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Moyen Orient et Monde

L’administration Trump accentue la pression sur l’OLP

Diplomatie

Les bureaux de l’Autorité palestinienne à Washington vont être fermés à l’initiative du département d’État.


11/09/2018

L’administration américaine a une nouvelle fois démontré hier son intention de mettre au pied du mur – par tous les moyens possibles – les Palestiniens pour les punir de leur refus de coopérer.

Le numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, a fait savoir hier matin dans un communiqué qu’un responsable américain leur avait fait part de la décision de fermer la mission palestinienne aux États-Unis. Information confirmée en début de soirée par le département d’État. « Les dirigeants de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ont condamné le plan de paix américain sans même l’avoir encore vu et ont refusé de parler avec le gouvernement américain au sujet de ses efforts de paix », a dénoncé la porte-parole Heather Nauert dans un communiqué. En conséquence, « l’administration a décidé que le bureau de l’OLP à

Washington allait fermer pour l’instant », a-t-elle ajouté. Le bureau n’était pas joignable hier par téléphone. Le représentant de l’OLP à Washington, Houssam Zomlot, avait déclaré, lors d’une interview à des journalistes à Ramallah dans la matinée, que les Américains avaient justifié juridiquement la fermeture de la représentation à Washington par les démarches palestiniennes visant à traîner les dirigeants israéliens devant la justice internationale pour « crimes de guerre ». Depuis leur adhésion fin 2014 à la Cour pénale internationale (CPI), les Palestiniens ont soumis plusieurs dossiers sur les crimes commis selon eux par les dirigeants israéliens, en particulier lors de la guerre de Gaza en 2014 ou ceux liés à la colonisation. En mai dernier, l’Autorité palestinienne avait demandé l’ouverture d’une enquête sur des crimes de guerre et d’apartheid présumés envers les Palestiniens. Le ministère israélien des Affaires étrangères avait alors répondu cyniquement que « la CPI n’a pas autorité sur la question israélo-palestinienne puisqu’Israël n’est pas membre de la cour et que l’Autorité palestinienne n’est pas un État ».


(Lire aussi : L'administration Trump supprime l'aide à des hôpitaux palestiniens)



Processus de paix au point mort

Le département d’État a clairement lié la décision américaine de fermer le bureau palestinien au processus de paix, mis à mal par le gel des relations entre les deux pays à l’initiative du président palestinien Mahmoud Abbas. Les relations sont gelées entre Washington et l’Autorité palestinienne depuis l’annonce par Donald Trump, fin 2017, de sa reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël. Les Palestiniens refusent depuis tout contact avec l’administration américaine et lui dénient tout rôle de médiateur dans le processus de paix avec l’État hébreu. En réponse, Donald Trump avait annoncé en janvier qu’il conditionnait le versement de l’aide aux Palestiniens à leur retour à la table des négociations.

La dernière mesure punitive vient s’ajouter à toute une série qui vient à pousser un peu plus encore l’Autorité palestinienne dans ses retranchements pour la contraindre à négocier. Houssam Zomlot a dénoncé une « dangereuse escalade ». « Il s’agit là d’une nouvelle affirmation de la politique de l’administration Trump visant à punir collectivement le peuple palestinien, notamment en réduisant le soutien financier aux services humanitaires, y compris la santé et l’éducation », a pour sa part écrit Saëb Erakat.

Washington a d’abord annoncé qu’il annulait plus de 200 millions de dollars d’aide bilatérale puis qu’il arrêtait le financement de l’agence onusienne prodiguant ses services à des millions de réfugiés palestiniens (Unrwa). Dimanche, le président américain a ordonné la suppression de 25 millions de dollars d’aide aux hôpitaux palestiniens de Jérusalem-Est. « Les droits des Palestiniens ne sont ni à vendre ni à négocier. Nous ne serons pas soumis au chantage et aux menaces de l’administration américaine », a fait savoir Houssam Zomlot.

La Maison-Blanche, sous la houlette d’une petite équipe ouvertement pro-israélienne, dirigée par le gendre du président, Jared Kushner, et l’émissaire spécial Jason Greenblatt, travaille depuis des mois à un plan de paix pour le Proche-Orient aux contours flous et dont l’annonce est régulièrement présentée comme imminente. La pression qui s’accroît contre les Palestiniens s’apparente à une sorte de chantage financier. Les États-Unis versaient aux Palestiniens « d’énormes sommes d’argent », a dit la semaine passée Donald Trump. « Je dis : “Vous aurez l’argent, mais nous ne vous paierons pas avant que nous ayons conclu un accord. Si nous ne concluons pas d’accord, nous ne payons pas” », a-t-il ajouté.



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