Scandale

Les patients de l’hôpital psychiatrique Fanar de Msayleh rongés par les poux

La saleté repoussante de l’hôpital, montrée par l’association Tyeb el-Eid. Photo tirée de la page Facebook de l’association

Un hôpital d’une saleté repoussante, sans chauffage, ni eau chaude, ni générateur d’électricité. Quelque deux cents malades mentaux, toxicomanes ou personnes à besoins spécifiques enfermés dans cette prison malodorante, privés de médicaments, de soins convenables, d’hygiène, de nourriture décente… au point qu’ils dorment sur des matelas sans draps, qu’ils n’ont pas été baignés depuis deux mois, qu’ils sont rongés par les poux. Tel est le quotidien des patients de l’hôpital Fanar, situé à Msayleh au Liban-Sud, cet hôpital privé, construit en 1962 sur la colline de Zahrani par l’ancien ministre de la Santé Abdel Rahmane Labbane, et dont la gestion a été transmise à son épouse et à sa fille, à la mort de ce dernier. Jusqu’à l’alerte lancée par une femme, Hayat Jaber, qui a dévoilé le scandale la semaine dernière, photos à l’appui, un jour où elle apportait aux malades de l’établissement quelques couvertures et provisions pour la saison d’hiver. Les réseaux sociaux ont fait le reste, avisés par l’association Tyeb el-Eid (les habits de la fête).

Les réactions n’ont pas tardé. La télévision al-Jadeed et l’association Legal Agenda se sont rendues sur les lieux, révélant non seulement les flagrantes atteintes aux droits des patients internés dans cet établissement, certains étant quasiment « attachés à leurs lits par des chaînes métalliques », mais aussi le dénuement total d’un « personnel infirmier livré à lui-même, privé de salaire depuis deux ans ». La mauvaise gestion de l’établissement serait la première cause de cette inadmissible réalité. L’hôpital de Msayleh, disent-ils, a « accumulé des dettes d’un milliard sept cent millions de livres libanaises ». Mais l’État est également montré du doigt pour avoir manqué à ses obligations, non seulement de contrôle sanitaire et médical, mais de « non-paiement des subventions dues à l’établissement, et qui s’élèvent à un milliard trois cent millions de livres libanaises ».

Alerté à son tour, le ministre de la Santé Jamal Jabak, qui s’est rendu hier à l’hôpital, a promis que « tous les patients seraient rapidement replacés dans d’autres institutions » et que l’hôpital serait bientôt fermé. Faisant part de sa « colère » et de son « profond dégoût lors de sa visite de ces lieux particulièrement insalubres », il n’a pas manqué d’insister sur la nécessité de « déterminer les responsabilités dans l’affaire ». Une position saluée par l’ancien député Ismaïl Succariyé, particulièrement engagé dans le domaine de la santé, qui a tenu à rappeler « le passé sombre de l’hôpital Fanar, connu pour les mauvais traitements qu’il inflige aux malades », tout en jetant la responsabilité « sur les ministres successifs de la Santé ».


Un hôpital d’une saleté repoussante, sans chauffage, ni eau chaude, ni générateur d’électricité. Quelque deux cents malades mentaux, toxicomanes ou personnes à besoins spécifiques enfermés dans cette prison malodorante, privés de médicaments, de soins convenables, d’hygiène, de nourriture décente… au point qu’ils dorment sur des matelas sans draps, qu’ils n’ont pas...

commentaires (11)

On ne peut pas dire qu'au Liban les hôpitaux sont nombreux et que les inspecter serait un travail de titan, à condition de vouloir faire le travail pour lequel ils sont payé. Où sont les inspecteurs payés par le ministère de la santé, (je ne voudrais surtout pas déranger Mr le ministre pendant sa longue sieste)qui ne sont que des fantômes malhonnêtes et inhumains.Comment un corps médical peut travailler dans ces décharges humaines sans dénoncer cette barbarie dans un pays où la technologie a atteint son paroxysme? Honteux mais pas surprenant.

Citoyen

16 h 46, le 19 février 2019

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Commentaires (11)

  • On ne peut pas dire qu'au Liban les hôpitaux sont nombreux et que les inspecter serait un travail de titan, à condition de vouloir faire le travail pour lequel ils sont payé. Où sont les inspecteurs payés par le ministère de la santé, (je ne voudrais surtout pas déranger Mr le ministre pendant sa longue sieste)qui ne sont que des fantômes malhonnêtes et inhumains.Comment un corps médical peut travailler dans ces décharges humaines sans dénoncer cette barbarie dans un pays où la technologie a atteint son paroxysme? Honteux mais pas surprenant.

    Citoyen

    16 h 46, le 19 février 2019

  • normal , ces malades ne votent pas ! et ne peuvent verser des commitions

    Talaat Dominique

    17 h 57, le 18 février 2019

  • Le moyen âge à nos portes...

    LeRougeEtLeNoir

    17 h 20, le 18 février 2019

  • Honte ? Dégoût ? Révolte ? Rien n'y fera, les victimes sont réelles et là, cruellement et injustement maltraités. C'est un cauchemar un mauvais film pour ces gens, pour ces malades et leurs familles...cela nous fait penser aux hôpitaux psychiatriques roumains après la chute de Chaouchescu.... Voyez-vous où mene la corruption et l'indifférence ? À l'enfer.

    Sarkis Serge Tateossian

    15 h 35, le 18 février 2019

  • On ne peut que dire que bravo au Dr. Jabak.mais maintenant il faut surtout juger et punir les psychiatres et la directrice de ce soit disant hopital immonde...honte a ces soignants et aussi aux muliples ministres de la sante qui se sont succedes sans manifester aucun interet a ces pauvres malades ....c revoltant tant de mepris pour l'etre humain

    Houri Ziad

    13 h 25, le 18 février 2019

  • On en arrive à regretter toute cette prolongation dans la formation du gouvernement pour les raisons évidentes qu'on sait , mettre la résistance l'écart. On aurait écourté leur souffrance à ces pauvres handicapés. Bassita, jamais trop tard pour reconnaître ses torts , laissons venir .

    FRIK-A-FRAK

    11 h 21, le 18 février 2019

  • Nous esperons beaucoup et avec optimisme de l’action salvatrice qui sera menee par le Dr Jamal Jabak. Merci de vous etre rendu en personne pour constater de visu la decheance de ces pauvres pensionnaires et surtout du systeme hospitalier dans certaines regions libanaises.

    Cadige William

    11 h 02, le 18 février 2019

  • Cela me rappele une histoire vielle de 2000 ans...

    Eddy

    09 h 29, le 18 février 2019

  • Mais c’est le pays en entier qui est contaminé, le ministre de la santé a du boulot sur les bras, d’autant plus que son patron vient juste de déclarer la guerre à la corruption, comme s’il ne connaissait pas les noms des corrompus et des corrupteurs ou que son parti n’y etait pas partie prenante. Georges Tyan

    Lecteurs OLJ

    08 h 49, le 18 février 2019

  • GRAND MERCI AU MINISTRE DU HEZBOLLAH DR. JAMAL JABAK ! LES MINISTRES DU HEZBOLLAH SONT CONNUS COMME BOSSEURS...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    07 h 09, le 18 février 2019

  • Quelle honte...

    NAUFAL SORAYA

    06 h 57, le 18 février 2019