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Mina, où le bleu est immense, les ruelles sont étroites et les vacances dans l'air

Que faire ce weekend
27/04/2019

Parfois une promenade commence par les narines. Au bout d’un trajet d’une heure et demie en voiture, de Beyrouth à Mina (Tripoli), vous reconnaîtrez, au premier coup de nez, l’odeur salée de la mer. 

Face à la simplicité du paysage et le caractère authentique de cette ville côtière jouxtant le chef-lieu du Liban-Nord, il est très probable que d’anciens souvenirs vous reviennent à l’esprit. Ces promenades, par exemple, que vous faisiez, enfants, avec vos parents : assis sur le siège arrière du véhicule, vous avez hâte d’arriver à destination et rêvez d’une énorme glace… quand soudain apparaît, à l’entrée de la ville, une sculpture étrange. Une sculpture réalisée à partir d’ordinateurs recyclés qui se dresse au seuil d’une ville plutôt simple et traditionnelle. Œuvre conceptuelle de l’artiste Mario Saba installée dans la ville depuis 1995, cette sculpture s’intitule « Le tourbillon ». Un tourbillon grandeur nature puisqu'il s’élève sur sept mètres de hauteur pour un diamètre de quatre mètres. Des ordinateurs, des claviers, des imprimantes, des fils, des CD-Rom et des téléphones… Il faut de tout pour faire un tourbillon d’ordinateurs.

C’est avec cette même capacité qu’ont les enfants d’oublier vite et de se distraire facilement que vous oublierez la sculpture pour vous livrer à votre péché estival favori. Rendez-vous chez le fameux glacier Balha où l’on vous sert un cône croustillant surmonté de crèmes glacées à la vanille et au chocolat ou de sorbets au citron, aux framboises et à la mangue, le tout décoré de pistaches concassées. La paume délicatement serrée autour du cône, vous replongez en enfance. « Je commence par où ? » Quelques minutes plus tard, la glace aura disparu, aussi fugace que les plaisirs d’été.


La nuit aussi

Si Tripoli retrousse ses manches au printemps et expose au soleil ce qu'elle a de plus précieux, Mina, quant à elle, est naturellement baignée de soleil. Face à la vaste étendue de la Méditerranée, vous vous étonnerez de l’étroitesse de ses ruelles qui serpentent en son cœur. En descendant les voies piétonnes, bien que souvent sillonnées par les motocycles, l’odeur stimulante de la mer se fait moins précise, mais plus familière. De temps à autre, vous croiserez une petite place, une terrasse de café où quelques clients, pour la plupart des hommes aux cheveux hésitant entre poivre et sel, bavardent tranquillement, jouent aux cartes ou au tric-trac. C’est dans ce décor, aux pierres blanches et aux portes peintes en bleu, qu’il fait bon marcher, vagabonder et rencontrer les gens de Mina au sourire chaleureux qui vous lanceront un « marhaba » amical. N’ayez surtout pas peur de vous y perdre, les habitants de Mina sont d’une telle bienveillance qu’ils vous ramèneraient chez vous s’il le fallait.

Pour finir votre promenade et reposer vos pieds qui sans doute ne sont plus habitués à marcher dans la capitale, posez-vous dans le café « Warché 13 ». Fondé en novembre 2016, le café est une cave en pierres où les propriétaires accueillent non seulement des clients, mais des travaux d’artistes, des séances de lecture et des ateliers de travail. Vous pouvez y boire un café enfoncé dans un fauteuil ou goûter au plaisir de la première gorgée de bière sur l’une des deux ou trois tables installées en terrasse, sur la rue débouchant sur la mer.

Dès la tombée de la nuit, Mina sombre dans un bleu calme et serein avant que tout le paysage ne disparaisse dans le noir. Ce qui n’est pas une raison suffisante pour vouloir rentrer chez soi. La nuit est encore jeune et avec sa « nightlife », Mina n’a rien à envier à Beyrouth. La rue Minot, comme la Monnot beyrouthine, semble être le dernier bastion des Tripolitains ayant envie d’un verre, de faire la fête ou simplement d’écouter un groupe de musique sans devoir quitter la région et se rendre à Batroun, Jbeil ou Beyrouth.

Samedi soir, rendez-vous au Timmy’s, un pub à Minot où Faraj Hanna, jeune musicien et chanteur-performer, redonne vie, sur scène, aux chansons-souvenirs d’antan. Son buzuq à la main et des étincelles aux yeux, il chantera également ses derniers singles qui connaissent un grand succès tels que Ma Baaref, Bensa ou encore Sar wa’t el jizi. Son show commencera vers 23h. Sonnez à la porte pour que le propriétaire Tamim vous ouvre et vous accueille chaleureusement.


