France

A Lourdes, des victimes de pédophilie réclament des "actes" après une rencontre "historique" avec les évêques

Abus "spirituel", cas anciens ou prescrits, prévention, aspects judiciaires ou canoniques ont été abordés. 


Les évêques de France réunis à Lourdes le 3 novembre 2018. AFP / ERIC CABANIS

Pour la première fois, des victimes de pédophilie dans l'Eglise ont rencontré samedi les évêques de France réunis à Lourdes et attendent désormais "des actes" forts de l'épiscopat, qui a promis la "tolérance zéro" sans toutefois annoncer de nouvelle mesure concrète.

"C'est un jour historique, avec une considération de la parole inédite", s'est félicité une de ces victimes, Olivier Savignac, après la rencontre avec des prélats qui a pris la forme de petits groupes de travail, à huis clos, et s'est conclue par une conférence de presse commune. "Maintenant on attend des actes, à court, moyen et long terme (...) Nous continuerons à bousculer l'Eglise s'il le faut", a-t-il mis en garde. "Cela va nous aider à aller de l'avant", a souligné Véronique Garnier, une autre victime présente dans la cité pyrénéenne où se déroule le "parlement" de la Conférence des évêques (CEF) jusqu'à jeudi.

Abus "spirituel", cas anciens ou prescrits, prévention, aspects judiciaires ou canoniques (selon la loi de l'Eglise) ont été abordés lors de ces petits comités. Mais très peu d'annonces concrètes en sont ressorties côté épiscopat, hormis l'idée de renforcer la prévention notamment au catéchisme, comme l'a souligné Mgr Luc Crépy, l'évêque chargé des questions de pédophilie au sein de la CEF, lors de la conférence de presse. Selon lui et deux autres prélats, tous les évêques, y compris ceux accusés de non-dénonciation d'agressions pédophiles comme le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, ont participé à ces forums et "des choses fortes" ont été dites.

Pour le président de la CEF Mgr Georges Pontier, "il y a eu la prise de conscience" qu'il fallait "travailler avec les victimes" alors qu'"avant ce n'était pas dans la tête de tout le monde". Peu avant, Mgr Crépy avait estimé que ces rencontres n'étaient "pas un aboutissement" mais "un début", l'idée étant de réussir à mettre en place "la tolérance zéro".

En ouvrant les travaux du "parlement" de la CEF samedi matin, son président Mgr Georges Pontier avait dit sa détermination à réparer "la blessure" des victimes, devant les quelque 120 évêques réunis dans l'hémicycle Sainte-Bernadette du sanctuaire marial.

L'Église catholique est sous pression après la révélation de nouveaux scandales cet été à l'étranger, mais aussi encore cette semaine en Vendée, où l'épiscopat a annoncé qu'il enquêtait sur des faits de pédophilie entre 1950 et 1979, dans deux établissements du département.


(Pour mémoire : Pédophilie : le pape sous pression pour annoncer des mesures concrètes)


Pétition pour le père Vignon 

Jusqu'à jeudi, le parlement de la CEF va également évoquer la possibilité de faire appel à "un groupe d'experts indépendants, historiens et d'autres compétences" pour faire la lumière sur les abus sexuels dans l'Église par le passé, a confirmé Mgr Pontier. Cette idée, pour aboutir, doit cependant faire l'objet d'un vote, lequel n'était pas acquis samedi soir.

"C'est incontournable" a estimé M. Savignac, soulignant que l'Eglise ne pourra pas y échapper si elle veut rester "crédible".

L'idée d'un "fonds d'indemnisation", notamment pour les faits prescrits, est aussi, selon Mgr Crépy, "une question en débat" au sein des évêques. "On a étudié un peu ce qui se fait en Belgique, en Allemagne, en Suisse", des pays qui ont mis en place "non pas un fonds d'indemnisation, mais un geste financier, qui traduit à la fois la reconnaissance que la personne a été victime, mais aussi (...) un geste de solidarité", a-t-il expliqué.

En attendant, un signal ambigu avait été lancé jeudi : le père Pierre Vignon, ce curé du Vercors qui a soutenu les victimes et avait appelé en août à la démission du cardinal Philippe Barbarin, a appris qu'il était écarté de ses fonctions de juge auprès du tribunal ecclésiastique de Lyon.

François Devaux, président de l'association de victimes La parole libérée, qui a refusé de participer à la rencontre à Lourdes en dénonçant une "opération de communication", a lancé samedi une pétition "pour la réhabilitation" du père Vignon dans ses fonctions.

Ce samedi, plusieurs associations appelaient par ailleurs toutes les victimes de pédophilie dans le monde à se rassembler dans plusieurs villes (New York, Milan, Kampala...). L'assemblée, qui dure jusqu'à jeudi, va également aborder les questions de vocations, du synode des jeunes, ou encore de l'Europe. 


Pour mémoire

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Pour la première fois, des victimes de pédophilie dans l'Eglise ont rencontré samedi les évêques de France réunis à Lourdes et attendent désormais "des actes" forts de l'épiscopat, qui a promis la "tolérance zéro" sans toutefois annoncer de nouvelle mesure concrète.

"C'est un jour historique, avec une considération de la parole inédite", s'est félicité une de ces...

commentaires (2)

Ca devient pavlovien ! Prêtres cathos = pédophile Musulman sunnite = terroriste Et qui en profite ? celle qu'on ne nomme jamais usurpatrice .

FRIK-A-FRAK

11 h 40, le 04 novembre 2018

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Commentaires (2)

  • Ca devient pavlovien ! Prêtres cathos = pédophile Musulman sunnite = terroriste Et qui en profite ? celle qu'on ne nomme jamais usurpatrice .

    FRIK-A-FRAK

    11 h 40, le 04 novembre 2018

  • Et si l'Eglise catholique en finissait avec cette histoire ridicule de célibat des prêtres, qui a pour origine la misogynie de Paul de Tarse? Car on voit bien que ces histoires de pédophilie sont relativement rares dans les Eglises protestantes de toutes dénominations, preuve que quand on permet aux hommes d'avoir une vie sexuelle normale, les tendances pédophiles diminuent considérablement, pour ne pas dire disparaissent complètement...

    Georges MELKI

    10 h 02, le 04 novembre 2018