Liban

"Le mariage civil pas la guerre civile", réclament des dizaines de manifestants à Beyrouth

 "Je veux me marier civilement au Liban car j'ai la phobie de l'avion", pouvait-on lire sur une pancarte brandie par certains manifestants. 

"Le mariage civil pas la guerre civile", peut-on lire sur la pancarte tenue par cette manifestante libanaise, à Beyrouth, le 23 février 2019. AFP / ANWAR AMRO

Des dizaines de personnes ont manifesté samedi à Beyrouth pour appeler l'Etat à reconnaître les mariages civils célébrés sur son territoire, sur fond d'une nouvelle polémique autour de la légalisation des unions non religieuses au Liban.

Les manifestants ont brandi des pancartes arborant divers slogans : "Le mariage civil pas la guerre civile", en allusion au conflit qui a secoué le pays de 1975 à 1990, ou encore "Je veux me marier civilement au Liban car j'ai la phobie de l'avion".

De nombreux couples libanais se rendent généralement dans les pays voisins, notamment à Chypre, pour conclure une union civile. Au Liban, seuls les mariages religieux, chrétiens et musulmans, sont autorisés et enregistrés auprès des tribunaux de chacune des 18 communautés religieuses reconnues dans le pays. Les mariages civils ne peuvent y être contractés, mais une fois conclus à l'étranger, ils sont enregistrés dans les fichiers d'état-civil.


(Lire aussi : Mariage civil : Raï en faveur d'une "loi civile unique pour tous les Libanais")


La nouvelle ministre de l'Intérieur, Raya el-Hassan, a toutefois ouvert une brèche en se prononçant récemment en faveur du mariage civil. "Personnellement, je suis pour qu'il y ait un cadre régulant le mariage civil", avait affirmé la semaine dernière Mme el-Hassan lors d'une interview sur la chaîne Euronews. "Je vais essayer d'ouvrir la porte pour un dialogue sérieux et profond", avait-elle promis, y compris "avec toutes les instances religieuses (...) pour que le mariage civil soit reconnu".

Les réactions ne se sont pas faites attendre, notamment dans les milieux religieux. "Nous refusons le mariage civil parce qu'il va à l'encontre de la charia" (loi islamique), a rétorqué Dar el-Fatwa. Le conseil supérieur chiite lui a emboîté le pas, posant également son veto.

Le projet a toutefois été favorablement accueilli par le patriarche maronite, Béchara Raï, qui s'est dit en faveur d'un "mariage civil mais sur la base d'une loi contraignante.

En 2013, le ministère libanais de l'Intérieur avait défrayé la chronique en enregistrant un premier mariage civil célébré au Liban, renforçant l'espoir d'une éventuelle légalisation.
En 1998, le gouvernement libanais avait approuvé un projet de loi instaurant le mariage civil dans le pays. Celui-ci avait toutefois tourné court en raison de son rejet catégorique par les autorités religieuses, qui pèsent traditionnellement sur l'échiquier politique local. 



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Des dizaines de personnes ont manifesté samedi à Beyrouth pour appeler l'Etat à reconnaître les mariages civils célébrés sur son territoire, sur fond d'une nouvelle polémique autour de la légalisation des unions non religieuses au Liban.

Les manifestants ont brandi des pancartes arborant divers slogans : "Le mariage civil pas la guerre civile", en allusion au conflit qui a...

commentaires (2)

L,UN N,A RIEN A VOIR AVEC L,AUTRE... TROUVEZ UN AUTRE SLOGAN !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

11 h 41, le 24 février 2019

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Commentaires (2)

  • L,UN N,A RIEN A VOIR AVEC L,AUTRE... TROUVEZ UN AUTRE SLOGAN !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    11 h 41, le 24 février 2019

  • Il y a une grosse blague qu'on a l'habitude de se faire, quand on vient nous annoncer le mariage d'une personne , très souvent on répond " contre qui il se marie " . Dans le fond un aveu de mariage cache toujours le début d'une déclaration de guerre camouflée. Potentiellement , ohhhhh on rigole un peu .

    FRIK-A-FRAK

    09 h 46, le 24 février 2019