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Jamais sans mes enfants ? Le dilemme des Françaises jihadistes en Syrie

polémique

Paris s'est dit la semaine dernière prêt à rapatrier 150 enfants de jihadistes français, notamment ceux prisonniers des Kurdes, si leurs mères acceptent de s'en séparer.

OLJ/AFP/Emmanuel DUPARCQ
01/11/2018

Abandonner leurs enfants à la France sans savoir si elles les reverront, ou les garder prisonniers dans la misère : la dernière proposition de Paris plonge les femmes de jihadistes français en Syrie dans un dilemme qui choque leurs avocats et familles.

Il y a quelques jours, Nadine (nom d'emprunt) a eu au téléphone sa belle-fille, détenue par les Kurdes dans un camp du Nord-Est syrien. "Est-ce que je dois abandonner mes enfants pour qu'ils puissent rentrer en France ?", lui a demandé en larmes la jeune mère.

Paris s'est dit la semaine dernière prêt à rapatrier 150 enfants de jihadistes français, notamment ceux prisonniers des Kurdes, si leurs mères acceptent de s'en séparer. Un pas en avant notable, qui "met fin à une situation intenable", se félicite Nadim Houry, qui visite régulièrement ces camps pour l'ONG Human Rights Watch (HRW).

Vie en vase clos, manque d'écoles, d'activités, d'hygiène et de soins qui provoquent diarrhées, vomissements, maladies de peau... Les avocats des Françaises détenues dénoncent depuis des mois des conditions de vie "déplorables" pour des enfants si petits. Mais aussi pour la quarantaine de mères recensées sur place, veuves ou séparées de leur mari depuis leur arrestation, avec souvent trois ou quatre enfants à charge.


(Lire aussi : HRW reproche à Washington de transférer des jihadistes présumés, dont un Libanais, en Irak)


500 enfants 
"Ma belle-fille, comme ses enfants, est très souvent malade", confirme Nadine à l'AFP. "Elle ne pèse plus que 45 kgs !" Mais elle ne peut espérer un rapatriement en France : seuls les enfants, qui doivent être protégés d'un possible endoctrinement dans les camps, pourront l'être. Les adultes, combattants ou épouses, considérées comme des militantes du groupe Etat islamiste (EI) doivent être jugés là où ils se trouvent, a répété Paris.

Au printemps dernier, le gouvernement français indiquait que plus de 700 adultes et 500 enfants se trouvaient encore dans la zone irako-syrienne. Si leur situation juridique semble claire en Irak, Etat souverain où des adultes français sont jugés et des enfants ont déjà été rapatriés en France, elle l'est beaucoup moins en Syrie. La plupart des Français y ont été arrêtés et sont détenus dans le nord par les Kurdes, qui répètent qu'ils ne jugeront pas les prisonniers étrangers, et appellent leur pays à les rapatrier.

Pour Nadim Houry, la France "maintient une fiction sur le fait que des adultes Français seront jugés là-bas", pour ne pas effrayer son opinion publique notamment.

Les avocats des Françaises appellent Paris à mettre fin à cette "hypocrisie" et à ne pas "piétiner ses valeurs" en séparant les enfants de leurs mères et en "abandonnant" ces dernières ad vitam aeternam en Syrie. Ces femmes, qui "pour la grande majorité n'ont eu aucun rôle combattant ou actif au sein de l'EI, ont droit à un procès équitable, qui ne peut avoir lieu qu'en France", souligne William Bourdon, avocat de plusieurs détenues françaises en Syrie et Irak.


(Lire aussi : La France envisage de rapatrier des enfants retenus en Syrie)


"Raison de vivre" 
Au téléphone avec l'AFP, Nadine s'emporte et sanglote : "Devoir donner ses enfants, sans savoir si vous les reverrez un jour, et à qui ils seront confiés. Vous imaginez faire cela à quelqu'un, vous ? Ma belle-fille allaite encore le dernier, qui n'a que 8 mois ! C'est d'une cruauté sans nom!"

Pour Nadim Houry et plusieurs familles de détenues françaises, "beaucoup de mères vont refuser de se séparer de leurs enfants".

"Ils sont leur réconfort, leur seule raison de vivre", souligne un habitant du nord de la France dont la sœur est toujours en Syrie. "Ma belle-fille ne donnera pas son petit comme ça, sans savoir ce qu'elle va devenir elle-même", affirme Sarah (nom d'emprunt) dont le fils et la bru, partis en Syrie en 2016 ont été arrêtés il y a un an par les Kurdes. Elle gardera son fils, même s'ils sont tous deux "souvent malades" et "se battent tous les jours avec les souris dans leur tente".

Nadine, elle, n'exclut pas que sa belle-fille accepte de laisser partir ses enfants, "car elle est à bout" à force de se faire "du mauvais sang pour eux".

Abondant dans le sens des avocats et familles, le pédopsychiatre Serge Hefez souligne que "le maintien d'un lien avec un parent, même s'il s'agit de visites en prison, est essentiel pour qu'un enfant" revenu de Syrie ou d'Irak "ne le transforme pas en héros ou en martyr" et ne "développe pas des sentiments de culpabilité ou de vengeance".


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JAMAIS SANS MES FUTURS JIHADISTES... DEVRAIT ETRE LE TITRE !

yves kerlidou

gentil débat mais je n'ai pas de compassion, as t'on demandé l'avis des Français morts durant les attentats Djihadistes sur le sol Français ? Devaient ils mourir avec ou sans leurs enfants ?

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