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Liban

Le manque de fonds pourrait obliger l’Unrwa à réduire son soutien aux Palestiniens

Humanitaire

Avec l’arrêt de l’aide américaine, l’agence onusienne pour les réfugiés recherche d’autres donateurs pour combler le manque à gagner.

06/09/2018

Depuis le début de 2018, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (Unrwa) est à la recherche de nouveaux donateurs pour remplacer l’aide américaine qui se chiffrait en 2017 à 360 millions de dollars. Depuis des décennies,

Washington était le plus important donateur de cette agence onusienne. Les choses ont changé avec l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump, suite surtout à la position adoptée par l’Autorité palestinienne après l’annonce relative à Jérusalem faite par les États-Unis.

Au début de 2018, les États-Unis avaient annoncé que 60 millions de dollars seront versés pour la totalité de l’année, et, la semaine dernière, ils ont déclaré qu’ils cessaient complètement de financer l’Unrwa. Ce qui pose un grave problème pour l’agence onusienne, pour les réfugiés eux-mêmes et pour les pays qui les reçoivent, à savoir le Liban, la Jordanie et la Syrie.


« Au Liban, 204 631 réfugiés palestiniens au total ont eu accès aux services de l’Office en 2017, y compris des services de santé, d’éducation et de secours, ou ont bénéficié de son programme de réhabilitation des infrastructures. Jusqu’à la fin du mois d’août 2018, nous avons enregistré plus de 29 000 réfugiés palestiniens habitant le Liban », a précisé à L’Orient-Le Jour un responsable de l’Unrwa qui a requis l’anonymat.

« Au Liban, l’Unrwa emploie actuellement 3 000 personnes, alors que 160 000 patients ont visité durant l’année les 27 centres de santé relevant de l’agence. L’Unrwa fournit des services d’enseignement de la maternelle au secondaire à environ 37 000 enfants réfugiés palestiniens inscrits dans 66 écoles. Parmi eux, environ 5 500 écoliers sont des enfants palestiniens réfugiés en Syrie. En outre, l’Institut de formation et d’enseignement professionnel de l’Unrwa accueille près de 1 000 étudiants par an. Malgré cette crise financière grave et sans précédent, l’Unrwa n’a pas réduit ses services aux réfugiés au Liban et intensifie actuellement ses efforts pour mobiliser des fonds auprès de diverses sources », poursuit le responsable, tirant cependant la sonnette d’alarme concernant les aides à venir, car tout au Liban et ailleurs est lié au financement de l’agence qui vient de perdre l’un de ses plus importants donateurs.

Le budget de l’Unrwa est reçu de manière centralisée puis affecté aux domaines d’intervention en fonction des besoins des programmes (santé, éducation, secours, services sociaux...). Le budget global de l’agence pour 2018, toutes sources de financement confondues, s’élève à près de 1,4 milliard de dollars.

« Vingt-cinq donateurs ont accepté de transférer leurs contributions attendues plus tôt dans l’année pour nous aider à surmonter la première phase de la perte de financement des États-Unis. Avant la Conférence ministérielle extraordinaire tenue à Rome le 15 mars 2018, qui avait pour but de lever des fonds après la réduction de l’aide américaine, le déficit cumulé de l’agence était de 446 millions de dollars. Nos efforts globaux de collecte de fonds et notre campagne Dignity Is Priceless (la dignité n’a pas de prix) nous ont permis d’obtenir un soutien supplémentaire considérable. De mars à juin 2018, l’Unrwa a réuni 238 millions de dollars en nouveaux fonds pour les réfugiés palestiniens et, avec la conclusion de la conférence des contributions à New York le 25 juin dernier, le déficit de 446 millions de dollars a été ramené à 217 millions. Cependant, nous sommes toujours en crise. Nous poursuivons nos efforts au cours des prochains mois pour combler le déficit financier en 2018 et assurer le financement nécessaire à nos opérations pour 2019 », note-on de même source.

Les principaux donateurs de l’Unrwa en 2018 sont : l’Union européenne, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et la Suède.

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