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À La Une - Turquie

Erdogan salue l'annulation du scrutin à Istanbul, l'opposition affûte ses armes

Le nouveau scrutin se tiendra le 23 juin. Il opposera à nouveau le candidat élu Ekrem Imamoglu à l'ex-Premier ministre Binali Yildirim, le candidat de l'AKP qu'il avait battu le 31 mars avec moins de 13.000 voix.



Le président turc Recep Tayyip Erdogan saluant les députés de son parti, mardi 7 mai 2019, à Ankara. AFP / Adem ALTAN

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affiché mardi sa satisfaction d'avoir obtenu l'annulation de l'élection municipale à Istanbul perdue par son parti, au moment où l'opposition se réunit pour établir un plan de bataille.


Après un déluge de recours du parti islamo-conservateur AKP de M. Erdogan dénonçant des "irrégularités massives", le Haut-comité électoral (YSK) a provoqué un séisme lundi en annonçant l'annulation des résultats du scrutin municipal du 31 mars à Istanbul. "Cette décision était la meilleure pour renforcer notre détermination à résoudre nos problèmes dans le cadre de la démocratie et du droit et laisser la volonté populaire arbitrer", s'est félicité M. Erdogan lors d'un discours devant ses députés à Ankara.

Mais le principal parti d'opposition CHP (social-démocrate) a vivement condamné cette décision qui invalide le mandat de son candidat élu, Ekrem Imamoglu, dénonçant un "putsch contre les urnes" et une mesure qui enfonce la Turquie dans "la dictature". M. Imamoglu, 48 ans, devait rencontrer mardi le chef du CHP Kemal Kiliçdaroglu et la dirigeante du parti Iyi (droite), Meral Aksener, qui a soutenu sa candidature lors du scrutin du 31 mars, pour discuter de leur stratégie.

La défaite en mars de l'AKP dans cette mégalopole qu'elle contrôlait depuis 25 ans a infligé un camouflet sans précédent à M. Erdogan, qui a plusieurs fois déclaré dans le passé que "celui qui remporte Istanbul, remporte la Turquie". Pour faire annuler le scrutin à Istanbul, la capitale économique et démographique du pays, l'AKP a fait pleuvoir un déluge de recours sur les autorités électorales, tandis que M. Erdogan multipliait les appels à renouveler les élections.

"Nous croyons sincèrement que les élections ont été marquées par des abus commis de manière organisée", a déclaré mardi M. Erdogan, évoquant "une usurpation de la volonté populaire".
L'AKP a également perdu la capitale Ankara, un revers qui s'explique notamment par la tempête économique qui secoue le pays, avec la première récession en 10 ans, une inflation à 20% et une monnaie qui s'érode.

L'YSK a annoncé lundi que le nouveau scrutin pour Istanbul se tiendrait le 23 juin. Il opposera à nouveau M. Imamoglu à l'ex-Premier ministre Binali Yildirim, le candidat de l'AKP qu'il avait battu le 31 mars avec moins de 13.000 voix.



(Lire aussi : En Turquie, un maire communiste abat des murs et rebat les cartes)




"Incompréhensible"
Pour M. Imamoglu, qui l'a emporté le 31 mars en dépit de conditions de campagne largement déséquilibrées en faveur de son opposant, l'annulation du scrutin sonne comme un coup de massue. Malgré tout, il s'est voulu rassurant et combatif lundi soir, appelant ses partisans rassemblés à Istanbul à "ne pas désespérer". "Nous n'abandonnerons jamais", a-t-il affirmé.

Plusieurs milliers de ses partisans ont manifesté dans la nuit de lundi à mardi à Kadiköy, un district de la rive asiatique d'Istanbul, contre la décision de l'YSK de renouveler l'élection. "C'est l'effondrement de la démocratie déjà en déclin en Turquie. Le processus à venir est condamné à être encore pire", déplore Ali Yamaç, un partisan de M. Imamoglu.

Cette mesure risque de renforcer les accusations de dérive autoritaire contre M. Erdogan, alors que les organisations de défense des droits humains dressent un portrait de plus en plus sombre de la Turquie depuis le putsch manqué de 2016, suivi de purges massives.

Pour le cabinet d'analyse Soufan Center, "la récente ingérence dans les élections est un signal clair (...) qu'Erdogan est déterminé à atteindre un pouvoir absolu quel que soit le prix".

