Conflit

Syrie: Erdogan menace les milices kurdes, renforts turcs à la frontière

"Comme nous n'avons pas laissé les Arabes syriens en proie à Daech (l'EI), nous ne laisserons pas les Kurdes syriens en proie à la cruauté du PKK et des YPG", a déclaré le président turc, lors d'un discours à Ankara.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, prononçant un discours à Istanbul, le 23 décembre 2018. Photo Murat Kula/Presidential Press Office/Handout via REUTERS

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau menacé lundi les milices kurdes de Syrie et envoyé des renforts militaires à la frontière de ce pays en préparation d'une éventuelle offensive après le retrait attendu des troupes américaines.

Les menaces de M. Erdogan contre les Unités de protection du peuple (YPG) surviennent au lendemain de la signature à Washington de l'ordre de retrait des troupes américaines, qui soutiennent cette milice kurde dans le nord de la Syrie dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Ankara, qui redoute de voir s'instaurer un embryon d'Etat kurde à ses portes susceptible de renforcer les velléités séparatistes de la minorité kurde sur son propre territoire, est farouchement hostile aux YPG en raison de leur liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé comme organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.

"Comme nous n'avons pas laissé les Arabes syriens en proie à Daech (l'EI), nous ne laisserons pas les Kurdes syriens en proie à la cruauté du PKK et des YPG", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Ankara.

"Pourquoi sommes-nous actuellement en Syrie? Pour que nos frères Arabes et Kurdes recouvrent leur liberté", a-t-il ajouté.


(Lire aussi : L'ordre de retrait des troupes américaines de Syrie a été signé)


Renforts militaires turcs

Renforçant la pression sur les YPG, désarçonnées par l'annonce de l'imminent retrait des leurs alliés américains, la Turquie a acheminé de nouveaux renforts militaires à sa frontière avec la Syrie en préparation de l'offensive qui se profile, même si M. Erdogan a décidé d'y surseoir dans l'immédiat.

Des unités militaires, des canons de type Howitzer et des batteries d'artillerie ont été acheminés en convoi vers le district Elbeyli, face à la frontière syrienne dans la province turque de Kilis, selon l'agence étatique Anadolu.

Cet envoi de renforts avait commencé ce week-end avec l'arrivée d'une centaine de véhicules militaires turcs dans la région d'al-Bab, contrôlée par des forces pro-turques dans le nord de la Syrie, a indiqué le quotidien Hürriyet.

Des renforts militaires ont également été dépêchés vers la ville d'Akcakale et le district de Ceylanpinar dans la province de Sanliurfae (sud-est de la Turquie).

Prenant de court les alliés de Etats-Unis, M. Trump a ordonné mercredi le départ dès que possible des quelque 2.000 militaires américains stationnés dans le nord-est de la Syrie où ils luttent contre les jihadistes aux côtés des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de milices arabo-kurdes dominée par les YPG. Le président, opposant de longue date à la présence américaine dans un conflit jugé coûteux, a estimé que les troupes américaines n'étaient plus utiles car le groupe Etat islamique (EI) était "en grande partie vaincu".


(Lire aussi : Satisfaction mais prudence dans le « protectorat » turc en Syrie)


"Eradiquer l'EI"

Après un entretien téléphonique dimanche entre MM. Trump et Erdogan, la présidence turque a affirmé que les deux dirigeants avaient "convenu d'assurer la coordination entre les militaires, les diplomates et d'autres responsables de leurs pays pour éviter un vide du pouvoir qui pourrait résulter d'une exploitation du retrait (américain, NDLR) et de la phase de transition en Syrie".

Sur Twitter, M. Trump a dit avoir évoqué avec le numéro un turc "l'EI, notre engagement mutuel en Syrie et le retrait lent et extrêmement coordonné des troupes américaines de la région" ainsi que des relations commerciales "considérablement accrues".

"Le président @RT_Erdogan de Turquie m'a donné des assurances dans des termes très forts" quant au fait qu'il allait "éradiquer ce qui reste de l'EI en Syrie", a encore tweeté M. Trump. "Nos troupes rentrent à la maison !", a-t-il ajouté, jugeant que son homologue était capable de tenir cet engagement.

D'après le Washington Post citant des sources à Maison Blanche, les conseillers de Donald Trump ont persuadé ce dernier de retirer plus lentement qu'il ne l'aurait voulu les troupes américaines afin que leur sécurité ne soit pas menacée.


