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Campus

Les séries télé cherchent leurs Balzac et leurs Dumas libanais de demain

FORMATION

Les partenaires de la Formation internationale à l’écriture de séries télévisées (Fiest), un diplôme universitaire transnational et intersectoriel proposé au Liban à l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA), se sont réunis à Beyrouth pour discuter d’un projet pédagogique innovant qui inclut six pays différents.

16/03/2019

Les accros aux séries télévisées vont se régaler, et ceux qui rêvent d’en être les auteurs vont enfin peut-être pouvoir réaliser leur rêve... Il y a à peine quelques mois, l’ALBA, en partenariat avec la Conférence permanente de l’audiovisuel méditerranéen (COPEAM), France Télévision et plusieurs universités, écoles et instituts d’audiovisuel en Italie, en France, en Belgique, au Maroc et en Tunisie, a lancé la Fiest, une formation universitaire originale, gratuite et reposant sur un système d’ECTS (système européen de transfert et d’accumulation de crédits) d’une durée d’une demi-année, de novembre à juin. « Une partie de ces crédits s’obtient en assistant aux ateliers proposés et une autre via l’e-learning », explique Micol Campaldi, responsable formation à la COPEAM, instigatrice du projet. Une formation identique et synchronisée dans 5 lieux d’enseignement différents répartis autour de la Méditerranée, comme en témoigne Jean-Louis Dufour, directeur de l’École nationale supérieure d’audiovisuel de Toulouse (Ensav). « Les étudiants ont la chance de rencontrer des professionnels du métier qui ont enregistré leur témoignage et qui partagent leur expérience professionnelle dans le domaine de l’écriture de séries, rencontres complétées par une formation en présentiel auprès de tuteurs. »

En plus de cet aspect moderne de la Fiest qui se fait donc en partie par vidéos internet, un des grands avantages qu’elle propose est de permettre la concrétisation d’un projet personnel travaillé et confectionné au cours de la formation : le diplôme s’achève avec un préprojet de série en main, une ossature écrite et qu’on appelle dans le jargon la bible. « Des professionnels de télévision, des producteurs, verront le travail de l’étudiant pour voir s’il y a des opportunités de développement à partir des idées issues de la formation », poursuit Micol Campaldi. C’est, entre autres, là qu’intervient le partenariat avec France Télévision, qui éventuellement pourrait être intéressé pour diffuser un projet. « Ça dépendra évidemment de la qualité du projet. Mais, en tout cas, France Télévision nous donne des retours et des fiches critiques sur les trois étapes d’écriture qui constituent le socle de la formation : le concept, la bible et l’épisode pilote. »


Transcender les nations
Il faut noter toutefois que la Fiest n’est accessible qu’avec une licence déjà en poche, et que les places sont limitées, quoique ouvertes à tout type de profil. Suite à une épreuve écrite et un entretien oral, six élèves par école sont sélectionnés, ce qui fera trente élèves au total qui pourront suivre cette formation donnée exclusivement en français. Alain Brenas, directeur de l’école de cinéma et de réalisation audiovisuelle de l’ALBA, raconte : « Le concept de la Fiest, finalement, consiste à tester des formats d’enseignement originaux, c’est une expérience novatrice qu’il a été possible de mettre en place grâce au financement d’Erasmus (NDLR : un programme d’échange d’étudiants et d’enseignants entre les universités européennes et internationales). Et puis, participer à une œuvre qui peut être réalisée et diffusée par la suite, c’est assez exaltant pour les étudiants. » Et d’ajouter : « Au Liban, il y a un vrai besoin de former des scénaristes, car il y a une attente au niveau de la série. On voudrait que ce pays conserve son rôle de pivot sur le pourtour méditerranéen. Nous cherchons à mettre en place une écriture qui dépasse les frontières et qui s’adresse à tous. La Méditerranée a toujours été un lieu de rencontre et d’échanges... Il y a des problématiques partagées au niveau des contenus scénaristiques et au niveau professionnel dans les productions de la région. »

L’idée, la philosophie de la formation, est de permettre l’acquisition d’un savoir-faire dans l’écriture de série qui transcende les nations, et qui puisse « marcher à l’international, avec une base universelle », souligne Micol Campaldi : « Prenez l’exemple de la série italienne Gomorra, qui est très locale, très spécifique dans son ancrage napolitain. Elle a pourtant très bien fonctionné à l’international, parce qu’il y a quelque chose d’universel dans l’histoire, dans les personnages, dans les messages qui la rend intéressante pour n’importe quel public. On pourrait avoir une histoire libanaise qui toucherait le monde entier. »



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