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Nos lecteurs ont la parole

Recette pour trouver l’amour au XXIe siècle

Recette pour trouver l’amour au XXIe siècle

Photo Chloé Khoury

C’est donc ça être une éternelle amoureuse de l’amour au XXIe

siècle ?

Condamnée à vivre dans l’espoir d’une notification qui tient sur un petit écran.

Que les gens manquent de courage de nos jours.

On chante l’amour, on l’écrit, on le conte, on le regarde. Puis, dès qu’il frappe à la porte, on le fuit.

Malheur s’ils venaient à tomber amoureux. Surtout pas !

Ressentir ? Sentiments ? Papillons dans le ventre ? Au diable !

Efforts ? Faire du temps ? Pire, écouter l’autre ? Au grand jamais !

Des conversations sur le beau temps et la pluie, mais surtout pas plus.

S’ouvrir ? Vulnérabili… quoi ? Fais-moi rire !

D’échanges simples, basiques, à des conversations délaissées par ceux qui se lassent.

On vit dans une époque qui récompense le détachement.

De la surconsommation d’humains.

Un petit mouvement mécanique du doigt : à droite, à gauche, à gauche, à gauche, à droite.

Et puis, si on venait à se rencontrer, attention : on échange quelques mots, pas plus ; on boit un peu, beaucoup, pour se désinhiber ; on fait rire, mais pas trop, au risque de finir par être « la bonne pote », « le bro ». On cache sa personnalité ; il ne faut surtout pas paraître « trop ».

Il ne faudrait surtout pas devenir attachant.

Rares seront les chanceux qui auront droit à une suite. Par suite, qu’on s’entende, on parle de quelques jours, quelques mois au plus.

Il ne faut surtout pas passer à côté des autres qui attendent derrière ces foutus petits écrans.

De la surconsommation d’humains.

Une petite engueulade ? Un petit malentendu ? Ne surtout pas en parler ! Réparer ? Encore moins ! Se transformer en David Copperfield et attrape-moi si tu peux.

Qu’ils sont lâches.

Les lettres aux oubliettes. L’orthographe et la grammaire avec. Les dîners à la chandelle au grenier. La galanterie ? C’est quoi ce machin ? Passer chercher l’autre ? Certainement pas !

Guérir ses blessures pour aller de l’avant ? Mais tu es folle !

Travailler sur soi ? C’est ringard. Ce qui est à la mode, c’est parler de physique quantique et de pouvoir de manifestation. C’est discuter des nouvelles théories thérapeutiques mais de ne surtout pas les appliquer, au risque d’aller mieux.

Qu’ils sont lâches.

Les rêveurs, les amoureux de l’amour, les remplis d’espoir, ceux qui veulent y croire, les blessés, les écorchés vifs, les lâches.

À force d’options, à défaut d’options, ils finiront seuls. Ils ont peur de souffrir. Alors ils préfèrent ne jamais aimer assez pour risquer de perdre. Ils oublient qu’à force de vouloir éviter les blessures, ils passent aussi à côté de tout ce qui valait la peine.

« Le pire ennemi de l’amour, c’est la peur », Youssoupha.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

C’est donc ça être une éternelle amoureuse de l’amour au XXIe siècle ?Condamnée à vivre dans l’espoir d’une notification qui tient sur un petit écran.Que les gens manquent de courage de nos jours.On chante l’amour, on l’écrit, on le conte, on le regarde. Puis, dès qu’il frappe à la porte, on le fuit.Malheur s’ils venaient à tomber amoureux. Surtout pas !Ressentir ? Sentiments ? Papillons dans le ventre ? Au diable !Efforts ? Faire du temps ? Pire, écouter l’autre ? Au grand jamais !Des conversations sur le beau temps et la pluie, mais surtout pas plus.S’ouvrir ? Vulnérabili… quoi ? Fais-moi rire !D’échanges simples, basiques, à des conversations délaissées par ceux qui se lassent.On vit dans une époque qui récompense le détachement.De la surconsommation d’humains.Un petit mouvement mécanique...
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