X

À La Une

Idleb sous les bombardements russes, l'ONU craint un "bain de sang"

syrie

Moscou a donné le ton, par la voix du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov : l'armée syrienne "s'apprête à régler" le problème du "terrorisme" dans la province, dernière région contrôlée par la rébellion.

OLJ/AFP
04/09/2018

L'ONU a exhorté mardi la Russie et la Turquie à éviter un "bain de sang" dans la province syrienne d'Idleb, dernière région contrôlée par la rébellion, alors que les avions russes ont repris leurs bombardements après une pause de 22 jours.

Moscou, fervent soutien de Damas, a donné le ton, par la voix du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov : l'armée syrienne "s'apprête à régler" le problème du "terrorisme" dans la province d'Idleb. "Un nouveau noeud du terrorisme s'y est formé (...) et cela mène à une déstabilisation générale de la situation", a-t-il dit à la presse, à deux jours d'un sommet russo-turco-iranien sur la Syrie en Iran.

Cette déclaration intervient alors que le président américain Donald Trump a mis en garde lundi la Syrie, la Russie et l'Iran contre une offensive à Idleb, déclarant qu'une telle opération pourrait provoquer une "tragédie humaine".

Les Nations unies craignent aussi le pire, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, ayant appelé mardi le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, à se parler en urgence "au téléphone", avant le sommet iranien, pour éviter un "bain de sang" à Idleb. "Nous avons entendu dire par la presse que le gouvernement fixait un délai autour du 10 septembre, d'où le sentiment d'urgence" pour Idleb, a-t-il expliqué devant les médias à Genève.


(Lire aussi : « Si Idleb tombe, nous finirons tous au cimetière »)


La province d'Idleb, dans le nord de la Syrie et à la frontière avec la Turquie (qui soutient des rebelles syriens), est le dernier bastion tenu par des rebelles et des islamistes radicaux. Quelque 2,9 millions de personnes vivent dans cette région, dont 1,4 million ont fui d'autres provinces rebelles reprises par le régime de Damas, selon M. de Mistura, qui estime qu'il y a sur place environ 10.000 combattants jihadistes de l'ex Front al-Nosra, branche d'el-Qaëda en Syrie.

"Nous sommes prêts pour la guerre, mais nous prions pour qu'il n'y ait pas de guerre", a affirmé à Genève le chef du groupe de travail humanitaire de l'ONU sur la Syrie, Jan Egeland.




Ballet diplomatique
Sur le terrain, au moins treize civils, dont six enfants, ont péri mardi dans des raids russes contre la province d'Idleb. "Les avions russes ont de nouveau bombardé la province d'Idleb après une pause de 22 jours", a indiqué à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Les avions russes ont pris principalement pour cible des secteurs du sud et du sud-ouest de la province, selon l'OSDH, qui cite notamment Ariha, contrôlée par les rebelles, et Jisr al-Choughour, dominée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'el-Qaëda).

Les raids interviennent "au lendemain des frappes rebelles contre des positions des forces du régime dans la province voisine de Lattaquié qui ont fait trois morts", selon M. Abdel Rahmane.


(Lire aussi : Qui est Hayat Tahrir al-Cham, dans le viseur du régime à Idleb ?)


Le régime de Bachar el-Assad masse depuis plus d'un mois d'importants renforts aux abords de la province d'Idleb et des poches adjacentes sous contrôle rebelle ou jihadiste, en vue d'une opération militaire d'envergure.
Alors que le ballet diplomatique s'intensifie pour éviter une offensive du régime, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré à l'AFP qu'il fallait laisser la porte "ouverte à la négociation".

Le conflit en Syrie, déclenché en 2011, a fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés. Malgré plusieurs cycles de pourparlers, l'ONU n'est pas parvenue à trouver une résolution au conflit.

A Genève, l'envoyé spécial de l'ONU a estimé que "le processus politique ne devrait pas être pris en otage par quoi que ce soit", en référence à Idleb. Il a assuré qu'il n'entendait pas reporter ses consultations de la semaine prochaine à Genève, avec les pays influents dans ce conflit, sur la formation d'un comité constitutionnel chargé de doter la Syrie d'une nouvelle constitution. Ces réunions, qui seront suivies le 20 septembre par une réunion du Conseil de sécurité, constituent "un moment de vérité", a souligné l'émissaire.



Lire aussi

La bataille d’Idleb se rapproche de plus en plus

Damas déterminé à « libérer tout le territoire syrien, quels que soient les sacrifices »

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IDLEB SERA LA CAUSE D,UNE NOUVELLE GUERRE, LA PARTITION DE LA SYRIE ET LE DEBUT D,UN CONFLIT REGIONALO-INTERNATIONAL !

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants