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Moyen Orient et Monde

Benjamin Netanyahu, candidat sans limites

Éclairage

Sur la scène locale ou internationale, le Premier ministre israélien a fortement personnalisé la campagne.

David NASSAR | OLJ
08/04/2019

Pour sa septième campagne électorale, Benjamin Netanyahu est fidèle à lui-même. Sous le coup d’une triple inculpation de la justice israélienne, celui qui brigue demain la fonction de Premier ministre pour une cinquième fois – ce qui lui permettrait de battre le record de longévité à ce poste – mène une campagne agressive et dans laquelle il ne semble avoir aucune limite. Samedi soir, le Premier ministre-candidat a affirmé qu’en cas de réélection, il appliquerait « la souveraineté (israélienne) sans faire de distinction entre les (plus grands) blocs de colonies et les colonies isolées ». En d’autres termes, il promet l’annexion d’une bonne partie de la Cisjordanie occupée, contrôlée à 60 % par Israël, et par conséquent la quasi-impossibilité de créer un État palestinien. Il avait déjà affirmé lors des élections de 2015 qu’il n’y aurait « pas d’État palestinien tant qu’il serait Premier ministre ».Benjamin Netanyahu s’adapte à une société israélienne de plus en plus à droite. Ou plutôt, il contribue à la façonner ainsi, année après année, à tel point que personne ne l’incarne aujourd’hui mieux que lui. Il droitise encore son discours alors que son gouvernement est le plus à droite de l’histoire du pays. La phrase choc sur les colonies donne le ton de sa campagne électorale qui, depuis le lancement du compte à rebours pour les élections en février dernier, est allé aussi loin que possible pour courtiser l’électorat de la droite musclée. Il n’a pas hésité en mars dernier à créer la polémique en déclarant qu’ « Israël n’est pas l’État de tous ses citoyens. Selon la Loi fondamentale sur l’État que nous avons passée, Israël est État-nation du peuple juif, et seulement de lui. » Il répondait aux propos du top model Rotem Sela, qui avait affirmé que « les Arabes sont aussi des êtres humains (…) comme le sont les druzes, les gays, les lesbiennes, et même… le choc… les gauchistes ». M. Netanyahu faisait référence à la Loi fondamentale adoptée en juillet 2018, définissant Israël comme « État-nation du peuple juif ».

L’énième offensive de charme envers l’électorat de droite intervient à un moment où les derniers sondages autorisés, vendredi dernier, donnaient le Likoud et ses alliés en tête. Le Premier ministre israélien est « un curieux mélange de politique pragmatique et de positions idéologiques profondes », estime Aaron David Miller, vice-président au Centre Wilson à Washington et ancien conseiller auprès de six secrétaires d’État américains, interrogé par L’Orient-Le Jour. « M. Netanyahu est fondamentalement méfiant envers le monde arabe et certainement des Palestiniens. Il ne présidera pas à la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale », poursuit le chercheur.

En février dernier, et avant la fermeture du dépôt des dossiers de candidature, le Premier ministre avait été l’artisan d’une alliance de petits partis de droite, qui inclut le parti suprémaciste et raciste Otzma Yehudit (Force juive), jusque-là honni de la politique israélienne. Les membres d’Otzma Yehudit sont des disciples du rabbin Meir Kahane, assassiné à New York en 1990. Baruch Goldstein, un disciple du rabbin Kahane, a commis le massacre de Hébron en 1994, tuant 29 fidèles musulmans et en blessant 125 autres en pleine prière. La réhabilitation de ce parti a été motivée par un simple calcul politique. Ensemble, les petits partis de droite ont plus de chances d’atteindre le seuil des 3,25 % requis par la loi israélienne pour rentrer à la Knesset (le Parlement israélien), et c’est sur eux que compterait Benjamin Netanyahu pour former le prochain gouvernement, si le président Reuven Rivlin le lui en donnait la charge à l’issue des élections.


