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Liban

Foucher regrette que les Libanais ne soient pas capables de s’entendre sur un gouvernement

Liban-France

L’ambassadeur de France a tenu hier une conférence de presse à bord de la frégate Aconit, en escale au port de Beyrouth.

08/12/2018

Afin de mettre en valeur l’excellence de la coopération militaire franco-libanaise, une conférence de presse a été organisée par l’ambassade de France à bord de la frégate légère furtive Aconit, de la marine nationale française, en escale au port de Beyrouth, en présence de l’attaché de Défense, le colonel Fabrice Chapelle, et du capitaine de la frégate, David Desfougères, ainsi que de l’équipage du bâtiment.

Pour la 25e escale de bâtiments militaires français dans le port de Beyrouth depuis 2015, la dimension de la coopération bilatérale a donc été soulignée par Bruno Foucher, qui a aussi déploré le retard au niveau de la formation d’un gouvernement libanais et prévenu contre les risques liés au blocage politique persistant: « Nous regrettons beaucoup que nos amis libanais ne soient pas capables (...) de s’entendre sur un gouvernement », a affirmé l’ambassadeur de France. « Nous avons besoin de ce gouvernement dont le Liban est privé depuis sept mois. Ce serait vraiment dommage que le pays, qui a su susciter une solidarité internationale, perde l’intérêt de cette solidarité en n’étant pas capable de mettre sur pied un gouvernement », a-t-il averti, après avoir longuement évoqué les trois conférences internationales organisées à l’initiative du président Emmanuel Macron au cours du premier semestre de l’année. Notamment la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises (CEDRE, tenue le 6 avril dernier à Paris), qui avait permis de mobiliser en faveur du Liban près de 11 milliards de dollars de prêts et de dons, conditionnés à des réformes structurelles.

« L’absence de gouvernement au Liban, c’est prendre le risque de perdre cette dynamique qui a été engendrée dans la communauté internationale », a insisté Bruno Foucher, qui a dans le même temps relevé que le Liban et la France « ont des relations exceptionnelles dans tous les domaines ». « Les deux peuples entretiennent une amitié profonde », a-t-il ajouté, avant de rappeler l’importance des liens historiques entre Paris et Beyrouth qui s’incarnent aujourd’hui à travers plusieurs canaux opérationnels, selon lui : collaboration culturelle et universitaire, développement économique, échanges humains et coopération sur le plan sécuritaire. « Ce qui se passe au Liban est toujours regardé avec une bienveillance qui est plutôt celle qu’on a avec ses cousins plutôt qu’avec des étrangers », a-t-il encore dit.

La collaboration en matière sécuritaire a été particulièrement mise en avant durant cette cérémonie, avec au total 140 projets d’appui et d’amélioration des capacités techniques pour les Forces de sécurité intérieure libanaises, mis en œuvre cette année et exposés par le diplomate. Ce chiffre est le record français en termes de coopération bilatérale. Ces dispositifs s’articulent à travers de nombreux transferts de capacités militaires et de formations de pointe pour les institutions libanaises. Sur les cinq dernières années, la France a levé 1,5 milliard d’euros dans ces différents domaines sécuritaires : dons d’équipements militaires, exercices conjoints avec la marine et l’armée de l’air libanaise, formations auprès de 500 officiers libanais et appui à la mise en place d’une école de déminage qui forme des experts dans toute la région du Moyen-Orient.

(Lire aussi : Gouvernement : le désaccord Aoun-Hariri en passe d’aggraver la crise)

Contrôle maritime
Pour Bruno Foucher, « le Liban a un rôle à jouer dans la région et doit pouvoir retrouver sa capacité militaire qu’il avait avant la guerre ».

Le pays bénéficie d’une importante façade maritime, et donc d’une zone économique exclusive significative qui fait partie de sa souveraineté territoriale. Un espace hautement stratégique puisque « 30 % des navires commerciaux et 20 % des échanges pétroliers du monde traversent la mer Méditerranée », a noté l’ambassadeur. Aussi, à l’heure où se multiplient les projets d’exploration en vue d’extraction de ressources pétrolières dans la partie orientale de la Méditerranée, « le gouvernement libanais, a-t-il ajouté, a tout intérêt à développer ses capacités de contrôle en territoire maritime ».

La cérémonie a ainsi permis de mettre particulièrement l’accent sur le besoin d’amélioration des capacités navales du pays et le souhait de développer davantage le partage d’expertise dans le domaine de la défense. « Une marine libanaise permettrait de renforcer la place du Liban dans la Méditerranée », a insisté l’ambassadeur qui, en réponse à une question, a formellement démenti tout rapport entre l’escale de la frégate au port de Beyrouth et les développements militaires au Liban-Sud, en référence à l’opération israélienne annoncée mardi pour détruire des tunnels souterrains du Hezbollah détectés de son côté de la frontière avec le Liban.

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Irene Said

L'utilisation de l'expression: "ne soient pas capables de s'entendre sur un gouvernement"
nous montre clairement ce que pensent les pays amis du Liban.
Effectivement chez nous les responsables politiques ne sont capables que de corruption et de lâcheté,
quelle honte pour nous !
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE GOUVERNEMENT ETAIT FORME ET PRET QUAND LE BLOCAGE IRANIEN PAR SA MILICE INTERPOSEE DETRUISIT L,ENTENTE POUR MONTRER AUX AMERICAINS LES POSSIBILITES DE DOMMAGES IRANIENS DANS LA REGION CONTRE LEURS SANCTIONS. LE LIBAN PAIE LE PRIX AU RISQUE DE PERDRE DEFINITIVEMENT LES DONS ET LES INVESTISSEMENTS DE LA CEDRE QUI REDRESSERAIENT SES FINANCES ET SON ECONOMIE PARTANT DECIDERAIENT DE SON DEVENIR ! C,EST UN ACTE DES PLUS CRIMINELS !

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