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La coalition antijihadiste en Syrie annonce avoir tué un haut responsable de l'EI

Conflit

Abou al-Oumarayn "avait donné des indications constituant une menace imminente pour les forces de la coalition (...) et participé à l'assassinat (...) de Peter Kassig" et de plusieurs autres otages, selon le porte-parole de la coalition. 

OLJ/AFP
03/12/2018

La coalition militaire internationale dirigée par les Etats-Unis a annoncé lundi avoir tué un jihadiste de haut rang impliqué dans l'exécution, il y a quatre ans, d'un travailleur humanitaire américain et d'autres détenus occidentaux en Syrie.
Abou al-Oumarayn, visé dimanche par des raids de la coalition contre des jihadistes dans la badiya (désert), était accusé d'avoir participé à la décapitation, en novembre 2014, de Peter Kassig, ancien soldat américain reconverti dans l'humanitaire et enlevé l'année précédente en Syrie.

"Il a été tué et de plus amples informations seront disponibles après une évaluation complète", a affirmé lundi à l'AFP Sean Ryan, porte-parole de la coalition antijihadiste. Abou al-Oumarayn "avait donné des indications constituant une menace imminente pour les forces de la coalition (...) et participé à l'assassinat (...) de Peter Kassig", a-t-il ajouté. Selon M. Ryan, le jihadiste avait également été impliqué dans l'exécution de plusieurs autres otages.
Au moment de l'exécution, l'EI avait diffusé une vidéo montrant la tête coupée de M. Kassig, mais n'a pas publié de séquence filmée de la décapitation, contrairement à d'autres otages.

Dimanche, l'agence officielle syrienne Sana avait accusé la coalition internationale anti-EI d'avoir tiré sur des positions de l'armée de Damas dans des régions isolées de l'est. Selon Sana, "les forces de la coalition américaine ont tiré vers 20h00 (18h00 GMT) ce (dimanche) soir plusieurs missiles contre quelques positions de nos forces dans la montagne d'al-Ghourab, au sud d'al-Soukhna", causant uniquement "des dégâts matériels".

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les forces de la coalition positionnées dans la région d'al-Tanaf ont tiré "plus de 14 missiles" contre un convoi des forces du régime au moment de son passage dans la badiya (désert), dans l'extrême est de la province de Homs. "Le groupe était perdu au milieu du désert, à 35 km de la base d'al-Tanaf", où se trouvent des troupes américaines et britanniques, a dit à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Les États-Unis utilisent généralement cette base pour procéder à des frappes contre l'EI. Le porte-parole de la coalition a toutefois nié toute attaque contre l'armée syrienne. "Faux (...). Les forces de la coalition ont mené des frappes de précision contre l'EI", a-t-il dit.


(Lire aussi : Pourquoi la bataille contre l'EI dans l'est de la Syrie s'éternise-t-elle ?)


Série macabre 
L'humanitaire américain Peter Kassig avait fondé en 2012 une organisation qui a formé environ 150 civils à l'aide médicale aux populations syriennes. Son ONG avait fourni de la nourriture, des ustensiles de cuisine, des vêtements et des médicaments aux plus nécessiteux. Il avait adopté le prénom d'Abdul Rahman, après sa conversion à l'islam.

Son exécution faisait partie d'une série macabre de décapitations d'otages occidentaux que l'EI avait filmées pour semer la terreur alors qu'il tentait de s'étendre dans la région. Dans les jours ayant précédé la décapitation de M. Kassig, au moins quatre autres otages occidentaux avaient été exécutés par l'EI : Alan Henning et David Haines, tous deux travailleurs humanitaires britanniques, ainsi que les journalistes américains Steven Sotloff et James Foley. Un autre otage était le journaliste britannique John Cantlie, dont le sort reste incertain plus de six ans après son enlèvement. Il est apparu dans plusieurs vidéos de propagande.  Soupçonné d'avoir dirigé la cellule responsable de ces assassinats, Mohammed Emwazi, un jihadiste britannique surnommé "Jihadi John", aurait été tué en novembre 2015 par un bombardement à Raqqa.

Après avoir autoproclamé en 2014 un "califat" à cheval sur la Syrie et l'Irak, et couvrant un territoire plus vaste que la Grande-Bretagne, l'EI a subi une série de revers militaires. Le groupe conserve encore quelques poches et cellules dormantes dans la badiya (désert), notamment dans l'est de la Syrie, où la coalition poursuit le combat avec l'appui au sol d'une alliance kurdo-arabe.

Le régime syrien, soutenu par la Russie, poursuit aussi sa lutte contre les dernières poches de l'EI, qu'il a récemment délogé du sud de la Syrie. Mais, selon des analystes, ces ultimes batailles, notamment dans l'est désertique, risquent d'être ardues à remporter.


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