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À La Une - Enquête

Journaliste saoudien disparu en Turquie : la police évoque un assassinat, Erdogan attend l'enquête

"Je suis le sujet et quel que soit le résultat (de l'enquête), nous le communiquerons au monde", déclare le président turc. 

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, ciritque du pouvoir à Riyad, lors d'une conférence organisée par le Middle East Monitor à Londres, le 29 septembre 2018. Photo Middle East Monitor/Handout via REUTERS

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche attendre toujours les résultats de l'enquête sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, après que plusieurs sources ont affirmé qu'il avait été tué au consulat de son pays à Istanbul, ce que Riyad a démenti.

La police turque estime que Jamal Khashoggi, porté disparu depuis mardi, a été tué au consulat saoudien à Istanbul, ont affirmé samedi soir des responsables turcs parlant sous couvert d'anonymat.

Mais M. Erdogan s'est gardé de donner du crédit aux informations sur l'assassinat de ce journaliste de renom, critique du pouvoir de Riyad et qui travaillait notamment pour le quotidien américain Washington Post. Commentant pour la première fois sa disparition, le président turc a affirmé attendre le résultat de l'enquête en cours avant de se prononcer. "Je suis le sujet et quel que soit le résultat (de l'enquête), nous le communiquerons au monde", a déclaré M. Erdogan à des journalistes. "Nous espérons avoir des résultats très rapidement". "J'attends encore avec bon espoir", a-t-il poursuivi. "Si Dieu le veut, nous ne serons pas confrontés à ce que nous ne souhaitons pas".

Les sources turques ayant rapporté la thèse de l'assassinat privilégiée par la police ont affirmé que l'opération avait été menée par un groupe composé de 15 personnes qui se sont rendues au consulat après être arrivées à Istanbul le même jour. Jamal Khashoggi, qui avait pris un rendez-vous, s'y trouvait en même temps pour effectuer une démarche administrative en vue de son prochain mariage avec une Turque. Il n'a jamais quitté le consulat, ont affirmé samedi soir des sources policières turques.


(Portrait : Le Saoudien Jamal Khashoggi, journaliste et trublion)


"Ils savaient quand il serait" au consulat
Le consulat saoudien a démenti sur son compte twitter les informations "dénuées de fondement" selon lesquelles le journaliste y aurait été tué. Il a affirmé qu'une équipe d'enquêteurs saoudiens se trouvait depuis samedi soir en Turquie pour participer à l'enquête.

"J'attends une confirmation officielle du gouvernement turc pour y croire", a réagi sur Twitter la fiancée turque du journaliste, Hatice Cengiz.

Riyad assure que Jamal Khashoggi a quitté le consulat après y avoir effectué des démarches mardi.
Dans un entretien vendredi à l'agence Bloomberg, le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane a affirmé que Jamal Khashoggi était effectivement "entré" au consulat mais qu'il en était sorti peu après. Il a invité les autorités turques à "fouiller" le consulat. "Nous n'avons rien à cacher".

M. Khashoggi s'est exilé aux Etats-Unis l'année dernière redoutant une arrestation, après avoir critiqué certaines décisions de Mohammad ben Salmane et l'intervention militaire de Riyad au Yémen.

"Il est allé au consulat avec un rendez-vous, donc ils savaient quand il y serait", explique à l'AFP un proche du journaliste, Yasin Aktay, également une figure du Parti de la Justice et du Développement (AKP, au pouvoir). "Il avait appelé le consulat un peu avant d'y aller pour voir si ses documents étaient prêts, ils lui ont dit +oui, c'est prêt, vous pouvez venir+", poursuit-il.


(Lire aussi : Khashoggi a-t-il été rattrapé par les purges saoudiennes en Turquie ?)


"Acte monstrueux"
"Si les informations sur l'assassinat de Jamal sont vraies, c'est un acte monstrueux et incompréhensible", a déclaré dans un communiqué Fred Hiatt, directeur de la rubrique opinion du Washington Post. "Jamal était - ou, comme nous l'espérons, est - un journaliste courageux et engagé. Il écrit par amour pour son pays, et une foi profonde dans la dignité humaine et la liberté", poursuit M. Hiatt.

Le département d'Etat américain a indiqué samedi n'être "pas en mesure de confirmer" le sort de Jamal Khashoggi mais suivre "la situation de près".

"Comme d'autres membres de la communauté internationale, nous avons demandé et nous attendons des éclaircissements des autorités saoudiennes sur le sort de M. Khashoggi", a déclaré un porte-parole de la Commission européenne.

