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Moyen Orient et Monde

Asiem el-Difraoui : Des princes saoudiens comme Mohammad ben Nayef ne sont pas très contents...

Trois questions à...

Le politologue et spécialiste du monde arabe, cofondateur de la fondation Candid à Berlin, répond aux interrogations de « L’Orient-Le Jour ».

17/10/2018

Au-delà du journaliste avec une notoriété importante en Arabie saoudite et à l’étranger, qui était Jamal Khashoggi ?

J’ai rencontré Jamal Khashoggi à plusieurs reprises, notamment avec le prince Turki al-Fayçal, l’ancien chef des renseignements saoudiens, dont il était le conseiller médias. Mais son rôle était beaucoup plus large, car il conseillait également le prince sur une réflexion sur les réformes dans le pays. Khashoggi était un nationaliste saoudien qui croyait en des réformes, cela paraissait dans ses articles critiques visant le prince héritier Mohammad ben Salmane (MBS). Il n’a jamais exprimé le fait que toutes ses politiques étaient mauvaises en Arabie saoudite, n’a jamais été vulgaire, et n’a jamais critiqué la monarchie ou évoqué la corruption. Il n’est jamais entré en conflit frontal, sauf pour défendre la liberté du peuple et dénoncer en quelque sorte l’autoritarisme du prince héritier. Avoir travaillé pendant longtemps avec l’ancien chef des renseignements saoudiens, qui lui-même doit tout connaître de la famille royale, veut dire qu’il avait un accès privilégié à beaucoup d’informations. Il n’était pas seulement un rédacteur en chef ou un reporter de guerre. C’était une personnalité qui avait sa place au sein de l’establishment, qui venait d’une famille très connue. Il est devenu une célébrité ultraconnectée. Il connaissait beaucoup de monde, dont Ben Laden, ainsi que beaucoup de membres de la famille royale.


(Lire aussi : Alibi de dépannage, l'éditorial de Issa GORAIEB)


Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a rencontré le roi Salmane ainsi que le prince héritier pour tenter d’obtenir des réponses sur la disparition de Jamal Khashoggi. Donald Trump semblait confus hier dans ses déclarations, après avoir menacé Riyad d’un « châtiment sévère », il a évoqué la possibilité que des « éléments incontrôlables » soient à l’origine de sa disparition. Comment Washington va-t-il gérer la situation?

Trump a survécu à des embarras bien plus importants. Il se défausse aujourd’hui avec cette affaire, c’est sa stratégie habituelle, mais est-ce que la société américaine, le Sénat, la Chambre des représentants vont suivre ? Ce n’est pas sûr. S’ils décident d’appliquer des sanctions contre l’Arabie saoudite, Trump n’aura rien à y redire.

Si la culpabilité de Riyad est avérée, quelles conséquences cette affaire d’État pourrait-elle avoir sur l’avenir du prince héritier, MBS, aujourd’hui pointé du doigt ?

Si la Turquie parvient à apporter des preuves suffisantes pour prouver la culpabilité de l’Arabie saoudite et surtout de MBS, le royaume va s’en sortir affaibli. Il y a un risque. Il y a d’autres princes, comme Mohammad ben Nayef, qui ne sont pas très contents de la situation. Il a été écarté, mais lui, comme d’autres, est une personne qui a encore des réseaux.


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Bery tus

encore mais surement nous n'allons pas le savoir maintenant .. mais ca viendra MBS a mon avis ne savait meme ce qui se passait

ACE-AN-NAS

Maintenir l'héritier désigné au pouvoir,malgré la certitude de son implication directe dans cet odieux massacre du journaliste, EST LA PREUVE QUE CETTE COMPLAISANCE OCCIDENTALE AVEC LE ROYAUME BENSAOUD N'EST RIEN DE PLUS QU'UNE COMPLICITÉ ACTIVE.

FAUT PAS NOUS PRENDRE POUR DES CRÉTINS.

OÙ SONT VOS PRINCIPES DE LIBERTÉ D'EXPRESSION BON DIEU ? TRUMP S'EST TRANSFORMÉ EN AVOCAT DE CE CRIME.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POMPEO VIENT DE DECLARER QUE LES SAOUDIENS VONT FAIRE DES INVESTIGATIONS SANS EXCLURE PERSONNE...
C,EST COMME CONFIER AUX CRIMINELS LES INVESTIGATIONS SUR LEURS PROPRES CRIMES !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,AFFAIRE KHASHOGGI DEVRAIT RESULTER EN UN CHANGEMENT AU SOMMET !

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