Spécial Orientation professionnelle / Édition 4

Médecin gériatre, une profession encore peu développée mais de plus en plus nécessaire

Photo Bigstock

02/04/2019

Spécialisation médicale revêtant une importance indéniable, la médecine gériatrique est une filière encore peu développée mais qui s’avère de plus en plus vitale à l’ombre des multiples contraintes de la société moderne. Il s’agit là d’une spécialité en médecine qui revêt une importance capitale. Patricia Fadel a accepté de partager sa passion pour la profession et d’en expliquer les enjeux.

Nature du métier

La médecine gériatrique est la médecine des personnes âgées qui prend en compte tous les aspects du vieillissement, allant de la santé au cognitif en passant par les aspects social et humain, parallèlement à la mobilité de la personne en question. La gériatrie est essentielle en médecine, et dans la plupart des pays, il s’agit d’une filière à part entière, c’est-à-dire que ce domaine existe pour chaque spécialisation médicale. Il est ainsi possible de trouver un cardiologue gériatrique, ou alors un oncologue gériatrique. La filière en tant que telle n’existe pas au Liban, et il s’agit ici d’un point faible de la médecine locale.

Le travail du médecin gériatre est assez large. Il doit être capable de s’occuper d’une multitude de pathologies liées à la vieillesse, tant en ce qui concerne les pathologies aiguës que chroniques, ou aussi ce qui a trait à la rééducation et aux problèmes de mémoire, notamment l’alzheimer. Patricia Fadel, médecin gériatre, travaille à Age Optimum, à Hadeth. Chaque jour, elle s’occupe de personnes âgées en leur venant en aide sur le plan médical. « Le médecin gériatre a un rôle important à jouer dans la gestion de la vieillesse », souligne-t-elle. En effet, le but est de faire en sorte que le vieillissement soit optimal, que la personne puisse être en bonne santé, qu’elle puisse se déplacer et avoir une vie sociale. En résumé, être encore autonome. Dans ce cadre, le médecin gériatre peut travailler dans un centre gériatrique ou bien dans les hôpitaux en consultation, mais il effectue également beaucoup de visites à domicile.

Compétences et qualités requises

Au Liban, afin d’exercer ce métier, il est nécessaire d’avoir achevé les sept années de médecine puis de se spécialiser soit en médecine de famille, soit en médecine interne, sur une durée de quatre ans. Il est possible de se spécialiser en médecine gériatrique sur une durée de deux ans. Cette spécialisation a été instaurée au Liban seulement en 2013-2014, et de ce fait elle n’est pas encore bien implantée. Patricia Fadel conseille vivement aux jeunes diplômés de « partir à l’étranger pour se spécialiser et avoir des connaissances approfondies sur la filière gériatrique en général ». « J’adore mon travail, il faut aimer les personnes âgées, mais surtout avoir un bon sens du relationnel et être patient avec eux », souligne la gériatre.

Difficultés et défis

Selon Patricia Fadel, l’un des facteurs qui se révèlent difficiles est le fait de devoir gérer les familles des patients. En effet, au Liban, les choix de la famille sont extrêmement importants mais parfois ne coïncident pas toujours avec la réalité médicale. « Il est nécessaire d’éviter toute forme d’acharnement thérapeutique et il est très difficile de faire comprendre cela à la famille, relève-t-elle. C’est là où réside parfois le volet le plus dur du travail de médecin gériatre, en l’occurrence savoir gérer toute forme d’anxiété relative au patient ou à la famille. »

Avantages

Le métier de médecin gériatre possède une particularité que certaines autres spécialisations n’ont pas, à savoir qu’il s’agit d’une carrière fondamentalement pluridisciplinaire. Patricia Fadel estime qu’il s’agit là d’un énorme avantage. Qu’il s’agisse de la santé, du cognitif ou encore du social, la vieillesse doit être prise en compte de plusieurs façons. C’est un atout indéniable pour ceux qui n’aiment pas se restreindre à un seul type d’activité et qui préfèrent toucher un peu à tout. L’autre avantage réside dans le fait qu’il y a une augmentation de l’espérance de vie et cette augmentation doit suivre aussi une amélioration de la qualité de vie. Il en résulte que les médecins gériatres sont de plus en plus essentiels.

Débouchés

Au Liban, la question ne se pose pas en termes de débouchés mais de nécessité. Le pays souffre d’un manque de gériatres, mais aussi de filière gériatrique de manière générale. Les personnes âgées ne sont pas bien prises en charge et pourtant, de plus en plus, il est nécessaire de mettre en place les services appropriés pour gérer le vieillissement. Qui plus est, la population tend à vivre plus longtemps et il est important de disposer d’établissements et de professionnels capables d’assurer une bonne qualité de vie.



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