Lire aussi

Washington "doit" prévenir une offensive turque en Syrie, clame un dirigeant kurde

Retrait américain de Syrie : les FDS appellent Paris à la rescousse

Les Kurdes, un peuple sans Etat en quête de reconnaissance


Le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau menacé lundi les milices kurdes de Syrie et envoyé des renforts militaires à la frontière de ce pays en préparation d'une éventuelle offensive après le retrait attendu des troupes américaines.

Les menaces de M. Erdogan contre les Unités de protection du peuple (YPG) surviennent au lendemain de la signature à Washington de...

commentaires (6)

Il fait presque autant rire que le clown américain, erdo a été le pivot central des milices wahabites qui se rendaient en Syrie, comme par hasard la moitié de ces bactéries injectées en Syrie du héros BASHAR venaient de France justement, et voilà qu'il menace la France ?????***$$@@@ Dans le fond il a bien raison cet hypocrite, après les avoir servi , il est en droit de leur dire que la fin de la récré a sonnée. JE CONSEILLE VIVEMENT À LA FRANCE DE RAMASSER CE QUIL LUI RESTE D'HOMMES ET DE MATOS ET DE SE CASSER VITE FAIT, IL NY A PAS QUE ERDO QUI AURAIT ENVIE DE LEUR FAIRE PAYER LEUR OUTRECUIDANCE.

FRIK-A-FRAK

11 h 40, le 26 décembre 2018

Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • Il fait presque autant rire que le clown américain, erdo a été le pivot central des milices wahabites qui se rendaient en Syrie, comme par hasard la moitié de ces bactéries injectées en Syrie du héros BASHAR venaient de France justement, et voilà qu'il menace la France ?????***$$@@@ Dans le fond il a bien raison cet hypocrite, après les avoir servi , il est en droit de leur dire que la fin de la récré a sonnée. JE CONSEILLE VIVEMENT À LA FRANCE DE RAMASSER CE QUIL LUI RESTE D'HOMMES ET DE MATOS ET DE SE CASSER VITE FAIT, IL NY A PAS QUE ERDO QUI AURAIT ENVIE DE LEUR FAIRE PAYER LEUR OUTRECUIDANCE.

    FRIK-A-FRAK

    11 h 40, le 26 décembre 2018

  • LE MINI SULTAN JUBILE ET CRIE VICTOIRE COMME QUOI IL A FLECHI TRUMP EN UN TELEPHONE D,UNE HEURE... IL MECONNAIT L,HOMME QU,IL TRAITAIT D,IDIOT IL Y A DEUX MOIS. VOYONS OU LE TURC VA S,EMBOURBER ET OU TRUMP L,A POUSSE...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 29, le 26 décembre 2018

  • "Il n'est pas bénéfique pour la France de rester en Syrie pour protéger une milice kurde", selon une source turque. Il est traditionnellement connu dans l'Histoire du monde que la France est la protectrice des peuples opprimés. Lorsqu'en 1947, les peuples esclaves de l'impérialisme soviétique : La Pologne, la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, les pays baltes... avaient créé "L'Union des nations captives", elles avaient adopté un hymne commun à toute, la Marseillaise , rien d'autre

    Honneur et Patrie

    13 h 51, le 25 décembre 2018

  • Faut-il oublier qu'il est un des parrains de Daech, Le plus important ?

    Sarkis Serge Tateossian

    12 h 13, le 25 décembre 2018

  • De tout le temps et depuis l'antiquité il y a eu dans le monde des dirigeants voyous... Mais dans le cas de la Turquie cela prend des proportions totalement incontrôlées, génocidaires presque inconsciemment.....(le sang du sanguinaire Gengiskhan coule dans leur veines). Erdogan est le parrain de Daech. Le monde libre à cause de ses incohérences (Trump) n'a pas su arrêter net ce dirigeant criminel..

    Sarkis Serge Tateossian

    19 h 40, le 24 décembre 2018

  • QU,EST-CE QU,IL CHANTE LA ET QUI LE CROIT... LE PREMIER POURVOYEUR DE DAESCH ET DES ORGANISATIONS TERRORISTES COMBATTANT EN SYRIE ETAIT LA TURQUIE D,ERDO AVANT DE CHANGER IL Y A A PEINE DEUX ANS ET PAS COMPLETEMENT... CHANGEZ DE CHANSON !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    18 h 52, le 24 décembre 2018