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Culture

Les Libanais Ghaleb Cabbabé et Alain Sauma parmi 250 artistes à Fotofever

Photographie

À l’occasion de la septième édition de la Foire internationale de photographie contemporaine au Carrousel du Louvre, une centaine de galeries et 250 artistes internationaux sont au rendez-vous, dont deux Libanais exposés par Hala Bavière.

12/11/2018

Depuis plus d’un an, Hala et Emmanuel Bavière ont lancé une initiative très originale, Art Home, pour encourager et faire la promotion de jeunes artistes émergents : « On prête régulièrement notre appartement à des photographes, peintres ou sculpteurs pour qu’ils puissent exposer leurs œuvres en situation, dans un salon meublé. On se charge des invitations, et cela permet aux visiteurs de découvrir de jeunes talents. » Dans le prolongement de ce projet, Hala Bavière a proposé à deux photographes libanais de les exposer dans le cadre de Fotofever : « Je fais fonction de galeriste pour eux, j’apprécie leur démarche artistique qui est assez similaire, capturer des instants de vie dans des lieux insolites. »

Ghaleb Cabbabé travaille pour le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) à Bangkok. Né à Beyrouth en 1978, il est architecte de formation, puis il poursuit avec des études de photographie à l’Académie des arts de la scène de Prague : « Jusque-là, je pratiquais la photographie de manière empirique, j’ai apprécié la rigueur et les exigences de ce programme à Prague, où j’ai fait ma première exposition. La même année, en 2013, j’ai gagné le prix de la Byblos Bank avec ma série de photos intitulée “Ahlen”. ». Le thème qu’il traite dans ce projet concerne la vie des étrangers (dans toute leur diversité) au Liban : « Je suis allé découvrir des lieux où l’on ne va pas. Au Liban on vit dans des bulles : aller vers l’autre, c’est aller vers lui, savoir ce qu’il fait, où il joue, où il prie... ». D’où des endroits insolites photographiés, comme des karaokés philippins, des terrains de cricket prisés par les Pakistanais, des bars où se retrouvent les Britanniques de Beyrouth... Le photographe, qui participe régulièrement à Beirut Art Fair, présente à Fotofever une série plus personnelle et plus intime, qui fait partie d’un projet documentaire sur une personne qu’il a rencontrée dans les rue de Bangkok : « C’est un homme qui vit dans une toute petite chambre en bois, avec son chat, qu’il tient accroché à un ruban. Leur relation est très particulière, mêlant l’affection, la tristesse, l’habitude, la dépendance, l’angoisse du temps qui passe. J’expose huit photos de ce projet au Carrousel du Louvre. »

Des lieux abandonnés ou hors-saison

Hala Bavière apprécie les photos d’Alain Sauma depuis longtemps, mais il a attendu de se sentir prêt pour exposer son travail. Après des études de cinéma à l’Académie libanaise des beaux-arts de Beyrouth puis à Paris, il se consacre à la réalisation de films publicitaires. En 2011, son court métrage Blue Line est primé dans plusieurs festivals internationaux. Mais sa véritable passion demeure la photo : « Pendant la guerre, j’ai rencontré un photographe de presse, Roger Moukarzel, il m’a beaucoup marqué. Ces dernières années, la photographie a pris de plus en plus d’importance pour moi. » Dans le cadre de Fotofever, il présente six photos : « Les bords de mer, les lieux abandonnés ou hors-saison sont mes lieux de déambulation préférés. Comme pour la photo de la grande roue de Tripoli, rouillée, abandonnée et hors du temps. De même, la photo d’une balançoire à Ramlet el-Baïda toute cassée, qui porte encore la trace des générations passées, sur un bord de mer désert. » On peut aussi découvrir le dôme très caractéristique de la Foire internationale Rachid Karamé à Tripoli, de l’intérieur et de l’extérieur, ainsi qu’une vision de la Corniche, différente des clichés : « Elle représente une flèche en béton au milieu des rochers. Cette flèche m’a toujours intrigué, je ne sais pas à quoi elle sert, des gens viennent s’y faire bronzer, fumer le narguilé, alors qu’elle pointe vers l’horizon. »

Fotofever devait accueillir durant 4 jours (du 8 au 11 novembre) plus de 12 000 visiteurs collectionneurs avertis ou néophytes curieux de découvrir une nouvelle génération de photographes.



Pour mémoire

Les clichés de Ghaleb Cabbabé à la Byblos Bank d’Achrafieh

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