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Économie

L’État libanais doit presque 2 milliards de dollars à la CNSS

Finances publiques

La dette à la CNSS a été évoquée lors d’une réunion de la commission parlementaire des Finances consacrée à la loi sur la carte santé.

04/09/2018

Le président de la commission des Finances et du Budget, le député Ibrahim Kanaan, a indiqué hier depuis le Parlement que la dette de l’État vis-à-vis de la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) s’élevait à 2 800 milliards de livres libanaises, soit près de 1,9 milliard de dollars. Le député s’exprimait en marge d’une réunion de la commission parlementaire des Finances consacrée à l’examen d’une proposition de loi discutée depuis plusieurs années et portant sur la généralisation de la couverture médicale à travers la création d’une carte santé.

Le montant a été confirmé à L’Orient-Le Jour par le directeur de la CNSS Mohammad Karaké. « La somme exacte est de 2 785 milliards de livres. Il s’agit du total que l’État doit à la Caisse jusqu’au 31 décembre 2017, en comptant les intérêts qui s’élèvent à 5 %, conformément à ce que prévoit la loi dans ce cadre », a-t-il déclaré. « La CNSS réclame régulièrement le recouvrement de cette créance, sans que le gouvernement ne réagisse. La dernière notification a été envoyée en juin, et elle est restée lettre morte depuis », a-t-il ajouté.


(Lire aussi : La CNSS rappelle le délai d’exonération des pénalités de retard)


Des retards systématiques

Cela fait plusieurs années que la CNSS court après ces arriérés, qui s’élevaient à 1 608 milliards de livres (près de 1,1 milliard de dollars) à fin 2015 et à près de 2 000 milliards de livres (1,3 milliard de dollars) à fin 2016. Ces deux montants ne comptabilisaient pas les intérêts, selon M. Karaké. L’État prend systématiquement du retard à régler ses dettes à la CNSS, obligeant cette dernière à emprunter les sommes nécessaires pour financer ses prestations. En avril 2017, les employés de la CNSS avaient manifesté contre le retrait de deux dispositions contenues dans le budget de l’État de l’année correspondante, dont l’une supprimait les intérêts des sommes dues. Les articles en question ont été finalement supprimés du texte final, voté en octobre de la même année. Il s’agissait alors de la première loi de finance votée en douze ans, mettant fin à un cycle de paralysie institutionnelle provoquée par les rivalités entre les différentes factions politiques qui se partagent le pouvoir.M. Kanaan a pour sa part estimé que l’existence de cette dette faisait partie des obstacles à franchir pour la création de la carte santé dont le volet financier devait être minutieusement préparé. « Le projet a été examiné par les commissions parlementaires de la Santé, de l’Administration et de la Justice. Le volet financier est le plus important (…) et le financement du dispositif dit être élaboré de manière à lui permettre d’assurer une couverture médicale à tous les Libanais sans vider les caisses de l’État », a-t-il déclaré. Il a enfin précisé que 1,8 million de Libanais ne bénéficiaient d’aucun système public d’assurance-maladie. « Il s’agit des citoyens qui ne sont pas inscrits à la CNSS et ne dépendent d’aucune mutuelle ou autres organismes similaires », a expliqué M. Karaké, qui juge que seuls une minorité d’entre eux sont assurés dans le privé.

Le président de la commission a enfin annoncé la tenue la semaine prochaine d’une réunion consacrée à la situation économique et financière du pays.


(Lire aussi : La Rencontre démocratique va proposer une loi pour l’accès à la CNSS)


La situation économique et financière

Le président de la commission des Finances et du Budget, le député Ibrahim Kanaan, a annoncé hier la tenue la semaine prochaine d’une réunion spécialement consacrée à l’examen de la situation économique et financière du pays.

La réunion a été programmée à l’initiative de la commission des Finances et doit réunir le ministre sortant des Finances, Ali Hassan Khalil, celui de l’Économie et du Commerce, Raëd Khoury. Des représentants de la Banque du Liban (BDL) et de l’Association des banques (ABL) sont attendus à cette réunion, dont la date n’a pas encore été fixée.

Selon M. Kanaan, il s’agit d’une « réunion prévue par l’article 5 du budget (pour 2018) relatif à l’autorisation que peut donner le Parlement de s’endetter pour couvrir le déficit public ». L’exécutif doit alors fournir un rapport détaillé à la commission ainsi qu’à la Chambre sur l’état des finances et du coût de l’emprunt qu’il sollicite.

Cette annonce survient alors que la formation du nouveau gouvernement est encore bloquée près de 4 mois après les législatives de mai, ce qui alimente les inquiétudes concernant la situation économique et financière du pays, qui a accumulé plusieurs années de croissance molle et qui ne parvient à réduire ni ses déficits ni son endettement.

Dans la nuit de vendredi à samedi, l’agence de notation financière américaine Standard & Poor’s a annoncé sa décision de maintenir la notation souveraine du Liban à B-, avec perspective « stable », estimant que l’afflux des dépôts bancaires était « suffisant pour répondre aux besoins d’emprunts du gouvernement et au déficit extérieur du pays pour les 12 prochains mois ». L’agence a toutefois prévenu qu’elle pourrait abaisser la note du Liban si elle estimait que « la situation politique et économique venait à s’aggraver », mais n’a pas non plus exclu de la relever si le gouvernement lançait les réformes attendues pour restructurer l’économie et assainir les finances publiques. Dimanche, le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, a répété lors d’un entretien à la chaîne MTV que le Liban devrait enregistrer 2 % de croissance en 2018, une estimation plus optimiste que celle du Fonds monétaire international qui table sur un maximum de 1,5 %. Le gouverneur a déclaré à plusieurs reprises ces derniers mois que le pays n’était pas en situation de faillite.




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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AINSI LES CHOSES ONT COMMENCE EN GRECE...

Irene Said

L'Etat....quel Etat ?

Nous voyons seulement une assemblée d'incapables et de voleurs, voilà ce qu'ils sont, du premier au dernier !

Eux, ils recoivent leurs salaires, ont certainement une assurance-maladie etc.

2 milliards de dollars, rien que cela...on croit rêver...comment en sont-ils arrivés à cette situation ?

Et ils osent encore se présenter devant le peuple en tant que président, ministres, députés et directeurs de ceci et cela ?
Irène Saïd

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