Élias Sarkis, « l’homme qui a donné du fil à retordre aux Syriens »

24/11/2018

« C’était un bon gestionnaire de crise. » C’est probablement le qualificatif le plus adéquat qu’ont attribué au sixième président de la République libanaise, Élias Sarkis, ses contemporains, unanimement convaincus qu’il a fait de son mieux pour sauvegarder ce qu’il restait de la souveraineté libanaise durant la période troublée de son mandat, qui s’est étendu de 1976 à 1982.

Élu en mai 1976 avec le soutien du régime syrien dont il combattra les velléités d’hégémonie sur le Liban, il sera considéré comme « celui qui aura donné le plus de fil à retordre au régime syrien et contré tous ses plans au Liban, de l’aveu même de Abdel Halim Khaddam, ancien vice-président de Hafez el-Assad», comme le relate le neveu du président défunt, Karim Sarkis.

Mais ce n’était pas seulement avec la tutelle syrienne sur le Liban que devait en découdre Élias Sarkis, un administrateur intègre et un réformateur venu droit de l’école chéhabiste, mais également avec les forces de facto qui s’étripaient sur le terrain – les parties et personnalités chrétiennes d’une part regroupées dans le cadre du Front libanais, et les groupuscules armés progressistes alliés aux Palestiniens (le Mouvement national) d’autre part, qui avaient achevé de laminer l’autorité de l’État.

Ayant accédé à la présidence en pleine guerre civile, Élias Sarkis devait régner sur un pays divisé en petites républiques du Nord au Sud. Il avait deux soucis majeurs : le premier était de rétablir la stabilité interne en désarmant les milices. Mais la neutralisation des milices chrétiennes – qui n’ont pas pour autant facilité la tâche au président – ne pouvait se faire, selon la logique défendue par Élias Sarkis, avant celle des combattants palestiniens.

Le président a eu à affronter durant les années de son mandat une situation pour le moins insolite. « Il devait gérer en même temps deux armées : l’armée libanaise et la force arabe dite de dissuasion (consacrée au Caire en octobre 1976) avec une ascendance du contingent syrien qui deviendra par la suite la seule force à bord », explique Nicolas Nassif, journaliste et écrivain.

Son second souci était de préserver autant que possible la souveraineté du Liban dans un contexte régional turbulent et complexe.

Alors qu’il avait réussi tant bien que mal au début de son mandat à composer avec le régime syrien, il a fini par s’attirer à maintes reprises les foudres de l’armée de Hafez el-Assad dont les messages musclés à son égard n’ont pas réussi cependant à le faire plier.

Avec la signature en 1978 d’un accord de paix entre l’Égypte et Israël, le Liban s’est retrouvé une fois de plus propulsé dans une problématique régionale inextricable. Les alliances se renversent. L’armée syrienne, dont la présence au Liban devait à l’origine servir à juguler le front progressiste et l’insurrection palestinienne, a fini par se rallier au camp palestino-progressiste, entraînant le Liban dans une confrontation devenue éminemment régionale.

Vers la fin de son mandat, une complicité tacite s’établira entre le président Sarkis et le Front libanais, lequel servira d’alibi au président pour juguler l’hégémonie syrienne. Élias Sarkis finira par appuyer la candidature de Bachir Gemayel à la présidence en 1982, une personnalité qu’il a estimée capable d’incarner le recouvrement de la souveraineté dans le contexte de l’occupation israélienne de 1982.  

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M.E

Moi je me souviens que j'étais sous les bombes et que Sarkis ne se fendait pas d'un mot. Un zéro parmi tous les zéros qui se sont succédé à ce poste depuis la magouille anglaise pour virer les Français et qu'on a appelé "Indépendance"

M.E

Moi je me souviens que j'étais sous les bombes et que Sarkis ne se fendait pas d'un mot. Un zéro parmi tous les zéros qui se sont succédé à ce poste depuis la magouille anglaise pour virer les Français et qu'on a appelé "Indépendance"

Wlek Sanferlou

Malheureusement pour le Liban Sarkis perdit les élections présidentielles à Frangié. Une fois élu il trouva le pays dans des conditions, internes et externes, détestables.

Il fut une autre occasion que le Liban n'a pas pu en prendre avantage.

Wlek Sanferlou

Malheureusement pour le Liban Sarkis perdit les élections présidentielles à Frangié. Une fois élu il trouva le pays dans des conditions, internes et externes, détestables.

Il fut une autre occasion que le Liban n'a pas pu en prendre avantage.

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