Repère

Face aux rebelles au Yémen, des groupes très hétéroclites

Amnesty International accuse les Emirats arabes unis de fournir aux combattants progouvernementaux, assimilés par l'ONG à des milices, des armes de pointe, notamment d'origine occidentale. La chaîne américaine CNN affirme elle aussi que des équipements fournis par Washington à l'Arabie saoudite et aux Emirats, piliers de la coalition anti-rebelles, avaient été utilisés dans ce pays par des milices qui n'en étaient pas destinataires.

Des miliciens houthis patrouillent une rue de la ville de Hodeida, le 10 décembre 2018. Photo d'archives REUTERS/Abduljabbar Zeyad

Les forces progouvernementales au Yémen sont composées de soldats et de groupes très hétéroclites, assimilés à des milices par Amnesty International qui accuse les Emirats arabes unis de leur fournir des armes de pointe, notamment d'origine occidentale. La chaîne américaine CNN a elle aussi affirmé que des équipements fournis par Washington à l'Arabie saoudite et aux Emirats, piliers de la coalition anti-rebelles au Yémen, avaient été utilisés dans ce pays par des milices qui n'en étaient pas destinataires.

Mercredi, Amnesty International a publié une enquête montrant selon elle comment les Emirats sont devenus un canal majeur de distribution de véhicules blindés, de systèmes de mortier, de fusils et de mitrailleuses, des armes qui sont détournées illégalement vers d'innombrables milices qu'ils soutiennent et qui sont accusées de crimes de guerre.

Plusieurs groupes armés sont présents dans le sud et l'ouest du Yémen, repris aux rebelles houthis qui contrôlent la capitale Sanaa et une bonne partie du nord.


"Les Géants"

Formée fin 2015 de militaires de l'ancienne armée yéménite et de volontaires, la force des "Géants" compte au total au moins 15.000 hommes. Elle est commandée par un salafiste, Abdel Rahmane Abou Zaraa, un ancien marchand de miel qui a été élevé au rang de général par le président Abd Rabbo Mansour Hadi. Basés dans la bande côtière du sud-ouest du Yémen et soutenus par l'Arabie saoudite et les Emirats, les "Géants" ont joué un rôle de premier plan dans les combats qui ont permis de faire reculer les houthis de 300 km de Bab al-Mandeb, détroit du sud de la mer Rouge, jusqu'à Hodeida (ouest).


"La Ceinture de sécurité"

Les forces de "la Ceinture de sécurité" ont été formées avec le soutien des Emirats arabes unis dans les provinces sudistes d'Aden, Lahj et Abyane, reprises en 2015 aux houthis. Elles ont joué un rôle déterminant dans les combats contre les éléments d'el-Qaëda et du groupe Etat islamique qui étaient bien implantés dans cette partie du Yémen. Ces forces recrutent essentiellement parmi les séparatistes sudistes qui réclament l'indépendance pour le sud du Yémen, un Etat indépendant avant 1990. Elles tiennent des points de contrôle éparpillés à travers les provinces d'Aden, Lahj et Abyane et ont réussi à rétablir un semblant de sécurité après de nombreux attentats et assassinats politiques.

En 2018, ces forces ont affronté dans la ville d'Aden des unités militaires fidèles au président Hadi, mais jugées sous le contrôle d'islamistes de la mouvance des Frères musulmans qui sont honnis par les Emirats arabes unis.



(Lire aussi : Les églises du Yémen, premières implantations chrétiennes en péninsule arabique)



"Les Forces d'élite"

Deux "Forces d'élite" existent dans le sud, l'une dans la province de Chabwa et l'autre dans celle du Hadramout. Elles ont été formées en 2016 avec l'assistance des Emirats arabes unis. La première compte quelque 5.600 hommes qui ont chassé les jihadistes des centres urbains de la province de Chabwa. La force d'élite de Chabwa contrôle la majorité de la province du même nom, à l'exception de trois sous-préfectures aux mains de forces fidèles au président Hadi et composées d'éléments proches des Frères musulmans. Celle de Hadramout a permis de chasser en avril 2016 el-Qaëda de Moukalla, chef-lieu de la province, et y contrôle la sécurité avec le soutien des Emirats arabes unis.


"L'Armée nationale"

Dans la province de Marib (centre), à l'est de la capitale Sanaa, se trouve un autre front de la guerre contre les rebelles qui est cependant peu actif. Les forces qui sont basées dans cette région, appelées "l'Armée nationale", sont fidèles au vice-président Ali Mohsen al-Ahmar, un général de l'ancienne armée yéménite réputé proche des Frères musulmans et protégé par l'Arabie saoudite.



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