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Colloque des écoles catholiques : Raï fustige la classe politique

Liban

Le patriarche maronite invite l’Etat à considérer l’école privée comme étant d’intérêt public et à la subventionner afin qu’elle reste à la portée de tous.


04/09/2018

Le patriarche maronite, Béchara Raï a fustigé mardi « la classe politique qui est dans l’incapacité de former un gouvernement ». Lors de l'ouverture du Colloque annuel des écoles catholiques, il a estimé qu'il est « du devoir de l’Etat d’aider les parents d’élèves qui ont choisi l’école privée ».

Mgr Raï a accusé les politiciens d'avoir «conduit le pays à la paralysie quasi-totale, empêché l’essor économique et les réformes », dénonçant «la corruption et le règne de la loi de la jungle ». Une situation qui découle de « la non-application des accords de Taëf et de la consécration par la classe politique d’un nouveau régime partisan et communautaire ». « Ce régime lui permet de rester au pouvoir et de se partager les parts, les postes à pourvoir et les richesses de l’Etat, tout en écartant la majorité non partisane de la population », a-t-il martelé, résumant la crise ambiante.

En cette veille de rentrée scolaire, Mgr Raï a insisté sur l’importance du rôle de l’école catholique au Liban, « de son éducation à l’humanisme et à la solidarité, deux fondements de la citoyenneté ».

Mais il a surtout mis en exergue « les énormes défis » de la nouvelle année éducative : à savoir la pauvreté et le chômage qui touchent de nombreuses familles libanaises, liés à la crise économique et l’augmentation du coût de la vie, au mauvais usage du pouvoir, à l’utilisation de ce pouvoir à des fins personnelles... Egalement montrée du doigt, la loi 46/2017 liée à la grille des salaires qui a imposé aux établissements éducatifs des hausses drastiques de salaires des enseignants et donc une augmentation conséquente des frais de scolarités, poussant ainsi à la fermeture un certain nombre d’écoles.

« Il est du devoir de l’Etat d’aider les parents d’élèves qui ont choisi l’école privée, en appliquant la solution équitable prônée par les établissements privés, lors de la réunion de Bkerké, a réclamé le patriarche, précisant que si les écoles s’engagent à appliquer les augmentations de salaires (annexe 17), l’Etat doit alors assumer les 6 échelons exceptionnels ».

S’il a insisté sur la nécessité « de protéger l’école catholique de l’emprise idéologique et partisane qui menace la démocratie et la citoyenneté », il a reconnu que « les écoles catholiques doivent aujourd’hui mener une politique d’austérité » et limiter le gaspillage, notamment « au niveau des fournitures, des uniformes, des livres scolaires ». Mgr Raï a enfin invité toute la famille éducative à la coopération et au dialogue, tant les directions, que les enseignants, les parents d’élèves, la société civile, mais aussi l’Etat, qui doit « considérer l’école privée comme étant d’intérêt public », et qui a donc « le devoir de la subventionner, pour qu’elle reste à la portée de tous ».


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