Spécial Orientation professionnelle / Édition 4

L’école de médecine de la LAU : les États-Unis comme modèle

Michel Mawad : Nous recherchons de bons individus qui pourront devenir docteurs, et non l’inverse. Photo DR

02/04/2019

L’école Gilbert et Rose-Marie Chagoury de la Lebanese American University a été presque entièrement construite sur le modèle de la faculté de médecine de Harvard, tant du point de vue de ses bâtiments que de ses méthodes d’enseignement. L’institut dispense ses cours dans les locaux modernes et verdoyants de l’école des sciences de la santé de la LAU à Byblos, qui rassemble également les facultés de pharmacie et d’infirmerie. Michel Mawad, professeur et doyen de la faculté, explique comment l’inspiration américaine permet de donner un cap à l’institution et lui donne le privilège d’être au plus proche des innovations pédagogiques et technologiques outre-Atlantique.

Compétences humaines et relationnelles

Le système d’enseignement de la faculté de médecine, tout comme celui de l’Université américaine de Beyrouth, répond aux critères de la formation médicale américaine. L’école s’adresse donc aux étudiants ayant réalisé un cursus diplômant au niveau du bachelor, soit généralement quatre ans. Les aspirants médecins peuvent suivre au Liban ces cours hors du système américain, mais la validation de plusieurs cours scientifiques est requise. « Les candidats peuvent aussi avoir fait de l’anthropologie, de la communication. On ne cherche pas seulement à former des médecins, mais des gens ayant une éducation complète », précise le professeur.

Les aspirants médecins doivent par ailleurs avoir réussi le Medical College Admission Test (MCAT), un examen payant dont l’obtention permet de postuler aux écoles de médecine américaines. À Byblos, des entretiens permettent de repérer les éléments les plus à même de répondre aux critères de compétences humaines et relationnelles fixées par la faculté. « Nous recherchons de bons individus qui pourront devenir docteurs, et non l’inverse. Cela leur permettra de s’adresser aux familles, de comprendre le patient dans sa globalité », précise Michel Mawad.

Une fois acceptés, les étudiants suivent un cursus de quatre ans qui leur permet d’obtenir le titre de docteur en médecine (MD), avant d’entamer des stages post-universitaires ou des résidences, selon la spécialisation choisie. La proximité avec le système américain représente alors un réel atout, à travers les nombreux partenariats dont bénéficie la faculté avec des établissements hospitaliers et universitaires américains. Ces derniers peuvent accueillir les étudiants de la LAU pour y réaliser leurs stages et leurs internats ou effectuer des programmes de recherche.

Une pédagogie « à l’américaine »

La parenté de l’école Gilbert et Rose-Marie Chagoury avec le système américain se retrouve jusque dans les méthodes pédagogiques. La faculté met ainsi en avant la méthode du « problem-based learning », ou apprentissage par la résolution de problèmes, qui vise à utiliser des cas cliniques concrets pour enseigner la médecine. La moitié d’un étage de la faculté se consacre ainsi à la simulation clinique grâce à des mannequins capables de reproduire certaines caractéristiques physiologiques du corps humain. Suivant la même logique, la faculté propose des cours en partenariat avec l’école de théâtre de la LAU, durant lesquels les futurs comédiens doivent endosser le rôle d’un malade imaginaire. Les étudiants en médecine doivent alors user de leurs compétences médicales, mais aussi humaines et relationnelles pour diagnostiquer le patient.

La faculté entretient par ailleurs des liens forts avec un réseau de professionnels et d’instituts américains, qui s’enrichit grâce au recrutement de nombreux talents issus d’universités américaines prestigieuses. « Notre objectif est de réaliser un transfert de connaissances et de technologies depuis les cultures occidentales. » La faculté organise ainsi au profit de ses étudiants des vidéoconférences hebdomadaires avec un centre hospitalier situé au New jersey, explique le doyen. Un dispositif qu’il aimerait voir se développer dans le futur.

Directement venues des grands campus de recherche américains, l’intelligence artificielle et la bio-informatique chamboulent depuis peu les cursus universitaires. Pour préparer le terrain à l’impact de ces innovations dans le champ médical, la faculté Gilbert et Rose-Marie Chagoury mène un projet inédit visant à faire naître un cours commun sur ces thématiques avec la faculté d’ingénierie de la LAU. L’ambition est d’habituer les jeunes étudiants à travailler de manière transdisciplinaire sur ces techniques avec comme objectif, pour les étudiants en médecine, leur utilisation dans le cadre de traitement de maladies. L’école Gilbert et Rose-Marie Chagoury entrera alors à nouveau dans le sillon des grandes universités américaines, comme celles de Stanford ou du Wisconsin, en pointe sur ces questions.


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