Après la décision de l'YSK, l'Union européenne a exhorté lundi les autorités turques à permettre à des observateurs internationaux de surveiller le nouveau scrutin en juin.
L'Allemagne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Heiko Maas, a jugé "incompréhensible" mardi la décision d'annuler le scrutin.

La décision de renouveler l'élection à Istanbul suscite par ailleurs l'inquiétude des marchés qui pressent le gouvernement turc de consacrer toutes ses forces à relancer l'économie. La livre turque, qui a crevé lundi soir le plafond symbolique de 6 contre un dollar, perdait environ 1,6% de sa valeur contre le billet vert dans la matinée.



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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affiché mardi sa satisfaction d'avoir obtenu l'annulation de l'élection municipale à Istanbul perdue par son parti, au moment où l'opposition se réunit pour établir un plan de bataille.Après un déluge de recours du parti islamo-conservateur AKP de M. Erdogan dénonçant des "irrégularités massives", le Haut-comité électoral (YSK) a provoqué...

commentaires (6)

La Turquie depuis des siècles s'est constitué en machine de "rotation" de "pouvoir".... Des sultans sanguinaires en "jeunes-turcs génocidaires" D'Atatutrk "couvreur" des crimes et "spoliateur" des victimes des génocides en Junte militaires ... De Juntes militaires laïque" (Laïque, mais en réalité profondément islamiste), en "AKP iste" islamo-fasciste ... La rotation se fait ...mais toujours avec les mêmes éléments ... Ce qui change c'est juste le nom, le contenu est toujours le même.

Sarkis Serge Tateossian

15 h 19, le 07 mai 2019

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Commentaires (6)

  • La Turquie depuis des siècles s'est constitué en machine de "rotation" de "pouvoir".... Des sultans sanguinaires en "jeunes-turcs génocidaires" D'Atatutrk "couvreur" des crimes et "spoliateur" des victimes des génocides en Junte militaires ... De Juntes militaires laïque" (Laïque, mais en réalité profondément islamiste), en "AKP iste" islamo-fasciste ... La rotation se fait ...mais toujours avec les mêmes éléments ... Ce qui change c'est juste le nom, le contenu est toujours le même.

    Sarkis Serge Tateossian

    15 h 19, le 07 mai 2019

  • C'est la question que la Republique Romaine se posait déjà : comment éviter trôp de pouvoir dans les mains d'un seul homme ? Il n'y a pas de réponse mais les états essaient normallement d'avoir législation qui interdit que la même personne prend la même position pendant plusieurs années (rotation du pouvoir). C'est pour cela que la nouvelle de la Turquie n'est pas bonne : apparement Erdogan pense qu'une annulation de l'élection municipale est plus important que la rotation du pouvoir ...

    Stes David

    14 h 22, le 07 mai 2019

  • Comme toute bonne dictature qui se respecte ...

    Zeidan

    11 h 01, le 07 mai 2019

  • En terre d'orient, les pays sont soit sous la tutelle de théocraties fanatiques (Iran/Arabie/Turquie, etc..), et si ils se prétendent séculaires (Syrie, Egypte, Iraq...) ils sont Nazi tout cours... Les guerres ne sont pas prêtes de s’arrêter dans la région. Elle ne le feront que faute de combattants.. Les Arabes n'en ont as finis de compter leurs morts! Quel gâchis!

    Pierre Hadjigeorgiou

    10 h 17, le 07 mai 2019

  • L,AUTORITE ELECTORALE PASSE OUTRE A LA DEMOCRATIE ET FLECHIT AUX PRESSIONS DICTATORIALES DU MINI SULTAN ERDO. UNE HONTE POUR LA DEMOCRATIE EN TURQUIE ET UN COUP DE TRAITRISE.

    ABOLIR LA CENSURE = REABONNEMENT ET SOUTIEN.

    07 h 48, le 07 mai 2019

  • Le dictateur Erdogan est bien implanté Il fait et dit ce qu'il veut. Il est chez lui ... Le régime islamo-fasciste a été mis en place allègrement sous les yeux du monde. Les pays libres n'auront jamais de repos ? Allez au travail ! (et avec un grand sourire)

    Sarkis Serge Tateossian

    00 h 24, le 07 mai 2019

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