Corruption

Corruption : Le Liban s’accroche à sa mauvaise note

Le pays du Cèdre occupe la 138e place sur 180 États du monde, selon le dernier rapport de Transparency International.


Avec une note de 28 sur 100, le Liban se trouve en bas du classement, à la 138e place sur 180 pays.

Le Liban continue de stagner dans les bas-fonds de la corruption, gardant pour la sixième année consécutive la note de 28 sur 100 dans le classement établi par Transparency International (TI), une ONG qui se consacre à la lutte contre la corruption dans le monde, selon un rapport rendu public hier. Ce rapport a été présenté lors d’une conférence de presse tenue par la Lebanese Transparency International (LTA), section libanaise de TI, au Club de la presse à Furn el-Chebback. L’objet de la conférence de presse était de présenter l’indice de perception de la corruption dans 180 pays, indice évaluant le degré de corruption dans chacun de ces États. Selon le rapport annuel (l’ONG le publie depuis 1995) concernant 2018, le Liban revient à son classement de 2013 et occupe la 138e place sur 180. Sa note de 28 est en outre un très mauvais score, comparé à la moyenne générale des pays concernés, qui est de 43 sur 100, et aux résultats du Danemark, de la Nouvelle-Zélande et de la Finlande qui, grâce à des notes de 88, 87 et 85 sur 100, ont décroché les trois premières places mondiales.

Dans la région, les Émirats arabes unis et le Qatar ont obtenu respectivement 70 sur 100 et 62 sur 100, ce qui leur a valu de se hisser aux deux premières places parmi les États arabes. En queue de peloton, la Somalie, qui traîne à la 180e place avec une note de 10 sur 100.

Il est vrai qu’en matière de classement, le score du Liban a progressé en 2018 par rapport à l’année précédente, lorsqu’il occupait la 143e place sur 180. Mais ce résultat, a indiqué devant l’assistance le vice-président de LTA, Mosbah Majzoub, « ne signifie pas que le Liban a fait des progrès dans la lutte contre la corruption (puisque sa note demeure inchangée). Il est simplement tributaire du fait que d’autres pays ont rétrogradé. Ce qui lui a valu de grimper cinq échelons ».



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« Corruption politique »
Entouré d’Ibrahim Tabet et de Julien Courson, respectivement membre du conseil d’administration et directeur exécutif de la LTA, M. Majzoub s’est penché sur la note libanaise, affirmant qu’elle est due à la « corruption politique » et aux « conflits d’intérêts », ainsi qu’au comportement de « membres de la classe dirigeante qui exploitent le pouvoir en vue de réaliser des objectifs personnels et de se prémunir contre des poursuites légales à leur encontre ». En cause aussi, le manque de transparence durant les élections législatives de mai 2018, marquées notamment par l’usage de l’argent politique pour financer des partis et des candidats au cours du processus électoral. Le vice-président de LTA a en outre déploré le retard mis dans la publication des décisions du Conseil constitutionnel concernant les recours en invalidation présentés par des candidats malheureux, et n’a pas manqué d’exprimer l’impatience des citoyens face à un gouvernement qui ne parvient pas à voir le jour.

M. Majzoub a par ailleurs évoqué l’adoption en 2018 de deux lois qui devraient, selon lui, contribuer à la lutte contre la corruption et au renforcement de la transparence. Il s’agit de la loi sur la protection des lanceurs d’alerte et la loi sur la transparence dans le secteur des hydrocarbures. L’activiste a exprimé les craintes de TI quant à l’efficience de ces textes, indiquant qu’« ils risquent de connaître le même sort que la loi sur le droit d’accès à l’information (2017), que la majorité des administrations et institutions publiques n’appliquent pas à ce jour, se montrant réticentes à publier des informations ou désigner un fonctionnaire chargé de recueillir des demandes d’explications présentées par les citoyens ». « En outre, la loi relative à la création d’une commission nationale pour la lutte contre la corruption n’a pas encore été votée, alors qu’elle constitue une partie essentielle des trois lois précitées », a déploré M. Majzoub, rappelant en outre qu’« il a été procédé en 2018 au lancement d’une stratégie nationale pour la lutte contre la corruption ». Cette stratégie s’illustre dans un document initié par la ministre d’État sortante pour le Développement administratif, Inaya Izzeddine, qui représente une plateforme pour la coopération entre les secteurs public et privé et la société civile, en vue de prévenir et traiter la corruption selon une feuille de route scientifique et pragmatique. Pour ce qui a trait aux répercussions négatives de la corruption, l’activiste a évoqué notamment la crise des déchets, la pollution des eaux fluviales et maritimes, les maladies mortelles… Il a noté que ces dossiers n’ont pas été tranchés par la justice, ce qui, a-t-il dit, « a conduit à affaiblir de plus en plus la confiance des Libanais dans l’État ».


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Mesures à prendre
La Lebanese Transparency International a en outre annoncé sa volonté d’exercer des pressions sur le Parlement pour l’amener à voter des lois visant à renforcer le principe de transparence, notamment « la loi sur l’enrichissement illicite et de nouvelles lois sur la réglementation de la Cour des comptes et de l’Inspection centrale, ainsi que sur les marchés publics ».

La LTA a en outre insisté sur la nécessité pour les institutions de l’État et les associations d’amorcer l’application de la stratégie nationale pour la lutte contre la corruption, d’activer le principe de la reddition des comptes et de jeter les bases d’une bonne gouvernance.

En réponse à une question de L’Orient-Le Jour quant à savoir si la LTA – qui mène son action depuis déjà 20 ans – a perçu un résultat traduisant un progrès vers la réduction de la corruption, M. Majzoub se félicite notamment de ce que la loi sur l’accès à l’information a été votée grâce à des efforts auxquels a contribué l’association. Il affirme que « la bataille est lancée, mais la route est très longue », souhaitant que « la coalition avec de nombreuses autres associations civiles finira par donner ses fruits ».


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commentaires (1)

Jugement totalement subjectif qui se base sur du vent! Oui on peut deviner plus au moins l'existence d'un climat de corruption mais il est impossible de mesurer, et encore moins de comparer, son niveau à un autre pays. Ce résultat est très ennuyeux pour la renaissance attendue du pays.

MGMTR

13 h 17, le 30 janvier 2019

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Commentaires (1)

  • Jugement totalement subjectif qui se base sur du vent! Oui on peut deviner plus au moins l'existence d'un climat de corruption mais il est impossible de mesurer, et encore moins de comparer, son niveau à un autre pays. Ce résultat est très ennuyeux pour la renaissance attendue du pays.

    MGMTR

    13 h 17, le 30 janvier 2019