Spécial Orientation professionnelle / Édition 4

L’insertion professionnelle vue par les employeurs

Photo Marwan Assaf

L’économiste Samir Nasr, fondateur et directeur du bureau Études et consultation économiques, suggère quelques clefs aux jeunes Libanais pour se préparer au mieux à un environnement professionnel changeant et compétitif.

02/04/2019

Fin connaisseur des attentes des employeurs, Samir Nasr, fondateur et directeur du bureau Études et consultation économiques (ECE Consultants), a travaillé avec des centaines d’entreprises au Liban comme à l’étranger. Dans les locaux de la société qu’il a fondée à Beyrouth, l’économiste de formation livre aux jeunes Libanais ses conseils pour préparer au mieux leur entrée sur le marché du travail. « Au Liban comme à l’étranger, les postes sont rares et les entreprises sont doublement exigeantes, du point de vue des compétences comme des conditions d’embauche », prévient-il. Mais pas question de céder au pessimisme : il rappelle qu’il y a toujours des opportunités, à condition de savoir ce que l’on veut et de multiplier les cordes à son arc.

Les expériences associatives et professionnelles valorisées

À l’heure où l’on presse les jeunes de choisir très tôt leur voie, Samir Nasr considère qu’une spécialisation trop prononcée et précoce n’est pas efficiente. « Pour réduire les coûts et augmenter l’efficacité, beaucoup d’employeurs ont recours à des salariés multitâches, c’est-à-dire qu’on demande à la même personne des missions qui recouvrent normalement deux postes », indique celui qui préside également un fonds d’investissement à destination des start-up émergentes. Samir Nasr conseille ainsi aux jeunes d’acquérir des bases solides dans un domaine défini, mais d’attendre leur premier poste avant de se lancer dans l’acquisition de compétences pointues, notamment par le biais de la formation continue.

Un autre atout est de pouvoir témoigner d’activités associatives, artistiques ou sportives, qui attestent d’un savoir-être complémentaire au savoir-faire. « Les entreprises recherchent des profils capables de rebondir sur les problèmes, trouver des solutions ; le fait d’aérer un peu sa formation par d’autres expériences est capital », explique-t-il. Exit, donc, les heures passées les yeux rivés sur les manuels scolaires. « Savoir que la personne n’a pas seulement lu des livres pendant ses études est fondamental, cela permet de révéler une dimension plus humaine du candidat », poursuit-il.

Autre incontournable : l’expérience à l’international, qui prouve une capacité d’adaptation. Ces premiers pas loin du cocon familial permettent aussi aux étudiants de développer leur propre réseau, une plus-value essentielle aux yeux des employeurs que Samir Nasr appelle « l’exposure », qui doit être locale comme internationale.

Construire son plan de carrière

Dans un environnement compétitif, il préconise aussi de se fixer des caps, voire de définir un plan de carrière avec des objectifs professionnels à atteindre. Mais comment faire son choix dans le dédale des formations et des métiers possibles ? « Ça devrait être le travail des universités, des unités d’orientation. Je regrette toutefois qu’il n’y ait pas davantage de dialogue entre le monde du travail et les formations », déplore l’économiste.

En réalité, des embauches sont possibles dans presque toutes les filières. Citant le rapport volumineux du consultant américain McKinsey sur l’économie libanaise, Samir Nasr évoque pêle-mêle le tourisme, le numérique, la bijouterie, la mode, l’économie de la connaissance ou les services financiers comme étant susceptibles de connaître un essor. « Ce qui doit être le plus important pour les jeunes, c’est de sentir que leur formation a un sens professionnel et un aboutissement concret », selon ce chef d’entreprise. Enfin, une fois le diplôme en poche, inutile d’attendre que l’horizon s’éclaircisse en poursuivant indéfiniment ses études. « Mon conseil est d’accepter un emploi, même sous-qualifié, afin d’accumuler une expérience en attendant des jours meilleurs », estime l’économiste. Car une fois formés et devenus indispensables dans l’entreprise, les nouveaux arrivants peuvent rapidement progresser. « Les entreprises font confiance aux jeunes, parce que c’est du sang neuf, qu’ils sont plus travailleurs et ont une ouverture sur le monde importante », assure celui qui travaille au quotidien avec des firmes locales et internationales.


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