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Liban

Pour le palais Bustros, Washington veut pousser au départ tous les Arabes vivant en Palestine

Réfugiés

Au Liban et dans tous les pays de l’exode, malgré sa crise financière, l’Unrwa ouvrira ses écoles aujourd’hui.

03/09/2018

Si les fonds nécessaires ne sont pas trouvés pour remplacer l’aide américaine qui se chiffrait en 2017 à 360 millions de dollars, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (Unrwa) serait obligé de réduire ses aides sur tous les plans, notamment ceux relatifs à l’éducation et à la santé. Des employés de l’agence onusienne, qui sont en grande majorité d’origine palestinienne, pourraient également perdre leur emploi.

Le gel par Washington – qui était durant des décennies le plus grand donateur – de sa contribution à l’Unrwa a entraîné la plus grave crise financière de l’histoire de cette organisation née en 1949. Au début de 2018, les États-Unis avaient annoncé que 60 millions de dollars seront versés pour la totalité de l’année. Vendredi dernier, ils ont annoncé qu’ils cessaient de financer l’organisme onusien, dénonçant ses activités « irrémédiablement biaisées », selon la porte-parole du département d’État, Heather Nauert. Washington ne « veut plus supporter la part très disproportionnée de ce fardeau », a précisé Mme Nauert dans un communiqué, ajoutant qu’il n’y aurait pas d’autres contributions au-delà du versement, en janvier 2018, des 60 millions de dollars à l’Unrwa.

Dans un communiqué publié suite à cette déclaration, le commissaire général de l’agence onusienne, Pierre Krähenbühl, a souligné : « J’exprime mon profond regret et ma déception quant à la nature de la décision des États-Unis – qui affecte l’un des partenariats les plus solides et les plus gratifiants dans les domaines humanitaire et du développement – et rejette sans réserve le récit qui l’accompagne (…). Il semble toutefois clairement lié aux tensions entre les États-Unis et les dirigeants palestiniens après l’annonce relative à Jérusalem faite par les États-Unis et non à la performance de l’Unrwa. Il s’agit donc d’une politisation évidente de l’aide humanitaire. Cette annonce remet en question la notion de dépolitisation du financement humanitaire. Cela risque de saper les fondements des systèmes internationaux multilatéraux et humanitaires », a-t-il poursuivi.


(Repère : Les décisions clés de Trump sur le conflit israélo-palestinien)


Assemblée générale de l’ONU

À Beyrouth hier, le ministère des Affaires étrangères a condamné la décision des États-Unis estimant que cette décision et celles qui l’ont précédée démontrent « la volonté de Washington de mettre fin au droit sacré au retour des Palestiniens ».

« Les contributions à l’Unrwa sont un devoir pour les pays qui ont accepté l’établissement d’Israël sur la terre palestinienne et qui ont justifié l’occupation de ses territoires et le déplacement de son peuple », a affirmé le ministère dans un communiqué. La diplomatie libanaise a mis en garde contre les « intentions préméditées qui se cachent derrière cette décision, qui font partie d’une série de décisions visant à mettre fin au droit sacré au retour des Palestiniens présents au Liban et dans les autres pays hôtes » de la région. Citant notamment le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, le ministère des AE a estimé que « ces décisions visent à faire échouer la solution à deux États et à pousser au départ de tous les Arabes vivant en Palestine occupée ».

Le palais Bustros appelle, dans ce contexte, à une réunion urgente de la Ligue arabe et des pays donateurs de l’Unrwa afin de « trouver des solutions permettant de faire face aux conséquences négatives de cette décision », suggérant l’organisation de cette réunion « en marge de l’Assemblée générale de l’ONU », qui doit avoir lieu dans le courant du mois de septembre.

C’est ce dossier que l’Unrwa compte mettre sur le tapis lors de la prochaine réunion de l’Assemblée générale, car malgré les appels et les dons supplémentaires versés par d’autres donateurs, le manque à gagner reste très important.

« En tant qu’équipe, nous avons travaillé très dur pour mobiliser de nouvelles ressources auprès de divers partenaires, nouveaux et anciens, générant un financement supplémentaire de 238 millions de dollars sur une période de six mois », avait noté également M. Krähenbühl dans un communiqué daté du début du mois d’août, poursuivant que « l’Unrwa a encore besoin de 123 millions de dollars pour combler le déficit du budget. Nous ne sommes pas sortis de la crise. Nous avons assez d’argent pour gérer l’Agence jusqu’à la fin du mois de septembre ».

Aujourd’hui, lundi, dans tous les camps du Liban, les écoles de l’Unrwa ouvriront leurs portes. Dans le pays du Cèdre, ainsi qu’en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, Gaza, la Jordanie et la Syrie, 526 000 élèves palestiniens et leurs enseignants rentreront dans leur classe comme prévu.

« Les écoles ouvriront à temps en tenant compte du fait que les pays d’accueil ont à plusieurs reprises attiré l’attention sur les risques graves pour la stabilité de la région, si tel n’était pas le cas. Nous ouvrons donc les écoles mais nous n’avons aucune garantie à l’heure actuelle que nous pourrons les garder ouvertes jusqu’à la fin de l’année ou au début de 2019 », indique dans le même texte M. Krähenbühl, soulignant en conclusion que « l’année 2019 sera également très critique ».



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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

VIEUX REVE DE L,EPERVIER SIONISTE KISSINGER... FAIRE DE LA JORDANIE UNE PALESTINE !

Ziad Habib

CQFD. Mais encore fallait-il le dire.

IMB a SPO

Mais c'est quoi ces betises? Les Arabes vivant en Israel, tant musulmans que Chretiens ou Bahai ou Druzes, ne vont surement pas quitter, et pourquoi? Vous croyez qu'ils auraient une vie meulleure dans ce Moyen Orient enflames?

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