(Lire aussi : « Nous, citoyens arabes israéliens, devons penser comme une minorité »)


« La campagne la plus amère »
Le principal rival de Benjamin Netanyahu, Benny Gantz, se présente comme une « version propre », c’est-à-dire sans problème avec la justice, de « Bibi ». Sur tous les sujets les plus importants, les deux hommes sont sur la même ligne. Le Premier ministre israélien est obligé de radicaliser son discours pour se démarquer. Mais aussi de multiplier les attaques contre cet ancien chef d’état-major et novice en politique, à la tête de la liste centriste Kahol Lavan (Bleu Blanc), issue d’une union annoncée en février dernier entre son parti Hosein l’Yisrael (Résilience d’Israël) et Yesh Atid (Il y a un futur) de Yaïr Lapid. Benny Gantz a été accusé il y a dix jours de fragilité mentale, après la publication d’une tribune dans le Maariv affirmant qu’il avait consulté un psychologue après ses années passées dans l’armée, ce qu’il a démenti. Deux semaines plus tôt, la chaîne de télévision israélienne Channel 12 avait rapporté que le smartphone de Benny Gantz avait été piraté par les Iraniens. La liste Kahol Lavan avait confirmé l’information, précisant néanmoins que les hackers ne détenaient aucune « information sensible ». « Si (Benny) Gantz ne peut pas protéger son téléphone, comment pourrait-il protéger le pays ? » avait attaqué M. Netanyahu. « C’est probablement la campagne la plus amère et la plus personnalisée à laquelle j’ai assisté dans la politique israélienne », note Aaron David Miller. « Ce n’est pas du pragmatisme. C’est un désir, une ambition, une obsession de gagner et de déployer toutes les tactiques imaginables pour cela », ajoute-t-il. Benny Gantz est également accusé par son adversaire de vouloir s’allier avec les partis arabes pour former un gouvernement. Accusation qui a de quoi faire sourire lorsque l’on sait que celui-ci se vante, dans ses vidéos de campagne, d’avoir « renvoyé Gaza à l’âge de pierre ».

(Repère: Les principaux acteurs des élections israéliennes)


Relation personnelle avec Trump et Poutine
Troisième et dernier pilier de la stratégie du Premier ministre israélien, il utilise, à outrance, son atout suprême, avec lequel son adversaire ne peut pas rivaliser : sa stature d’homme d’État. En moins de deux semaines, il a rencontré les présidents américain, brésilien et russe. À chacune de ses rencontres, il a pu obtenir ce qu’aucun dirigeant avant lui n’avait obtenu. À Washington, le président américain Donald Trump a signé un décret reconnaissant la souveraineté d’Israël sur le Golan occupé. À Jérusalem, le Brésilien Jair Bolsonaro a été le premier dirigeant étranger à se rendre au mur des Lamentations en compagnie d’un dirigeant israélien, en l’occurrence le Premier ministre. À Moscou, M. Netanyahu a obtenu le retour de la dépouille du militaire Zachary Baumel, disparu au Liban en 1982. « Il est perçu par la plupart des Israéliens comme le plus qualifié pour être Premier ministre, il a gouverné à une époque de succès relatif pour Israël, sur les plans de la sécurité, de l’économie et de la diplomatie. Il a une relation personnelle avec Donald Trump et Vladimir Poutine », rappelle M. Miller. Malgré la triple inculpation qui pèse sur lui, « s’il gagne largement et qu’il peut mettre en place un gouvernement avec une large majorité (bien plus que les 61 députés sur 120 actuellement), le procureur général pourrait alors être accusé de s’attaquer à la souveraineté du peuple israélien en s’attaquant à Benjamin Netanyahu. Ce n’est pas un argument juridique, c’est un argument politique. Mais c’est un argument puissant », conclut M. Miller.


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ON DIT QUOI ?

Houlala ce nathanmachintruc c'est Tarzan dans la jungle. Lol.

Il arrive même à séduire ses pires ennemis de la résistance libanaise. Lol.

Irene Said

Au cas où...Benny Gantz sait-il danser le tango ?
Irène Saïd

HABIBI FRANCAIS

BIBI =candidat du hezbollah

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