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Liban

Raï : Les abstentionnistes avaient raison...

Bkerké
OLJ
10/09/2018

Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a dressé un véritable réquisitoire contre les hommes politiques et tiré la sonnette d’alarme au plan économique et financier, durant l’homélie qu’il a prononcée hier au cours de la messe célébrée en l’église Notre-Dame d’Élige, à « la mémoire des martyrs des Églises orientales victimes de persécutions depuis le début du siècle passé jusqu’aujourd’hui, et des victimes de la Résistance libanaise ».

« Le monde, et surtout le Liban, ont aujourd’hui besoin d’une culture fondée sur l’amour et la miséricorde. Celle-ci est en train de régresser partout, notamment chez les hommes politiques, comme en témoignent leur comportement, leurs discours, le manque de confiance entre eux, leur tendance à exagérer des faits mineurs et à leur conférer un caractère communautaire et confessionnel polémique », a déploré le patriarche, en faisant remarquer que les Libanais « sont aujourd’hui agressés dans leur dignité et leurs droits ».

Estimant que ces derniers ont besoin de « bons Samaritains capables de les soustraire, ainsi que l’État, aux graves dangers qui les guettent », Mgr Raï a plaidé pour la formation rapide d’un gouvernement et dressé un tableau exhaustif de tous les problèmes économiques, financiers, administratifs et sociaux auxquels le pays est confronté. Il a notamment mis l’accent sur le poids et les multiples conséquences de l’accroissement de la dette publique. « La dette se situe à près de 90 milliards de dollars. Elle paralyse la croissance économique et la production, bloque les opportunités de travail et appauvrit les Libanais. À cause de cela, les jeunes émigrent et l’État ne parvient pas à investir dans des projets de développement alors que le gaspillage et les dépenses inutiles continuent d’augmenter », a-t-il expliqué.

« Il est nécessaire de réduire les dépenses et de contrôler le gaspillage avec l’aide du secteur privé, d’accroître les recettes et de tenir l’administration à l’abri des interventions politiques, que ce soit au niveau du recrutement ou du fonctionnement », a poursuivi le patriarche. « Malheureusement, les hommes politiques sont pris par le débat autour des poids (politiques de chaque courant), des quotes-parts (au sein du gouvernement) et de la crise des prérogatives qui n’a aucun lieu d’être. Cela dure depuis les législatives dans lesquelles nous avions vu une lueur d’espoir, sachant que 51 % des électeurs n’y avaient pas participé, par manque de confiance. Aujourd’hui, il apparaît que leur méfiance était bien placée », a-t-il commenté.

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