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Culture

Les expos de la semaine, à Beyrouth

« Mont Sannine » (huile sur toile, 120 x 180 cm) de Jasmine el-Khoury.

La nature (libanaise) fauve de Jasmine el-Khoury

Elle ne fait pas dans la demi-mesure, Jasmine el-Khoury. Ni dans les demi-tons. Et même l’intitulé de son exposition, qui se tient à la galerie Aïda Cherfan jusqu’au 28 mars, « La nature, poumon du Liban », annonce la couleur : forte, contrastée, d’un fauvisme souvent dominé par des tonalités pourpres et mauves. Un chromatisme intense et peu conventionnel qui reflète, en quelque sorte, la crépusculaire beauté de la nature libanaise. Libanaise de père, Suédoise par sa mère et Française d’élection, l’artiste, qui a passé quasiment toute sa vie à l’étranger, garde un viscéral attachement à sa terre natale. À l’invitation de Aïda Cherfan, elle est venue passer quelque temps au Liban, qu’elle a sillonné, du nord au sud, pour retranscrire, à sa manière, dans un mélange d’images de carte postale revisitées d’un pinceau dense et incandescent, ses emblématiques paysages : Tyr, Byblos, la réserve des Cèdres, la Vallée sainte ou encore l’ancienne baie de Jounieh… Cela donne une quinzaine de grandes toiles à l’huile (et quelques petites) d’une facture inégale et cependant d’une vigueur d’expression qui séduit ou énerve, mais ne laisse pas indifférent. Un lot duquel sortent, incontestablement, la pièce en vitrine intitulée Mont Sannine (120 x 180 cm) et les si séduisantes peintures des cèdres qui résonnent toujours sur la fibre nationale…

« La nature, poumon du Liban » de Jasmine el-Khoury à la galerie Aïda Cherfan, Saïfi, rue Georges Haddad, imm. Beirut Harbor.

La mémoire laminée de Besher Koushaji

Baptisée « Scène », l’exposition des œuvres de Besher Koushaji, jusqu’au 30 mars, à la galerie Art on 56th, renvoie plus à un art du portrait et du paysage, revisités à la sauce contemporaine, qu’à des peintures de scènes de genre. Sauf que malgré le minimalisme et l’épure des fonds dans lesquels il place ses personnages, il se dégage des toiles de cet artiste syrien des ambiances nostalgiques très sixties. Cette femme à la coiffure en casque assise près de son téléphone à cadran en plastique rouge, cette autre dont le buste se détache sur un horizon indéfini et qui, le visage tourné aux trois quarts vers le spectateur, semble l’interpeller d’un regard énigmatique et lointain… Ou encore ce couple représenté à la façon des photographies anciennes…Tous ces visages du passé, Besher Khoushaji les recouvre de bandes de peinture grises, noires et blanches, pour un effet flouté. Comme une allégorie de cette mémoire laminée que le jeune homme de 35 ans, installé depuis la guerre syrienne en Jordanie, essaye en vain de capturer.

Une seconde série de paysages urbains, traités toujours avec cette même technique de superposition transparente de bandes de couleur, diffuse un effet moins émotionnel et plus géométrisant…

Art on 56th, rue Youssef Hayek, Gemmayzé.


La nature (libanaise) fauve de Jasmine el-Khoury

Elle ne fait pas dans la demi-mesure, Jasmine el-Khoury. Ni dans les demi-tons. Et même l’intitulé de son exposition, qui se tient à la galerie Aïda Cherfan jusqu’au 28 mars, « La nature, poumon du Liban », annonce la couleur : forte, contrastée, d’un fauvisme souvent dominé par des tonalités pourpres et...

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