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Culture

L’inoubliable hommage d’el-Bacha et Eidi à Diana Takieddine

Musique

Les Jeunesses musicales du Liban, en collaboration avec l’Université américaine de Beyrouth et le Conservatoire national supérieur de musique, ont organisé à l’AUB un hommage, mené par deux princes du clavier, à la pianiste.

19/11/2018

Projecteurs allumés, piano accordé, foule amassée devant les portes de l’Assembly Hall, et deux des plus grands pianistes libanais, Abdel-Rahman el-Bacha et Billy Eidi, pour rendre hommage, vendredi soir, à la carrière d’une confrère de grande envergure, Diana Takieddine, qui a tiré sa révérence en juillet dernier.

Diplômée en philosophie de l’AUB, Diana Takieddine avait fait ses premières gammes au piano avec sa mère. Elle a perfectionné sa technique auprès de nombreux professeurs au Liban et à l’étranger. Sa carrière l’a emmenée surtout aux États-Unis où elle s’était installée en 1975.

Lors des répétitions, Billy Eidi avait raconté sa première rencontre « humoristique » avec la musicienne, qui date de la fin des années 60, dans l’Assembly Hall où il devait s’entraîner pour un concert : « Lorsque je suis arrivé au théâtre, je l’ai vue au piano et au lieu de me céder la place, elle m’a demandé de lui tourner les pages pendant qu’elle jouait. » Selon lui, Takieddine est une pianiste extrêmement méticuleuse qui « savait mettre son immense culture » à la disposition de tous, sans pour autant la galvauder. « Une fois, je suis venu prendre un cours chez elle et on a passé plusieurs heures rien qu’à travailler deux pages du concerto. C’est une femme qui avait le sens du détail. »

C’est donc avec méticulosité qu’il a choisi son répertoire de vendredi soir qui était consacré à la musique de Chopin (Berceuse en ré bémol majeur, Impromptu en sol bémol majeur, Nocturne en mi bémol majeur, Valse en la bémol majeur) et de Ravel (Les 8 valses nobles et sentimentales). Quant au choix de ces pièces, il indique à L’OLJ : « Beethoven, Chopin et Ravel avaient une place particulière dans le cœur de Diana. En plus, cette berceuse me rappelle mon enfance et ma mère, le troisième Impromptu op.51 est l’une des œuvres colossales de Chopin, le Nocturne op.55 no.2 et la Valse en la majeur sont parmi les plus célèbres. »Eidi – qui porte sur son passeport musical deux visas, celui du concertiste qui fait voyager son auditeur mais aussi celui du professeur qui se déplace un peu partout dans le monde pour transmettre son savoir aux nouvelles générations de musiciens – est surtout connu et reconnu pour son répertoire romantique et celui français du XXe siècle. Ses 25 enregistrements regroupent de ce fait dXes pièces de Poulenc, Satie, Séverac Hahn (avec la nouvelle version du Rossignol éperdu), Milhaud (Première Sonate, Printemps, Automne, Quatre Sketches et Sonatine), Fauré (avec les treize Barcarolles) mais aussi Ravel, Debussy, Honegger, Scriabine (avec les 47 préludes) et bien d’autres.

Le courage d’une pionnière

« Je n’ai jamais rencontré Diana Takieddine, mais je suis là pour lui rendre hommage, à son courage et à son talent, a déclaré, pour sa part, Abdel-Rahman el-Bacha à L’Orient-Le Jour. Être une femme artiste parmi les pionnières de l’interprétation de la musique classique, issue du Liban, requiert un vrai courage. C’est un défi qu’elle a très bien su relever. » Son choix pour ce concert hommage à Takieddine ? La sonate no.14 en do dièse mineur Clair de Lune et la sonate no.23 en fa mineur Appassionata de Beethoven. Rien d’étonnant puisque le lauréat du Concours Reine Élisabeth de Belgique (1978) est un grand expert du compositeur allemand, ayant enregistré à deux reprises les 32 sonates de Beethoven qui lui ont valu le Grand Prix de la Nouvelle Académie du disque français pour le second volume de l’intégrale des sonates en 1990. Parmi sa production impressionnante, les Premières Œuvres de Prokofiev pour lesquelles il a reçu, de la part de Mme Prokofiev en personne, le Grand Prix de l’Académie Charles Cros ; l’intégrale des œuvres de Chopin pour piano ; la totalité des préludes et fugues des deux volumes du Clavier bien tempéré de Bach...

À quatre mains

La complexité et le charme se sont rarement tenu aussi bonne compagnie que durant ce concert-hommage : alliant l’exigence artistique à l’élégance tantôt discrète et tantôt flamboyante, tout en passant par la technique virtuose, Abdel-Rahman el-Bacha et Billy Eidi ont fait chavirer d’émotion des centaines de spectateurs dont le cœur n’a cessé de vibrer au son des compositions de Beethoven, Chopin, Ravel et Grieg. Même la coupure du courant électrique, en plein concert, n’a pu empêcher Eidi de poursuivre harmonieusement son jeu. Finalement, le concert a été clôturé par deux pièces de Grieg (Air et Rigaudon de la suite Holberg) à quatre mains, « pour montrer au public l’amitié qui règne entre Billy et moi », a indiqué el-Bacha : la première revêt surtout un caractère religieux, contrairement à la deuxième qui est pleine de joie permettant ainsi à cet hommage de se terminer sur une note optimiste.

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Georges MELKI

Messieurs dames, mais corrigez le nom de ce musicien, bon sang! Il s'agit d'Alexandre Scriabine!!!

Georges MELKI

"...mais aussi Ravel, Debussy, Honegger, Scarabine (avec les 47 préludes) et bien d’autres." Vous êtes sûr que ce n'est pas de Scaramouche qu'il s'agit?? LOL

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