X

La Dernière

Retour du sac en papier et de son inventrice

Coolitude

La guerre contre le plastique bat son plein dans le monde et, plus près de nous, au Liban, avec, également, une initiative lancée par « L’Orient-Le Jour », et quelques actions parmi lesquelles celle de la ville de Jbeil qui s’apprête à instaurer les sacs en papier. L’occasion de découvrir la créatrice de ces sacs en papier, une Américaine visionnaire.

30/10/2018

C’est bien une femme, américaine, qui a inventé en 1868 une machine à fabriquer des sacs en papier en série qu’elle a fait breveter en 1871. L’histoire de Margaret Knight, digne d’un roman, commence à sa naissance en 1838 dans l’État du Maine, à l’aube de l’ère industrielle et s’achève à sa mort en 1914, à l’âge de 76 ans. Ayant perdu son père à un jeune âge, la petite Margaret, faute de moyens, quitte tôt l’école et travaille dans une filature de coton dans l’État du New Hampshire où sa famille s’est installée. À 14 ans, elle est témoin d’un accident de travail dans l’usine qui l’emploie : un des ouvriers est blessé par une navette en acier qui s’était détachée du métier à tisser automatique. Immédiatement, elle met au point un dispositif qui va sécuriser le mouvement de la machine.

Complètement autodidacte, elle avait la science dans le sang, n’ayant reçu aucune éducation dans ce domaine, selon l’historien américain de l’ingénierie Henry Petroski. Margaret Knight était dotée d’un grand talent de bricoleuse. Dès son jeune âge, elle s’amusait déjà à fabriquer de parfaites planches à glisser et des cerfs-volants. Un talent dont elle percevra plus tard l’intérêt. Forcée de quitter la filature de coton pour des raisons de santé, elle s’essaye à « douze métiers treize misères » avant d’atterrir dans une fabrique de sacs en papier de l’État du Massachusetts. Là, une fois de plus, elle entrevoit une possibilité d’améliorer les choses et, au lieu de plier le sac à la main, comme il lui était demandé de le faire, (une tâche à ses yeux inefficace et sujette à erreurs), la jeune fille cherche un moyen plus rapide et plus direct d’obtenir ce résultat.


(Lire aussi : Alerte au plastique, l’édito de « L’Orient-Le Jour »)


Elle commence à explorer l’idée d’une machine qui pourrait débiter le papier, le découper et le plier automatiquement. Consciente de l’intérêt commercial et populaire d’une telle trouvaille, elle atteint son but en créant un appareil capable à lui seul et, par un simple déclenchement, de produire massivement ces sacs. Un prototype de machine en bois voit le jour en 1867, en métal une année plus tard. Sans tarder, elle fait breveter son invention. Une initiative considérée comme audacieuse provenant d’une femme, au XIXe siècle, époque où très peu de ses semblables accédaient à cette liberté et, lorsqu’elles s’y aventuraient, c’était sous un nom d’emprunt et, préférablement, masculin. D’ailleurs, lorsqu’un fraudeur, Charles Annan, a prétendu que la machine était de son invention, alléguant qu’il était impossible à une femme de réaliser un tel exploit, elle le poursuit en justice et obtient gain de cause devant les tribunaux.

Aujourd’hui, un modèle réduit de sa machine, fonctionnant parfaitement, fait partie de la collection du Musée national de l’histoire américaine. Il s’agit d’un impressionnant assemblage de manettes dorées, de ressorts et autres petits engins, monté sur un support en bois. Et, pour Déborah Warner, curatrice du département de technologie, « un majestueux témoignage du pouvoir des femmes en ingénierie. Beaucoup d’entre elles avaient déposé des brevets d’invention au XIXe siècle, mais Margaret Knight a été particulièrement innovante. Née avec la science en guise de cuillère d’argent et téméraire, » a-t-elle précisé. Également à son actif, plus d’une vingtaine de ses propres marques déposées allant de machines à combustion à des dispositifs de protection. Parallèlement à la reconnaissance publique de son sac en papier en 1871, devenu extrêmement populaire, Margaret a également reçu une récompense de la reine Victoria. En 1913 (un an avant son décès), le New York Times, dans une initiative se voulant progressiste, a publié une longue rubrique intitulée « Les femmes inventrices ». En tête de sa liste, Margaret Knight et ses sacs en papier dont le retour fait aujourd’hui la une de tous les médias dans le monde, comme l’un des recours essentiels et l’alternative incontournable pour sauver notre planète, menacée par le plastique. Un ancien proverbe français lui reconnaît d’autres avantages, résumés en quelques mots : « Il faut trois sacs à un plaideur : un sac de papier, un sac d’argent et un sac de patience. »





Les autres articles de notre campagne :

Éliminer le sac en plastique au Liban... par de bonnes idées

Que pèse la filière du plastique dans l’industrie libanaise ?

Le plastique, une matière dont le danger pour la santé est désormais prouvé)

Ces microplastiques qui barbotent dans le ventre de nos poissons...

Le plastique, un casse-tête aussi bien national que mondial

Laila Zahed, une femme en guerre contre le plastique

Environnement : à quand l’interdiction des sacs en plastique ?

Jbeil vise le zéro plastique


À la une

Retour à la page "La Dernière"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué