X

À La Une

Pourquoi l'offensive des FDS contre l'EI piétine en Syrie ?

Conflit

Les combattants du groupe jihadiste ne tiennent plus que quelques maisons, des terrains agricoles et une sorte de camp fait de tentes de fortune, mais beaucoup d'entre eux sont retranchés dans des tunnels et des sous-sols.

OLJ/AFP
20/02/2019

Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) sont désormais acculés dans une minuscule poche dans l'est de la Syrie, mais l'offensive menée par une alliance arabo-kurde piétine, en dépit du soutien d'une coalition internationale emmenée par Washington. Pourquoi un tel enlisement?


Où en est l'offensive ?

En septembre, les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS) ont lancé une offensive contre le dernier bastion de l'EI dans la province de Deir Ez-Zor. Ils sont appuyés par les raids aériens de la coalition internationale. Au fil des mois, malgré les contre-attaques meurtrières des jihadistes, les FDS ont progressivement reconquis toutes les localités de ce fief, situé tout près de la frontière irakienne.

Le 9 février, un porte-parole des FDS avait annoncé la bataille "finale", pronostiquant une victoire "dans les jours à venir". Et samedi, un haut commandant des FDS a annoncé que les jihadistes étaient désormais assiégés dans une zone d'un demi-kilomètre carré, qui englobe une poche dans le village de Baghouz.

Mais depuis une semaine, les raids aériens et les frappes d'artillerie sont "quasi à l'arrêt", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Il y a des affrontements sporadiques", a confirmé mardi à l'AFP un porte-parole des FDS, Adnane Afrine. Les combattants de l'EI ne tiennent plus que quelques maisons, des terrains agricoles, et une sorte de camp fait de tentes de fortune. Des journalistes de l'AFP ont vu, depuis les positions des FDS, des hommes et des femmes se déplacer dans ce secteur. Mais beaucoup de jihadistes sont retranchés dans des tunnels et des sous-sols.

Il y a des combattants, notamment des étrangers. Mais aussi des "centaines" de civils qui sont utilisés comme "boucliers humains", assurent les FDS et la coalition internationale. "Parmi les étrangers il y a des Irakiens, des Turcs, et des Européens", indiquait récemment à l'AFP M. Afrine, évoquant aussi la présence de Français et d’Égyptiens.



Quels obstacles ?

"Il n'y a aucun moyen d'affronter ce qui reste de l'EI à Baghouz sans une opération directe, qui nécessiterait un soutien de l'aviation et de l'artillerie, qui finirait par tuer presque tout le monde", résume Nicholas Heras, expert du Center for a New American Security.

Pour les FDS et la coalition internationale, c'est la présence des civils --principalement des familles de jihadistes--, qui a entraîné un ralentissement des opérations. Désormais, avant de repartir à l'assaut, la "stratégie est d'évacuer les civils", martèle M. Afrine. "Ce sont les proches de l'EI et les familles de l'EI, mais pour les FDS, nous les considérons comme des civils", souligne le porte-parole. L'ONU avait exprimé mardi sa "vive préoccupation" au sujet de quelque "200 familles, dont plusieurs femmes et enfants, qui sont apparemment pris au piège".

"Nous avons diminué nos raids pour aider les civils", avait récemment reconnu le porte-parole de la coalition, Sean Ryan. Pour expliquer le ralentissement des opérations, le responsable américain fait également état de "nombreux tunnels", de mines et des attentats kamikazes lancés par les jihadistes.

Mi-février, le colonel François-Régis Legrier, commandant des artilleurs français appuyant les forces kurdes en Syrie, avait estimé que la victoire aurait pu être obtenue plus vite si les Occidentaux avaient engagé des troupes au sol.



Négociations ou capitulation ?

Mardi, l'OSDH a fait état de "négociations" entre les FDS et les jihadistes, qui réclameraient un "corridor de sortie". L'Observatoire n'était pas en mesure de préciser vers où ces combattants aimeraient aller.

Une source au fait des opérations militaires anti-EI indiquait lundi à l'AFP que des "centaines" de combattants de l'EI auraient réclamé leur transfert vers la province d'Idleb (nord-ouest), tenue par un autre groupe jihadiste dans le nord-ouest de la Syrie. Cette proposition aurait reçu une fin de non-recevoir, selon cette source ayant requis l'anonymat. L'AFP n'a pu obtenir aucune confirmation officielle de ces informations auprès des forces engagées dans la bataille. Un haut responsable au sein des FDS avait également assuré qu'aucune "négociation" n'était possible. L'EI "est encerclé et n'a d'autre choix que la capitulation", a-t-il souligné. "La stratégie de l'EI (...) c'est d'utiliser les civils comme monnaie d'échange pour négocier un accord" qui permettrait à ses combattants de leur assurer une porte de secours, résume M. Heras.



Lire aussi

Reddition de dizaines de civils et combattants de l'EI dans l'Est syrien

Chloé et Chaïma, Françaises détenues en Syrie: "On n'est pas des animaux"

Bras de fer entre Damas et Washington au sujet des Kurdes

Washington met en garde les FDS contre tout rapprochement avec Assad

Bétaillères, fervents chrétiens : scènes improbables près du front anti-EI en Syrie


À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DANS L,ATTENTE DES NEGOCIATIONS... C,EST LOGIQUE... NON ?

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants