Le marché immobilier libanais a été soutenu pendant des années par les subventions des intérêts des prêts au logement de la BDL. Jamal Saïdi/Reuters
Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a indiqué qu’il s’apprêtait à publier une nouvelle circulaire pour « réactiver » les mécanismes de prêts subventionnés au logement « dans deux semaines », selon la chaîne locale al-Jadeed qui a rapporté l’information mercredi sur son site internet. Ni le gouverneur ni son service de presse n’ont fourni plus de détails, ce dernier précisant que la circulaire sera publiée « en février ».
En septembre dernier, le gouverneur avait assuré que la BDL préparait une nouvelle enveloppe de prêts subventionnés pour le logement en 2019, sans donner de calendrier ni s’engager sur un montant. Interrogé par plusieurs médias depuis hier, le directeur général de l’Établissement public de l’habitat (EPH), Rony Lahoud, a de son côté déclaré qu’il n’avait « aucun détail » supplémentaire.Le marché immobilier a été soutenu pendant des années par les mécanismes de subvention des intérêts des prêts au logement de la BDL, un premier mécanisme qui permettait aux banques de mobiliser une partie de leurs réserves obligatoires pour financer des crédits ; et un second à travers lequel la BDL prêtait aux banques des fonds à taux réduits, pour qu’elles les réinjectent dans plusieurs secteurs, dont l’immobilier. Ces deux mécanismes permettaient entre autres de financer des prêts accordés via l’EPH, dont la mission est d’aider les ménages les plus modestes à acquérir un logement en aménageant le coût du crédit négocié auprès des banques.Il reste que leur suspension entre octobre 2017 et mars 2018 a provoqué une crise du secteur immobilier, matérialisée par une baisse du nombre de transactions immobilières (-17,7 % à fin novembre en rythme annuel pour 54 687 opérations selon le cadastre) et des permis de construire (voir encadré). Le gel des dossiers à l’EPH a en outre donné une dimension sociale à cette crise, obligeant les responsables à tenter d’y remédier.Si le Parlement a accepté en 2018 de débloquer l’équivalent en livres de 66 millions de dollars dans le budget pour 2018 afin de subventionner les intérêts d’un nombre limité de prêts accordés via l’EPH en attendant une solution définitive, les fonds n’ont toujours pas été employés, faute d’accord avec les banques.