Paris "suit la situation avec la plus grande attention", souligne-t-on au ministère français des Affaires étrangères, sans autre commentaire.

Le secrétaire général de Reporters sans Frontières (RSF), Christophe Deloire, a lui tweeté que si la piste de l'assassinat était confirmée, "il s'agirait d'un crime d'Etat d'un autre temps".

Riyad promeut une campagne de modernisation depuis que Mohammed ben Salmane a été désigné héritier du trône en 2017. Mais la répression contre les dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et aussi de militantes féministes s'est accentuée depuis.

M. Khashoggi, 59 ans, est l'un des rares journalistes saoudiens en vue à élever la voix contre cette répression. En septembre 2017, il avait annoncé avoir été interdit de contribution dans le quotidien Al-Hayat, propriété du prince saoudien Khaled ben Sultan al-Saoud. M. Khashoggi avait alors reconnu avoir défendu les Frères musulmans, classés par Riyad comme "organisation terroriste". La Turquie, elle, est considérée comme l'un de leurs principaux soutiens.


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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche attendre toujours les résultats de l'enquête sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, après que plusieurs sources ont affirmé qu'il avait été tué au consulat de son pays à Istanbul, ce que Riyad a démenti.La police turque estime que Jamal Khashoggi, porté disparu depuis mardi, a été tué au consulat...

commentaires (9)

C’est assez intéressant de voir ceux qui sont prompts à désigner un coupable sur base de rapports de presse , rapidement, , et qui refusent de voir des coupables sur base de preuves scientifiques et d’indices concordants, irréfutables , accumulés sur une période de 13 ans ...

LeRougeEtLeNoir

02 h 38, le 08 octobre 2018

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Commentaires (9)

  • C’est assez intéressant de voir ceux qui sont prompts à désigner un coupable sur base de rapports de presse , rapidement, , et qui refusent de voir des coupables sur base de preuves scientifiques et d’indices concordants, irréfutables , accumulés sur une période de 13 ans ...

    LeRougeEtLeNoir

    02 h 38, le 08 octobre 2018

  • L'article nous dit que selon la police turque 15 diplomates saoudiens ont fait un aller-retour dans la même journée que la disparition de khashoggi... 15 diplomates font 15 valises ...diplomatiques...donc passage sans fouilles à l'aéroport....

    Sarkis Serge Tateossian

    16 h 46, le 07 octobre 2018

  • Moyen Orient, mon amour! "Mina al'gharami ma katal..."

    Wlek Sanferlou

    15 h 37, le 07 octobre 2018

  • A t'il été exécuté façon daesh wahabite ou façon Gaza ?

    FRIK-A-FRAK

    13 h 46, le 07 octobre 2018

  • avertissement, à ceux qui croient que l'arabie saoudite change !!!

    Talaat Dominique

    13 h 22, le 07 octobre 2018

  • Est ce que ses meurtriers ne sont pas pris les pieds dans le tapis ? Parce que la situation est pour eux catastrophique....c’est très compliqué de vouloir étouffer la presse , n’est ce pas ? Dépenser autant d’argent et de moyens pour avoir en retour une sale image et une publicité déplorable c’est pathétique.

    L’azuréen

    13 h 11, le 07 octobre 2018

  • Les assassinats politiques ne font que rabaisser leurs auteurs et font entrer leurs victimes dans l'éternité, ainsi que dans l'Histoire par la grande porte. Qui pourra oublier Rafic, Béchire, Gebran, Samir, Pierre et tant d'autres journalistes et hommes politiques qui ont payé de leurs vies pour des positionnements politiques. Le Président Saddam disait qu'un homme est "une prise de position".

    Shou fi

    10 h 57, le 07 octobre 2018

  • Au vu des relations tumultueuses entre Riyad et Ankara, Khajoggi pensait probablement que les autorités saoudiennes n'oseront jamais s'en prendre à lui physiquement ... Malgré son professionnalisme il avait visiblement mal évalué ce dont les autorités de son pays en sont capable. Après tout il ne réclamait qu'un dû élémentaire de son pays. Une simple attestation administrative. Quelle tristesse

    Sarkis Serge Tateossian

    10 h 39, le 07 octobre 2018

  • BIZARRE DISPARITION OU ENLEVEMENT LE PLUS PROBABLEMENT POSSIBLE !

    LA LIBRE EXPRESSION

    09 h 46, le 07 octobre 2018

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