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Deux soldats grecs en détention en Turquie pour "tentative d'espionnage"

Tensions

"L'image que nous avons est que les deux militaires sont accusés d'entrée en zone militaire interdite mais ne sont pas accusés de tentative d'espionnage", a déclaré le porte-parole de l'état-major grec, Vassilis Beletsiotis.


OLJ/AFP
02/03/2018

Deux soldats grecs arrêtés après être entrés en territoire turc en patrouillant à la frontière ont été placés en détention vendredi, sur fond de fortes tensions entre Athènes et Ankara.

Les deux hommes ont été interpellés jeudi après-midi au nord du fleuve Evros qui sépare les deux pays. Selon l'agence étatique turque Anadolu ils ont été placés en détention vendredi pour "tentative d'espionnage militaire" et "entrée en zone militaire interdite".

Mais une source militaire grecque contactée par l'AFP a démenti le fait qu'ils soient accusés d'"espionnage". "L'image que nous avons est que les deux militaires sont accusés d'entrée en zone militaire interdite mais ne sont pas accusés de tentative d'espionnage", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'état-major grec, Vassilis Beletsiotis.

Selon Anadolu, les deux militaires ont expliqué dans leurs déclarations aux autorités turques être entrés en Turquie en suivant des traces de pas dans la neige et afin d'envoyer des images prises avec leurs téléphones portables à leurs supérieurs.

"Le Premier ministre suit la situation de près et est en contact avec les ministres de la Défense et des Affaires étrangères", a déclaré à l'AFP une source gouvernementale grecque.

Les conditions climatiques "étaient mauvaises et les deux militaires, qui étaient armés, ont perdu leur orientation", avait expliqué plus tôt vendredi à l'AFP à Athènes le porte-parole de l'armée de terre, Nikolaos Fanios. Les deux militaires grecs sont en bon état de santé, "il n'y a pas eu de combat et actuellement ils se trouvent à Edirne", avait-il ajouté.


(Pour mémoire : Athènes et Ankara veulent voir "le verre à moitié plein" malgré leurs différends )



Tensions 
Les relations entre la Grèce et la Turquie, toutes deux membres de l'OTAN, sont traversées par de vives tensions depuis plusieurs mois, alimentées par le refus d'Athènes d'accéder à une demande d'Ankara d'extrader huit officiers turcs ayant trouvé refuge en Grèce après le coup d'Etat manqué en Turquie en juillet 2016. L'un de ces militaires a même obtenu l'asile fin décembre, avant que cette décision ne soit "temporairement" suspendue par la justice début janvier à la suite d'un recours du gouvernement grec.

Les tensions sont montées d'un cran récemment après de fermes mises en garde du président turc Recep Tayyip Erdogan au sujet de l'exploitation du gaz dans les eaux chypriotes, dans l'est de la Méditerranée. M. Erdogan invoque les "droits inaliénables" de la communauté chypriote-turque de l'île divisée sur ses ressources naturelles. Et, il y a deux semaines, un patrouilleur turc avait percuté un navire grec près d'un îlot inhabité disputé en mer Égée orientale, suscitant une mise en garde envers Ankara du Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

Le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Tzanakopoulos, a indiqué vendredi, avant l'annonce de la mise en détention des deux militaires, que le chef de l'état-major grec s'était entretenu au téléphone avec son homologue turc "dans un bon climat" pour régler cette affaire et "afin que les procédures légales en Turquie soient rapidement entamées". Il avait pronostiqué un retour "imminent" des deux militaires en Grèce. Les chefs d'état-major se sont entretenus une seconde fois vendredi, selon la source gouvernementale grecque.

Malgré leurs relations délicates, plombées aussi par des différends territoriaux en mer Egée, Athènes et Ankara coopèrent en matière économique et commerciale. Les deux pays collaborent également étroitement pour limiter le flux migratoire vers l'Europe dans le cadre d'un pacte UE-Turquie conclu en mars 2016.

M. Erdogan a effectué début décembre une visite en Grèce, la première d'un président turc en 65 ans. Après une rencontre avec M. Tsipras, les deux hommes avaient affiché leur volonté d'arrondir leurs différends historiques et de poursuivre leur coopération en matière de réfugiés et d'économie.
Le président turc avait néanmoins causé des froncements de sourcils lors de cette visite en demandant "la révision du traité de Lausanne de 1923" qui délimite les frontières en Europe et au Moyen-Orient.



Pour mémoire
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