés, selon les informations qui circulaient jusque tard dans la nuit.

Mais les ministres n’étaient pas les seuls à veiller hier soir : des militaires à la retraite, qui s’opposent à certaines mesures figurant dans l’avant-projet de loi de finances – notamment celle prévoyant une ponction mensuelle de 3 % sur leurs pensions de retraite en échange d’une couverture maladie – ont encore manifesté dans la capitale, installant cette fois des tentes devant les locaux de la Banque du Liban. Selon l’Agence nationale d’information, d’autres manifestants, se revendiquant cette fois de la société civile, ont pour leur part tenté de bloquer les accès du Grand Sérail, protégés par les Forces de sécurité. Les représentants des militaires à la retraite ont rejeté tout lien entre leur mobilisation et celle qui s’est déroulée place Riad el-Solh.

Le gouvernement doit adopter un budget pour l’année 2019, qui doit commencer à mettre en œuvre une partie des engagements de réformes pris par les dirigeants libanais lors de la conférence de Paris d’avril 2018 et qui conditionne le déblocage de plus de 11 milliards de dollars d’aides en prêts et dons par les soutiens du pays. Le texte doit notamment amorcer une réduction du déficit public à raison de 1 point de PIB par an pendant cinq ans de suite, alors que le ratio déficit / PIB a atteint 11 % en 2018 (pour un déficit estimé à plus de 6 milliards de dollars, bien que le budget prévisionnel pour 2018 tablait sur 4,8 milliards de dollars).

La nouvelle loi de finances devrait être adoptée avant la fin du mois, le ministère des Finances ne pouvant plus en principe collecter les impôts et décaisser les dépenses de l’État selon la règle du douzième provisoire au-delà du 31 mai, comme le Parlement le lui a autorisé en mars. Il reste que la question de l’assainissement des finances publiques est intimement liée à celle des recrutements illégaux dans la fonction publique. Un dossier dont s’est saisi ces dernières semaines la commission parlementaire des Finances et du Budget présidée par le député Ibrahim Kanaan et qui doit aujourd’hui valider un rapport définitif faisant état, selon lui, de plusieurs milliers d’infractions, notamment en matière de recrutement.

P.H.B.



Le Conseil des ministres s’est réuni hier soir à 22h pour poursuivre l’examen de l’avant-projet de budget pour 2019, à l’issue d’une journée marquée par la disparition du cardinal Nasrallah Sfeir, 76e patriarche maronite, à près de 99 ans, et sur fond de manifestations à Beyrouth.Une séance nocturne organisée à Beyrouth destinée à « mettre les dernières...

commentaires (3)

Moi aussi voudrais savoir s’ils touchent des heures supplémentaires... allez les journalistes, à l’enquête...

Gros Gnon

10 h 22, le 13 mai 2019

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Commentaires (3)

  • Moi aussi voudrais savoir s’ils touchent des heures supplémentaires... allez les journalistes, à l’enquête...

    Gros Gnon

    10 h 22, le 13 mai 2019

  • JE VOURAIS SAVOIR S,ILS TOUCHENT DES HEURES SUPPLEMENTAIRES POUR CES REUNIONS !

    RAISON OBLIGE A SOUTENIR L,OLJ MALGRE SA CENSURE

    09 h 13, le 13 mai 2019

  • "...au fur et à mesure que la réunion traînait..." C'était pourtant à prévoir...commencer à 22h, pour certains après la rupture du jeûne...donc plus ou moins fatigués ! En définitive une séance qui n'a pas servi à grand chose, sauf à donner du boulot aux journalistes. C'est toujours ça de pris...non ? Et vogue le navire Liban, tanguant sur les mêmes vagues de l'incapacité de nos responsables ! Irène Saïd

    Irene Said

    08 h 34, le 13 mai 2019

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