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Liban

Après l’annonce de la mort de Gavin Ford, ses proches témoignent

Crime

L’annonce du meurtre de l’animateur de radio britannique tout juste âgé de 53 ans a choqué le monde médiatique du pays. Ceux dont il a marqué le quotidien se souviennent de l’homme qu’il était.

29/11/2018

L’annonce, ce mardi, de la mort brutale de l’animateur de radio britannique Gavin Ford à son domicile, deux jours après son 53e anniversaire, a profondément bouleversé nombre d’entre nous, en particulier ses collègues et ses auditeurs réguliers. Les habitués de l’émission très populaire de Radio One « Gavin Ford in the Morning », coanimée avec Olga Habre, ressentent aujourd’hui une profonde tristesse causée par la disparition de celui qui rythmait avec esprit et bonne humeur leur quotidien.

« Toute une génération a grandi avec lui »

Najy Cherabieh, directeur général de Virgin Radio Liban et proche de Gavin Ford, a accepté de confier son témoignage à L’Orient-Le Jour. Il a connu Gavin en 1993, lorsqu’il était directeur de programmation pour Radio One et chargé de l’émission de l’animateur britannique. Il a étroitement collaboré avec lui pendant plus de 15 ans, notamment durant les derniers mois de sa vie. « C’est un ami et un collègue de longue date. Il était très professionnel, très aimable et sans aucun doute l’une des personnes les plus gentilles et les plus agréables que l’on puisse rencontrer », confie-t-il avec émotion. Il rappelle que « toute une génération a grandi avec Gavin » et espère que « les gens se souviendront de qui il était à la radio, de cet homme avec lequel ils ont grandi et que sa réputation ne sera pas entachée par de fausses rumeurs ».

Roy Malakian, producteur de l’émission de Gavin, directeur actuel de la musique et de la programmation pour Radio One, évoque lui aussi la personnalité de l’animateur de radio qu’il a rencontré en 2003 et avec qui il a collaboré de 2008 à sa disparition. « Gavin était quelqu’un de très sympathique et d’agréable. Il aidait tous ceux qu’il pouvait dans le monde de la radio », déclare-t-il. « Cet homme était un véritable artiste, dans la vie quotidienne et derrière le micro. Il était plus qu’un simple animateur. J’ai travaillé avec beaucoup de gens, mais lui savait toujours ce qu’il voulait dans les moindres détails, surtout en ce qui concernait la musique. Cela est très rare. Toute station de radio devrait apprendre de son travail. » Il poursuit en évoquant le perfectionnisme qui caractérisait la personnalité de Gavin : « S’il y avait la moindre erreur, il le faisait remarquer tout de suite et cela pouvait même l’affoler », se souvient-il. « De l’avoir connu pendant 15 ans… c’est très difficile. Quand je me réveillais, c’était la première personne que je voyais. Travailler pour lui, c’était la première et la seule chose que je faisais à la radio. “Que veux-tu ? Comment dois-je arranger ça ?” pendant 15 ans… »


(Lire aussi : Meurtre de Gavin Ford : deux suspects syriens auraient été arrêtés)


Un homme passionné par son métier

Les messages déplorant sa disparition soudaine ont abondé sur les réseaux sociaux. Ainsi, un des habitués de sa matinale, qui était diffusée du lundi au vendredi de 7h à 10h, a écrit sur Twitter : « Au revoir Gavin, plus aucun matin ne sera le même sans toi. Tu illuminais toujours nos journées avec ton humour, tes blagues et aussi tes plaintes… Tu vas beaucoup nous manquer. » Un autre déplore : « Nous avons perdu l’un des piliers de l’industrie médiatique libanaise. »

Certains ont rappelé son lien avec le Liban, malgré sa nationalité britannique et le fait qu’il ne parlait pas arabe, une langue qu’il trouvait trop difficile. Celui qui habitait Beit-Méry, dans le Metn, est ainsi décrit comme « un homme qui aimait le Liban ». Outre les messages de condoléances, des internautes se sont indignés de la diffusion d’une image de son corps sans vie après qu’il eut été vraisemblablement étranglé et frappé au visage.

Dans une interview accordée à L’Orient-Le Jour il y a un an, on apprenait que Gavin était un homme passionné par la radio depuis son enfance. Il confiait ainsi au journal qu’il disposait alors de son propre studio d’enregistrement, qu’il avait installé et où il effectuait des émissions fictives enregistrées sur cassette. En grandissant, il a suivi des études à la National Broadcasting School à Londres, avant de travailler au Liban pour Radio One. C’était un animateur original, passionné et perfectionniste selon ses collègues, toujours attentif à la variété du contenu qu’il proposait, mais conscient des limites à ne pas franchir avec son audience.



Retrouvez ici l'interview de notre collègue Colette Khalaf avec Gavin Ford, publiée en février 2017. 


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