Calme et détente

Après une soirée à Minot, Mina vous propose de passer la nuit au cœur de la ville, toujours dans ces ruelles qui vous sont désormais familières. Beit el-Nessim (La maison de la brise) est une maison d’hôtes fondée et gérée par Nabil et Maya. Avec une patience infinie, ils ont redonné vie à cette belle demeure de 150 ans. Quand vous serez installés sur le toit-terrasse, entouré de clochers, de minarets et d'arbres fruitiers, Mina et tout Tripoli vous rappelleront qu’ils ont toujours été, et resteront, la ville du vendredi et du dimanche, comme l’indique le titre de l’ouvrage de Khaled Ziadeh sur la capitale du Nord.

Comme Maya est artiste et Nabil professeur de yoga, chaque détail de la maison d’hôtes est un hommage à leur passion pour l’art, et de nombreux meubles rappellent les voyages de Nabil en Inde. Ne manquez pas la cuisine proposée à Beit el-Nessim, car les recettes créatives de Nabil font également partie du voyage, ainsi que ses cours de yoga donnés sur place.

Non loin de Beit el-Nessim, l’hôtel Via Mina est un boutique-hôtel de 1 000 m2 situé dans un ancien bâtiment datant de la fin du XIXe siècle, décoré en reprenant le style colonial français. Vous y serez accueillis avec une boisson libanaise et des loukoums. L'atmosphère intime crée par le décor simple et élégant, avec des meubles soigneusement choisis et une lumière tamisée, est délicieusement chaleureuse. Ce boutique-hôtel, qui dispose également d’une piscine, est comme un deuxième chez-soi. Et après une nuit de détente dans cette « aura de quiétude », vous vous réveillerez grâce au pépiement des oiseaux, comme une invitation à un petit-déjeuner à ne pas rater.

Vers midi, l’odeur du poisson vous guidera naturellement chez al-Chate’ el-Feddi, le meilleur restaurant d’el-Mina. Vous y dégusterez des mets fraîchement préparés, en buvant de l’arak, avec une vue sur la mer et les pêcheurs dont le travail et la patience sont à l’origine des plats qui vous sont servis. Pour ceux qui préfèrent dévorer des sandwichs, debout comme les locaux, Abou Fadi est un incontournable qui sert les meilleurs Samké Harra de la ville. Avant de rentrer chez vous, offrez-vous un second cornet de glace à Balha, parce qu’en vacances, tous les plaisirs sont permis.


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

C,EST MA PATRIE. JE SUIS NE A TRIPOLI MAIS J,AI GRANDI ET J,AI VECU A MINA. JE M,Y REND TRES SOUVENT. TOUS MES BEAUX SOUVENIRS VIENNENT DE CETTE VILLE. TRIPOLI ET MINA SONT DE LOIN PLUS BELLES QUE BEYROUTH. LES GENS SONT PLUS ACCUEILLANTS, PLUS HUMBLES ET PLUS FRANCS.

Gebran Eid

TIMMY'S UN CLUB BRANCHÉ, PRIVÉ. LE PROPRIÉTAIRE MONSIEUR OSMAN RAAD, EST UN CANADIEN D'ORIGINE LIBANAISE. SORTIE DE EL-MINA, LE GRAND ARCHITECTE SPIRO ROUHANA, L'ACTEUR GEORGES CHALHOUB, LE PEINTRE JEAN TANNOUS CONNU COMME HANNA. TANNOUSART.COM. WADIH ET BCHARA BARAKETT.....

Amère Ri(s)que et péril.

Les tripolitains, ont dans le ciel ,le bleue
qu'il n'ont pas dans les yeux .

Coeckelenbergh Cartenian

Très jolie mise en lumière de Mina ! Çà réveille de merveilleux souvenirs, rien qu’à vous lire je sentais l’odeur de la mer et du poisson grillé !

John

Le jour ou Tripoli est mise en valeur par ses habitants et par les autorites, Tripoli sera de loin la plus belle ville du Liban avec ses souks et son caractere authentique.

Stes David

J'ai beaucoup aimé Tripoli, son calme et l'atmosphère, surtoût en hiver quand j'étais impressioné du climat doux de Tripoli de 21 dégrees et la vue sur les montagnes impressionantes avec de la neige autour de Tripoli ...

Sarkis Serge Tateossian

Autant de lieux magnifiques à mettre en valeur.

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