X

À La Une

"On vit de nouveau ensemble": le timide espoir d'une religieuse en Syrie

témoignage

Les chrétiens ne représentent plus que 2% de la population en Syrie contre 8%, soit 1,5 million de personnes, avant le début du conflit, selon l'AED.

OLJ/AFP/Juliette VILROBE
28/03/2019

"Cette année, nous avons pu souffler": installée en Syrie, la soeur Mona Aldhem se réjouit d'une certaine accalmie pour les chrétiens du pays et espère le retour des familles qui ont fui la guerre et les persécutions du groupe État islamique (EI).

"Ceux qui ont fui dans des pays voisins ont commencé à regagner le pays mais la plupart des chrétiens sont partis loin, en Europe, au Canada, en Australie... Je suis en contact avec certaines familles et elles ont cette envie de revenir mais ne savent pas quand. Pour elles, la sécurité de leurs enfants prime", confie à l'AFP cette religieuse installée dans le sud du pays.

Cette membre de la congrégation des Soeurs de la Charité de Sainte Jeanne-Antide Thouret était à Paris pour témoigner mercredi de la situation en Syrie à l'invitation de l'association Aide Eglise en détresse (AED) qui lutte contre les violences et discriminations antichrétiennes dans le monde.

Malgré la guerre qui ravage le pays depuis 2011, elle a voulu rester en Syrie pour "soutenir le peuple", tout en essayant de garder les élèves de son école gréco-catholique à l'abri, d'aider les réfugiés à Damas et de convaincre les chrétiens de ne pas fuir à l'étranger par peur des représailles et du conflit.

Pendant la période de son "califat", dont la chute a été actée samedi, l'EI a eu recours à des enlèvements de masse contre les communautés chrétiennes et à la destruction d'églises. Et les chrétiens ont comme le reste de la population souffert du meurtrier conflit en Syrie, qui a fait plus de 370.000 morts.


(Pour mémoire : Baghouz, le village syrien où le "califat" a rendu l'âme)


"Paix relative"

"Je ne compte pas le nombre de bombes qui sont tombées à proximité de notre école patriarcale gréco-catholique, qui accueillait 2.300 élèves dans la banlieue de Damas avant la guerre. Nous avons dû déménager à l'intérieur de la capitale, mais même le centre-ville était un lieu de bataille", dit la soeur Mona, qui a fait une partie de ses études en France.

Résultat: les chrétiens ne représentent plus que 2% de la population en Syrie contre 8%, soit 1,5 million de personnes, avant le début du conflit, selon l'AED.

"Un jour, c'est une bombe qui tombe sur une autre école catholique, plus tard c'est un bus transportant 20 de nos professeurs qui est touché par un obus, puis un élève qui s'est fait tirer dessus... c'était très difficile", témoigne la religieuse, qui se réjouit d'une légère amélioration de la situation pour ses co-religionnaires.

"Aujourd'hui, on vit de nouveau ensemble, nous avons une paix relative à Damas et dans le sud du pays, on espère que cela va continuer", sourit-elle.

Dans le Hauran, sa région natale du Sud, les célébrations de Noël ont pu avoir lieu en 2018 dans une ambiance "de calme et de sérénité". Sans étendre cette situation au reste du pays, la religieuse se félicite d'un retour à une certaine sécurité: "Avant, nous n'osions pas laisser sortir les scouts, en 2018 ils ont fait plusieurs processions".

Depuis le sud de la Syrie, il lui est impossible de connaître la situation dans le reste du pays et elle ne cache pas une certaine inquiétude pour l'avenir malgré la chute de l'EI.

"On peut dire ce qu'on veut dans les médias sur la défaite de l'EI mais la réalité est parfois différente sur le terrain. Je ne sais pas comment cela se passe dans le nord ou l'est de la Syrie, j'espère juste que la paix viendra."

Pour elle, la prochaine étape est de reconstruire les maisons et églises détruites, notamment avec l'aide de l'AED. Selon l'association, dans la seule ville de Homs, 250.000 chrétiens ont fui et 12.500 maisons ont été détruites.



Notre série


À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Sarkis Serge Tateossian

Hélas ... les premières victimes d'un conflit c'est toujours les minorités, (les plus fragiles)

D'où leur départ vers des cieux plus cléments, plus tolérants ...

Ils sont déjà pour beaucoup au Canada, en France, dans les pays arabes et d'autres en Arménie ...

C'est un gâchis énorme pour cette région hélas.

Un conflit armé commence par des regrets et fini par des regrets ....

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Budget : le face-à-face Gebran Bassil-Ali Hassan Khalil

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants