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Tsipras en visite à la basilique Sainte-Sophie à Istanbul : "On ressent le poids de l'Histoire ici"

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Après la basilique, le Premier ministre grec s'est rendu au séminaire orthodoxe grec d'Halki, situé sur l'île de Heybeli au large d'Istanbul, où il a participé avec le patriarche Bartholomée de Constantinople à une cérémonie religieuse pour l'anniversaire du saint patron des lieux.

OLJ/AFP
06/02/2019
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a visité mercredi la basilique Sainte-Sophie et un institut théologique à Istanbul, deux lieux emblématiques du passé orthodoxe de cette ville, au deuxième jour d'un déplacement en Turquie destiné à apaiser les tensions bilatérales.


M. Tsipras s'est d'abord rendu à Sainte-Sophie dans le centre historique d'Istanbul, accompagné par Ibrahim Kalin, le principal conseiller et porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan.
Prêtant une oreille attentive à une guide qui l'escortait, M. Tsipras s'est promené à l'intérieur de l'édifice pendant une quarantaine de minutes. "On ressent le poids de l'Histoire ici", s'est-il borné à dire.

De récentes activités liées à l'islam à Sainte-Sophie ont suscité des crispations entre Athènes et Ankara. Construite à l'entrée du détroit du Bosphore et de la Corne d'or, la basilique Sainte-Sophie a été convertie en mosquée au XVe siècle après la chute de Constantinople aux mains des Ottomans en 1453. Des minarets ont alors été érigés autour du dôme byzantin. Œuvre architecturale majeure érigée au VIe siècle, Sainte-Sophie a été désaffectée puis transformée en musée dans les années 30 sous le régime laïque de Mustafa Kemal Atatürk.



(Lire aussi : Tsipras en Turquie pour apaiser les tensions avec Ankara)



Visite inédite
Depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 du Parti de la justice et du développement (AKP) du président Erdogan, les défenseurs de la laïcité s'inquiètent d'une éventuelle reconversion de Sainte-Sophie en mosquée. Les activités liées à l'islam se sont en effet multipliées à l'intérieur de Sainte-Sophie ces dernières années, avec notamment des séances de lecture de versets du Coran et des prières collectives sur le parvis du monument, mais le plus haut tribunal de Turquie a rejeté en septembre la requête d'une association demandant le droit d'organiser des prières musulmanes à l'intérieur de la basilique. La Grèce, qui surveille de près le devenir du patrimoine byzantin en Turquie, a plusieurs fois exprimé sa préoccupation quant aux initiatives visant à remettre en question le statut de Sainte-Sophie.

Après la basilique, M. Tsipras s'est rendu au séminaire orthodoxe grec d'Halki, situé sur l'île de Heybeli au large d'Istanbul, où il a participé avec le patriarche Bartholomée de Constantinople à une cérémonie religieuse pour l'anniversaire du saint patron des lieux, selon un correspondant de l'AFP. Il s'agit de la première visite d'un Premier ministre grec en exercice au séminaire, fermé en 1971 par le gouvernement turc en plein conflit entre Athènes et Ankara sur la question de Chypre.
La cérémonie religieuse, à laquelle M. Tsipras a assisté sans prier, s'est déroulée dans une église du complexe. MM. Tsipras et Kalin, le conseiller d'Erdogan, ont ensuite symboliquement planté un arbre dans le jardin du séminaire.



(Lire aussi : Entre la Grèce et la Turquie, une « paix électrique »)



Revenir "avec Erdogan"
L'institut théologique d'Halki formait les futurs prêtres du diocèse de Constantinople. Depuis sa fermeture, les clercs orthodoxes qui dépendent du patriarcat œcuménique, dont le siège est à Istanbul, sont obligés de se rendre en Grèce pour suivre leur formation.

"Nous prions pour qu'advienne le jour mémorable quand ce séminaire (...) rouvrira ses portes", a déclaré le patriarche Bartholomée.
"J'ai l'espoir que la prochaine fois que je franchirai cette porte, je ne serai pas seul, mais avec le président Erdogan" pour célébrer "la réouverture de l'école théologique d'Halki", a renchéri le chef du gouvernement grec avant d'être chaleureusement applaudi.

Ces visites à Istanbul surviennent au lendemain d'un entretien de M. Tsipras à Ankara avec M. Erdogan à l'issue duquel les deux hommes ont dit vouloir maintenir le dialogue pour régler les nombreux contentieux entre leurs pays. Figure parmi eux la question de l'exploration gazière au large de Chypre, une île divisée depuis que l'armée turque en a envahi en 1974 le tiers nord en réaction à un coup d'Etat qui visait à la rattacher au territoire grec.

Par ailleurs, la Turquie et la Grèce sont en désaccord sur le tracé de leur frontière en mer Egée. La question des huit soldats turcs qui ont obtenu l'asile en Grèce, au grand dam de la Turquie qui les accuse d'avoir pris part au putsch manqué de juillet 2016, envenime également les relations.
La Grèce s'inquiète en outre de l'arrivée sur ses îles ces derniers mois de milliers de réfugiés, notamment syriens, en provenance de Turquie, même si leur nombre a considérablement baissé aux termes d'un pacte conclu en 2016 entre Ankara et l'Union européenne





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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

VISITER LES SITES BYZANTINS A CONSTANTINOPLE ET DANS L,ILE C,EST SE SOUVENIR DE LA MALEDICTION ET DES CARNAGES OTTOMANS ET DES GENOCIDES PERPETRES CONTRE LES POPULATIONS CHRETIENNES DE L,ASIE MINEURE ET DE L,ANATOLIE... LA BARBARIE D,UNE RELIGION CONTRE UNE AUTRE !

AIGLEPERçANT

En effet cette basilique Aya Sofia est un must see, d'une beauté et d'une histoire sans égal, on voit le passage du christianisme à l'islam et toutes les fois que ce site a été conquis et reconquis sur les murs de cette splendeur.

Un autre site aussi est d'une beauté époustouflante, chargé d'histoire et d'émotions, c'est l'Alambra à Grenade en Espagne.

Je pense que pour ces 2 sites les conquérants respectifs n'ont pas voulu les détruire parce qu'ils devaient être subjugué par leur beauté.

Sarkis Serge Tateossian

La Turquie a son agenda, son programme...
On peut se raconter tant d'histoire devant les caméras .... au fond rien ne changera ou éventuellement au pire...

Cela n'empêche pas l'état turc de célébrer chaque année avec faste la chute de Constantinople ...
C'est l'occasion pour les dirigeants et peuple turcs de montrer leur "fierté" en racontant les scènes de violences et de barbarie lors de la conquête et prise de cette ville.

Pire encore lors des recherches archéologique à chaque fois qu'ils trouvent des nouveaux vestiges d'origine arménienne ou byzantine les turcs n'hésitent pas de parler d'origine "turcs" de ces monuments ou vestiges ...

Heureusement que le ridicule ne tue pas !

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